V. — SUITE DES OPÉRATIONS AU SOUDAN
I. — Le docteur Crozat dans le Mossi. — Le docteur Crozat , chargé principalement de nouer des relations amicales avec le souverain du Mossi,' quitta Sikasso, résidence du roi Thiéba, le 1er août 1890. Six semaines plus tard il entrait à Ouagadougou (Wagadugu) , capitale du nabaouho, « le roi des rois j>, du Mossi.
Le 49 septembre, dans une très courte audience, il remit des présents à ce prince, mais ne put lui parler affaires. Les marabouts, d'accord avec les féticheurs, travaillaient l'esprit du roi : ils lui rappelaient que les blancs jettent des sorts et que son oncle et prédécesseur était mort peu de temps après la visite du capitaine Binger. Ils invoquaient des raisons politiques : les blancs procèdent toujours de même; il en vient un d'abord, et , si celui-ci est bien accueilli , ils arrivent en foule, et où ils sont installés il n'y a plus de chefs noirs ; ce sont eux qui commandent. On faisait remarquer à M. Crozat qu'il n'avait pas plu depuis son arrivée. « Si tu peux faire pleuvoir, lui disait la princesse royale Baouré, qu'il avait intéressée au succès de sa mission, tu feras bien de le faire. »
Une seconde audience fut aussi brève : le roi était couvert de gris-gris et d'amulettes, et un féticheur, placé tout près de l'envoyé , ne cessait d'en agiter. Le 29 septembre eut lieu l'audience de congé, et le jour même un émissaire du roi vint dire au docteur : « Le naba déclare faire alliance et amitié avec les Français. Ta venue à Ouagadougou lui a fait plaisir; avec plaisir également il verra d'autres Français venir ici, à condition qu'ils ne soient pas trop nombreux. De même le naba enverra des gens du Mossi dans vos possessions. Surtout n'oublie pas que le naba aime beaucoup l'argent. » Ce fut sous cette forme un peu sommaire, mais parfaitement valable au point de vue du droit européen en Afrique, que fut conclu le
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traité d'amitié, d'alliance et de commerce entre la République française et le roi des rois du Mossi.
IL — Le capitaine Binger dans le pays de Kong. — De tous les voyages accomplis en Afrique par nos compatriotes, aucun n'a eu plus d'importance pour l'étendue des pays neufs parcourus, et surtout pour ses conséquences politiques, que celui du capitaine de marine Binger.
Ce brillant officier est né à Strasbourg, et il avait à peine trente-cinq ans lors de sa grande exploration, qui dénote en lui une intelligence d'élite et un caractère d'une merveilleuse énergie.
Il était officier d'ordonnance du général Faidherbe, lorsque celui-ci le chargea d'une mission dans le bassin du haut Niger, « C'est, dit-il, l'appui et la bienveillance du général Faidherbe qui m'ont permis de mener à bien les travaux que l'on m'a confiés, et je suis heureux de rendre ici cet hommage à la mémoire du glorieux patriote. »
Avant Binger l'immense région comprise entre les branches ascendantes et transcendantes du Niger n'avait encore été visitée que par deux voyageurs seulement : un Français, René Caillié, en 1827; un Allemand, le docteur Henri Barth, en 1854.
Avant de se mettre en route pour un pareil voyage il faut d'abord composer avec le plus grand soin la pacotille que l'on doit emporter pour les échanges; il faut choisir des objets en rapport avec les besoins des contrées que l'on doit traverser; il faut surtout y apporter de la variété.
Le voyageur, par exemple , qui ne se serait muni que de tissus , serait fort mal venu dans des régions où tout l'habillement des indigènes consiste dans une ficelle et un couteau. La caravane du capitaine Binger se composait de neuf nègres, dont huit qu'il avait achetés étant esclaves, et qu'il s'était empressé d'affranchir le jour même en se les attachant comme domestiques, et de dix-huit ânes servant à porter 900 kilogrammes des marchandises les plus hétéroclites. Tout son armement se composait de deux fusils Gras, de quelques fusils de chasse et de quatre pistolets à pierre.
Le capitaine Binger partit, en mai 1887, de Bakel, qui est, comme on le sait, un de nos postes les plus importants du Sénégal.
Il fit une halte de quelques jours à Bammako, conquis par le colonel Galliéni, et alors extrême limite de nos possessions au Soudan.
