‹ La France coloniale illustrâeeChapitre 64 sur 79 · LAOS · texte numérisé non relu

LAOS

Le Laos oriental, soumis à notre protectorat en 4893, est l'ancien Laos annamitain et tonkinois. Il forme une longue et étroite bande qui s'étend du nord au sud entre le Mékong et la Cordillère annamitique. Physiquement, il se divise en haut Laos, au nord, et en bas Laos, au sud. Sa superficie est d'environ 140000 kilomètres carrés, et sa population, très clairsemée, d'un demi-million d'habitants à peine. Les Laotiens proprement dits habitent la plaine; les Mois ou Khas, « sauvages » prétendus, occupent la région élevée de l'est, et les Chans ou Laotiens birmans, le haut Laos du nord. Les montagnards sont relativement actifs et s'adonnent beaucoup à la chasse, tandis que les Laotiens sont d'une paresse notoire, qu'il leur faudra secouer. Les uns et les autres cultivent le riz et élèvent des bœufs, en partie pour l'exportation, et des éléphants, qui leur sont indispensables pour circuler dans la forêt touffue. L'industrie est très négligée, de même que l'agriculture; par suite, le commerce est presque nul. Du reste, les Européens commencent seulement à s'installer dans la contrée, qui présente le même climat et les mêmes productions naturelles que ses voisines.

En attendant la construction des chemins de fer, quelques routes rattachent le pays au Tonkin et à la côte d'Annam; mais le principal moyen de transport est la grande artère du Mékong, que les bateaux des Messageries fluviales de Cochinchine remontent jusqu'à Louang-Prabang, dans le Laos septentrional ; les principaux affluents sont utilisés surtout par les barques indigènes.

Les Laotiens sont de mœurs douces et paisibles, mais paresseux; leur langage ressemble au gazouillement des oiseaux; leur culte, qu'administrent de nombreux bonzes, est un bouddhisme mêlé d'une foule de superstitions. Les missionnaires catholiques auront donc là, comme dans le reste de l'Indo-Chine, à s'armer de courage et de patience pour aider à la conversion du Laos, lequel a été érigé en 1900 en vicariat apostolique.

Le Laos est administré par un résident supérieur, siégeant à Vien-tiane; il est divisé en districts, chacun étant administré par un commissaire du gouvernement et comprenant, soit d'anciennes provinces ou <r muongs », soit des tribus de Mois et de Chans.

Vien-tiane (en tchandapouri, Cité de la Lune), sur le haut Mékong, est. le chef-lieu de tout le Laos protégé et une escale, en toute saison, des vapeurs des Messageries fluviales. Ce village redeviendra sans doute ce qu'il était jadis, une ville considérable, que les Siamois détruisirent il y a

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près d'un siècle. — En amont, Louang - Prabang est une ville ou plutôt un ensemble de villages d'environ 20000 âmes, capitale d'un royaume indigène et résidence d'un commissaire français du haut Laos. Depuis son annexion, la localité tend à reprendre son rang de marché important, admirablement situé à l'entrecroisement des routes du Tonkin, de la Birmanie, du Siam et du Laos. C'est actuellement l'escale terminus des Messageries fluviales, qui y accèdent à l'époque des hautes eaux.

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