‹ La France coloniale illustrâeeChapitre 45 sur 79 · SOCIETE DE GEOGRAPHIE · texte numérisé non relu

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Séance do réception de M. E. GENTIL Le 18 novembre 1893.

Itinéraire de la Mission E.GentU

ENTRE L'OUBANGUl ET LE TCHAD

cadeaux des chèvres et bœufs de belle taille ; mais , sans doute par méfiance, il priait M. Gentil de regagner Bousso avec ses gens et de venir seul à Massénya.

L'explorateur répondit qu'il allait s'y rendre par le Bahr el Guir, affluent du Chari, et il se mit en route accompagné de l'envoyé Mahamed^Fezzani. Sur le parcours, il trouva des villages peuplés, palissades ou fortifiés, avec des maisons en pisé et couvertes de toits ronds en paille.

C'est avec une escorte de cavaliers envoyée par le sultan que M. Gentil et plusieurs Sénégalais, également à cheval, arrivèrent devant les murs de Massénya, détruit en 1870 par les Wadaïens. Ce qui reste de la ville montre quelle devait être son importance. L'infanterie sultanienne était devant; elle reçut la mission aux cris de : <r Mohammed raçoul

Allah! i> Ce fut une entrée triomphale au milieu des acclamations et des fantasias.

Après avoir noué des relations commerciales avec le sultan, l'expédition se remit en route le 20 octobre; bientôt elle quitta le Baghirmi, mais pour tomber, hélas! dans le pays soumis à Rabah. Elle arriva le 27 au confluent du Logone, rivière superbe, à fort courant. Un peu en aval, le Ghari se divise en trois branches importantes, dont la branche de Makaré et la branche de Goulfeï. Le fleuve, lui, se compose d'une série de canaux entourant des îles nombreuses. Le 30 octobre, on arrivait au Tchad!

L'impression produite par le lac sur la mission fut profonde. C'est, à cet endroit, une magnifique étendue d'eau douce qui va à perte de vue; elle paraissait comme un mirage aux voyageurs venus du Congo.

Après avoir séjourné trois jours dans la région, la mission, vu l'hostilité de Rabah; prit le chemin du retour.

M. Gentil rentra en France, où il fut reçu avec les honneurs dus à ses grands services dans la cause coloniale. Grâce à lui, la possession du Tchad n'était plus contestable, et les communications s'établissaient entre le Sahara et le Congo français. Aussi le gouvernement Pa-t-il investi de la charge d'administrateur de la région qu'il a découverte.

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