Pour pénétrer dans les pays qu'il voulait explorer, deux voies s'offraient à Binger : l'une par les États d'Ahmadou, roi de Ségou; l'autre par ceux de Samori, l'un des chefs les plus puissants de cette partie de l'Afrique.
Notre compatriote choisit la seconde. Parti de Bammako en juin 1887, il dut rebrousser chemin une première fois à cause de l'hostilité de plusieurs chefs ennemis du roi Samori, qui assiégeait la ville de Sikasso, capitale des États du roi Thiéba, autre prince puissant.
Le capitaine Binger nous trace un tableau émouvant des horreurs de ces guerres, que se livrent continuellement ces petits potentats africains.
La guerre et la famine avaient changé toute cette région en un véritable charnier, selon l'énergique expression du capitaine ; partout des cadavres et des moribonds : les rives des fleuves, cours d'eau généralement aussi larges, sinon davantage, que la Seine a Paris, en étaient encombrés.
Après de longues semaines écoulées auprès de Samori, Binger put poursuivre son voyage; mais à Tengréla il fut encore une fois obligé de rebrousser chemin, sous peine d'être assassiné. Le bruit de sa mort, colporté par les noirs, courut même au Sénégal.
Binger prit la direction du sud -est, et en janvier 1888 arrivait sans incidents à Niélé, où il tomba malade d'une hématurie bilieuse, causée par les tracas et les ennuis de longs mois de pourparlers et de déceptions. Le chef de Niélé l'accueillit à merveille, et ce fut grâce à lui qu'il put pénétrer dans ce mystérieux pays de Kong, où jamais Européen n'était allé, et qu'il tenait à visiter.
La ville et le pays de Kong. — « Deux heures avant Kong, dit l'explorateur, les approches d'un grand centre se faisaient déjà sentir : partout le bois est coupé, et bientôt il n'existe plus un seul arbuste. Les terrains sont incultes, épuisés par plusieurs siècles de culture ; à l'horizon, pas même une ride de collines. La chaîne des montagnes de Kong, telle qu'elle s'étale sur les cartes, n'a jamais existé que dans l'imagination de quelques voyageurs mal renseignés. Sabana me montra bientôt, à un kilomètre dans le sud, une ligne de bombax et de dattiers épars, dans les éclaircies desquels j'aperçus les minarets de quelques mosquées, et le sommet de quelques toits plats : c'était Kong.
<r Un an jour pour jour après mon départ de Bordeaux, le 20 février 1888, je fis mon entrée dans la ville, monté sur un modeste bœuf porteur, au milieu d'une population qui paraissait n'être ni bienveillante ni hostile, mais avide de voir un Européen. Les toits, les rues, les arbres, les carrefours étaient plsins de gens qui se battaient pour se trouver sur mon passage. Ce n'est que grâce à une douzaine de vigoureux gaillards, esclaves du chef du village, armés de fouets et rossant tous ceux qui encombraient les ruelles trop étroites par lesquelles je devais passer, que je parvins à gagner une petite place où l'on fit arrêter mon convoi.
« Sous deux grands arbres de la place du marché étaient assis sur des chaises, à droite, le roi Caramokho-Oulé et ses amis; à gauche, Diarawary, le chef de la ville, entouré de ses créatures. Cette réception revêtait le caractère grandiose auquel se prêtent si bien et le costume oriental et les faces noires à barbes blanches; c'était une véritable réunion de patriarches.
« Le lendemain je fus invité par le roi et les notables (tous musulmans lettrés) à expliquer en public les motifs qui m'avaient amené à Kong.
« Depuis fort longtemps, leur dis-je, les Français connaissent de nom « la ville de Kong; nous savons aussi que les habitants sont paisibles, « actifs et commerçants, et que ce sont eux qui drainent dans toute la
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«. boucle du Niger les produits européens. Ce sont vos qualités qui ont « décidé mon gouvernement à vous envoyer quelqu'un afin de lier des a relations plus étroites avec vous... »
Le capitaine Binger. — Son entrée à Kong (Soudan).
<r Diarawary, le chef de la ville, répondit: «Tu peux considérer Kong « comme la ville de ton père, et tu y resteras tant que tu voudras; quand « tu voudras nous quitter, je te ferai remettre un sauf- conduit qui^ te « permettra de circuler partout avec notre recommandation. »
« Cependant j'avoue que je n'ai ressenti en voyant Kong, que j'étais le
premier à visiter, aucune de ces émotions qu'avaient éprouvées certains voyageurs en apercevant le Niger ou Tombouctou.
