‹ La France coloniale illustrâeeChapitre 69 sur 79 · II. — ILES T0UAM0T0U · texte numérisé non relu

II. — ILES T0UAM0T0U

Les îles Touamotou, ou îles Basses, découvertes par Carteret en 4767, et explorées par Bougainville en 4768, furent occupées par les Anglais de 4830 à 4855, et appartiennent à la France depuis 4859. Elles forment un immense archipel d'une centaine d'îles, dont la plupart ne sont que des attolons ou bancs de récifs coralliens; chaque attolon affecte la forme d'un anneau ou d'un croissant, et renferme au centre un lagon d'eau verte dans lequel se pêche l'huître perlière. L'eau de source y est totalement inconnue.

Les attolons majeurs de Kairoa et de Jakarava, ce dernier renfermant le chef-lieu, ont jusqu'à 40 kilomètres de largeur et 400 kilomètres de circuit, tandis que leur anneau a une épaisseur d'un demi-kilomètre. Les polypes ou madrépores qui les ont construits n'ont pu les élever qu'au niveau de la mer; mais, grâce à des soulèvements sous-marins, les uns ont émergé de 4 ou 2 mètres à peine, et se sont couverts d'un peu de végétation. Les naturels (5000) y ont planté en grand nombre le cocotier, l'arbre type de tous les établissements français de l'Océanie. C'est un beau palmier, dont les noix, étant fraîches, renferment une amande crémeuse entourée du lait de coco, apprécié comme boisson par les indigènes; mais c'est l'amande séchée, ou coprah, qui fait l'objet d'un grand commerce, car elle sert à faire du savon, de l'huile d'éclairage, des graisses, des pommades, etc.

Au sud-est de cet archipel, les îles Gambier ou Mangareva, annexées en 4844, sont au nombre de six, enfermées dans une même ceinture de coraux. Elles comptent à peine 4 400 habitants, qui ont été, comme ceux des Touamotou, convertis au catholicisme par les missionnaires des Sacrés- Cœurs. La principale, Mangareva, haute et volcanique, renferme le cheflieu Rikitea. Le commerce des Touamotou et des Gambier exporte des perles et de la nacre.

La pêche des perles aux îles Basses. — « La plonge commence dans la matinée; avant d'entamer le travail quotidien, les pêcheurs se groupent sur le bateau et chargent le plus digne ou le plus respectable d'entre eux de réciter une prière que tous suivent avec ferveur. Le bateau est sur le lieu de pêche. Les apprêts sont faits; ils ne sont pas longs. Pour tout vêtement, l'indigène a son pareo; pour tout outil une lunette, desti-

née à examiner, de la surface, les fonds que le plongeur doit explorer; cette lunette est assez semblable à une lunette de calfat : elle se compose de quatre planches; longues de 40 à 45 centimètres, larges de 25 à 30, formant une chambre dont Tune des deux extrémités est ouverte.

<r Le plongeur tuamotu est, à bon escient, considéré comme le meilleur plongeur de la Terre. L'Indien employé aux travaux de la pêche dans le golfe Persique et à Ceylan, et qui passe, à bon droit, comme un des meilleurs fouilleurs de la mer, ne peut lui être comparé.

« Après le travail du jour, les plongeurs se mettent en devoir d'ouvrir les huîtres récoltées, se servant pour cela d'un large couteau qu'ils manient avec une grande dextérité. Du premier coup,% le muscle adducteur est tranché. Chaque coquille et son contenu sont ensuite examinés avec un soin extrême, pour qu'aucune perle n'échappe à leurs méticuleuses recherches et ne passe inaperçue. Les patrons ne manquent pas d'assister à cette opération; car, bien que dénué de toute poche pour la dissimuler, le Tuamotu a vite fait d'avaler la perle qu'il vient de découvrir. Les coquilles appartenant aux pêcheurs indépendants sont, une fois vidées, déposées dans le sable humide jusqu'au jour de la vente, afin que l'évaporation ne leur fasse rien perdre de leur poids.

d La plonge se pratique d'un bout de l'année à l'autre et plus spécialement pendant les mois de novembre, décembre, janvier et février. En juin, juillet, août et septembre, elle n'a lieu que l'après-midi, la température de l'eau étant trop fraîche dans la matinée. » (Notices coloniales.)

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