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III. — GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

Les territoires. — Le Soudan français comprend, à partir de Matam et Kayes à l'ouest :

1° Tout le bassin du haut Sénégal;

2° Le haut Niger, jusqu'au delà de Tombouctou , partout où les armes françaises ont pénétré, dans le Ségou, le Macina, les États de Samori et de Thiéba;

3° Au sud-est, les territoires du Comoé et de la Vol ta, parcourus par le capitaine Binger et acquis par des traités, notamment le pays de Kong, qui confine à nos établissements de Grand -Bassam et de la côte d'Ivoire;

4° En outre, les territoires du moyen Niger jusqu'à Saï, que la convention du 5 août avec l'Angleterre fait rentrer dans la sphère d'influence française. La limite de Saï vers le sud, c'est-à-dire vers le Dahomey français, reste à déterminer.

A cela nous pourrions ajouter la partie du Soudan septentrional située au nord de la ligne de Saï, sur le Niger, à Barua, sur le lac Tchad, accordée également à la France; mais nous l'avons rattachée au Sahara français dans l'étude faite au chapitre précédent.

Orographie. — Dans son acception générale, le Soudan désigne toute la partie de l'Afrique intérieure qui s'étend entre le désert du Sahara et la ligne de l'Équateur. Physiquement il comprend : à l'ouest, le bassin du Niger; au centre, celui du lac Tchad; à l'est, la partie centrale du bassin du Nil. *

Le Sahara occidental, qui seul nous intéresse, forme un vaste plateau de 300 à 600 mètres d'altitude, contourné au nord par le cours du Niger, et dont la partie la plus élevée se trouve sur la ligne de partage des eaux des fleuves côtiers, dont les mieux connus sont le Comoé et la Volta. On sait aujourd'hui que la grande chaîne des monts Kongs n'existe pas avec l'importance qu'on lui attribuait. On y signale toutefois au nord de la ville de Kong les monts Komono, surmontant le plateau et atteignant 1 500 mètres d'altitude.

Le massif montagneux principal est celui du Fouta-Dialon, aux sources du Niger, du Sénégal et des rivières dites du Sud.

Hydrographie. — Les cours d'eau remarquables sont : le Sénégal, dont nous avons parlé au chapitre précédent; le Comoé, la Volta et le Niger.

SOUDAN FRANÇAIS

Le Comoé ou Akba, descend du plateau de Kong et se dirige au sud, dans le territoire français de Grand-Bassam.

La Volta, fleuve aussi considérable que le Sénégal, est formée dans le plateau central par plusieurs cours d'eau de même nom : la Volta noire, ou occidentale; la Volta rouge, ou centrale, et la Volta blanche, ou orientale. Elle passe près de Salaga et se dirige sur la Côte d'Or anglaise, en limitant en partie le Togoland allemand.

Le Niger, fleuve principal du pays des Noirs, est le grand trait géographique du Soudan français. Né au mont Tembi-Kounda, dans la chaîne du Loma et le massif du Fouta-Dialon, qui lui envoie des affluents encore peu connus, il se dirige vers le nord-est sous le nom de Djoliba, traverse le pays des Mandingues, y baigne Bamako, qui possède un fort français, puis Ségou-Sikoro, capitale du Ségou, et Sansanding. Plus au nord, il reçoit à droite de puissants affluents, notamment le Mayel-Balével, se divise en plusieurs bras ou marigots, qui enferment de vastes îles dans le Borgou, et traverse d'immenses marécages dont la partie principale est désignée parfois sous le nom de lac Dibbie ou Debou.

Arrivé à Kabara, en face de Tombouctou, le grand marché soudanien, le Niger, qui prend aussi le nom de Koaara, décrit vers l'est et le sud -est une courbe remarquable, analogue à celle du Congo, mais en sens inverse, ce qui le ramène vers le golfe de Guinée, dont il semblait d'abord vouloir s'éloigner.

Dans son cours moyen, devenu français, il est souvent bordé de dunes de sable et de marécages; il passe à Bamba et à Bouroum, au second grand angle qu'il forme par environ 17° 45' de latitude nord; puis à Gogo ou Gao, visitée par Barth en 1854, et où il sort du Sahara pour entrer dans les contrées plus verdoyantes du Soudan. Plus loin, il est obstrué par de nombreux rapides et des masses rocheuses. Garou et Sinder sont deux villes bâties en face l'une de l'autre dans de grandes îles fluviales. De là jusqu'à Saï le pays est très beau, peuplé et bien cultivé. De Saï, le cours inférieur du Niger va former les rapides de Boussa, et il appartient au Soudan anglais, de même que ses affluents, la Sokoto, qui baigne la ville de ce nom, et l'importante Binoué, venant de l'est.

Le Niger forme en se jetant dans le golfe de Guinée un immense delta dont les bouches navigables sont celles de Bonny, de Brass ou d'Akassa et de Bénin. Sa navigation est libre pour tout pavillon; mais elle s'arrête pour les bâtiments de mer aux rapides de Boussa, à 700 kilomètres dans l'intérieur.

Climat et productions. — La haute température du Soudan et ses pluies assez fréquentes donnent lieu à des productions végétales et animales extrêmement variées. Ce sont toutes celles que nous avons énumérées au chapitre du Sénégal.

Contentons-nous de rappeler ici que les pays du haut Niger sont parti-

culièrement abondants en gisements aurifères et argentifères, éxploités déjà par les indigènes, et qui pourraient donner lieu à d'importantes entreprises industrielles françaises, surtout si le climat, trop chaud malheureusement, y permettait l'immigration européenne.

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