« Kong ou Pon était bien ce que je me représentais : une grande ville ouverte, à constructions en pisé, à toits plats. Elle est irrégulièrement bâtie ; ses ruelles étroites et tortueuses rayonnent autour d'une grande place de 200 mètres de côté , servant de marché. La ville , dont la population est de 12000 à 15000 habitants, tous musulmans, comprend cinq grandes mosquées à minarets et plusieurs autres de plus petite dimension.
« Ils estiment qu'ils y a trois religions , qu'ils appellent chemins : le chemin de Moïse, celui de Jésus et celui de Mahomet...
« Au lieu de porter le costume sommaire des nègres des pays voisins, les indigènes de Kong sont vêtus d'une façon très complète : turban, burnous, larges culottes, babouches.
« L'industrie et le commerce sont très florissants. On fabrique à Kong des étoffes d'un dessin merveilleux, exportées jusqu'à Tombouctou; on y compte cent cinquante puits à teinture constamment en activité. La monnaie courante, ce sont les caaris, coquillages univalves dont il faut une quantité fantastique pour faire une somme de vingt francs. »
L'espace nous oblige à résumer brièvement le récit du reste du voyage.
Après un long séjour à Kong, Binger explora une grande partie du bassin supérieur de la Yolta, et voulut, en juillet 1888, pénétrer dans le Mossi, région encore inconnue.
Il redescendit à Salaga, au sud, revint vers le pays de Kong, où un employé de comptoir de Grand-Bassam, Treich-Laplène, était venu au-devant de lui. Ils mirent plusieurs mois à atteindre la côte. Chemin faisant, Binger signa des traités d'alliance avec deux chefs puissants , ceux de Dakhara et de Groumania.
Bref, pendant ce voyage de vingt-huit mois, le capitaine Binger avait parcouru 4000 kilomètres, relevé plus de 50000 kilomètres par les renseignements obtenus, révélé à la science géographique plus de 70 peuples différents.
Quant aux résultats au point de vue commercial, ils sont très considérables. Binger dit que nos colonies prospéreraient aisément si on ne les noyait pas de fonctionnaires. Il ajoute que les bases d'un empire soudanien français sont jetées, et que plus tard peut-être nos enfants nous seront reconnaissants de leur avoir légué un aussi beau patrimoine.
III. — Voyage du capitaine Monteil , du Sénégal au Tchad et à Tripoli. — La traversée de l'Afrique par le capitaine Monteil peut compter parmi les plus considérables de ce siècle, bien que les pays visités par lui fussent déjà généralement connus. En vingt- six mois, du 9 octobre 1890 au 10 décembre 1892, il parcourut plus de 6000 kilomètres de chemin à travers le Soudan et le Sahara.
Cet intrépide voyageur avait pour mission officielle la reconnaissance
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des pays compris dans la boucle du Niger et de la ligne encore indécise qui, de Say sur le Niger à Baroua sur le Tchad, devait pour le moment limiter cette action mal déterminée encore qu'on venait d'appeler une zone d'influence. En outre, Monteil reçut les instructions nécessaires pour conclure des traités, au moins commerciaux, et pour se renseigner sur la valeur des pays traversés, au point de vue de leurs productions.
Voici le succinct récit de ce magnifique voyage accompli à travers toute l'Afrique septentrionale par le hardi explorateur.
« C'est le 9 octobre 4890 que nous avons quitté Saint- Louis du Sénégal, mon compagnon Badaire et moi. Le 20 décembre, nous étions à Ségu-Sikoro, à la limite de notre occupation effective dans le Soudan. Le 15 janvier 1891, j'arrivais à San, jusqu'alors presque inconnue, et j'obtenais de l'almamyun traité qui a dû parvenir à Paris. Après quoi je poussais jusqu'à Kiman, où je retrouvai chez le roi Thiéba mes deux camarades, le capitaine Quiquandon et le docteur Crozat. Ce dernier me mit fort gracieusement au courant de ce qu'il avait pu apprendre au cours de son voyage dans la direction du Mossi.
Au milieu d'avril j'atteignais Lanfiera, dans le Macina, après avoir traité avec l'almamy des Bobos de Bussura. A Lanfiera, j'obtins encore un traité de l'almamy. J'en repartis le 14 pour Wagadugu, point extrême atteint par Binger et Crozat. J'y parvins le 21. C'est à partir de ce moment que mon voyage acquiert une véritable importance. Jusque-là je n'étais guère sorti de notre champ d'action soudanais. Maintenant j'allais tenter la traversée de la boucle du Niger dans sa partie considérée comme la plus difficile.
« A Wagadugu, l'accueil fut assez froid. Sans m'inquiéter des objections, je repartis dans la direction du Gurma. A Uegu, chez le naba de Bussuma, la réception fut encore médiocre. Nous partîmes vers Djemmare ou Dori, capitale du Liptako, pays alors ravagé par la guerre civile. C'est sur ce chemin que mon convoi fut désorganisé par cette terrible peste bovine qui a fait des ravages incalculables dans toute l'Afrique centrale. Il n'est pas resté un seul animal vivant sur mille.
« Contrairement à mon attente, j'ai reçu à Dori un accueil presque triomphal. J'y ai conclu un traité. Après avoir traversé une région déserte de 70 kilomètres, nous pénétrons dans le Yagha. Je fus retenu 45 jours dans la capitale, Lebba, dont j'ai gardé encore plus mauvais souvenir que Barth. J'ai été là près de mourir et j'ai subi le dernier degré de la misère. Cependant j'ai encore fait signer un traité.
<r Enfin, le 19 juillet, nous quittons Lebba, accompagné des vœux de la population, meilleure pour nous que ses princes. Nous traversâmes le Torrodi et sa capitale, Madiango, pour arriver à Uro-Gueladjio, ville de 3000 habitants où règne Ibrahima, suzerain de tous les petits rois voisins. Ce puissant potentat, contre l'avis de ses conseillers, me fit
l'accueil le plus bienveillant, rappelant que son père avait agi de même avec Barth. En cet endroit, j'eus à répondre aux accusations des envoyés de notre ennemi Ahmadu-Cheicku , ancien sultan de Ségu et de Nioro, devenu sultan de Macina. Le 42 août, je signai avec Ibrahima un traité qui a une importance particulière, et le 18 nous reprenions notre voyage.
Arrivée à Say, le 49 août. « En raison des chaudes recommandations d'ibrahima, même accueil du roi, signature du même traité. A partir de ce point, ainsi définitivement acquis à la France, j'avais pour règle d'étudier autant que possible la délimitation équitable qui devait être la conséquence de la convention anglo- française. Nous nous dirigeâmes à travers une région qui m'avait été signalée comme dangereuse, qui le fut en effet à l'extrême. Nous traversâmes le Djerma; l'Arewa, capitale Guiuae, le Kabbi.
« C'est le 48 octobre que nous arrivons à Sokoto, ayant ainsi résolu le difficile problème de passer d'un peuple chez un peuple ennemi. Heureusement on connaît là mes différends avec le Serki Kabbi, et cela me vaut un accueil enthousiaste de la part du Liam Dioulbé, sultan de Sokoto.
« Je suis arrivé à Kano, le plus grand marché de la région en décembre 4894. J'ai eu beaucoup de difficulté à y négocier les traites qui m'avaient été données parle Liam Dioulbé, auquel j'avais vendu diverses marchandises. Cela m'a forcé à séjourner pendant deux mois, durant lesquels je n'ai eu à me plaindre ni des autorités, du roi notamment, ni de la population.
« A Kano j'avais appris la présence de blancs au Bornu. On me disait qu'ils avaient été mal accueillis et qu'ils avaient dû rebrousser chemin. Je croyais alors qu'il s'agissait de Mizon. Je dus lever beaucoup d'oppositions pour entrer directement an Bornu. J'y pénétrai pourtant, à la fin de février 4892, par Hadeidja. Le souverain de ce pays me donna une forte escorte, affirmant, comme celui de Kano, du reste, que les gens du Bornu n'étaient rien moins que sûrs. Le 3 mars, nous pénétrions au Bornu par le village de Madia. J'ai eu à vaincre dès ce moment peut-être les plus grandes difficultés de mon voyage. Tout un parti, à Kuka, voulait qu'on m'éloignât et obtenait en tout cas qu'on m'imposât des délais, la force d'inertie. De la frontière à Kuka, nous passâmes par Kargui, Borsari, Kalilua, subissant partout des sortes de quarantaines en attendant des ordres de Kuka.
A Kuka. « Enfin , arrivé dans la capitale , oû plus de cinquante mille personnes me firent escorte, je fus logé chez le frère du cheick Malam Adam. Le 42 avril je fus reçu par le cheick en audience solennelle. Il y avait là l'ancien domestique de Nachtigal, Mohammed - El - Mauselmani , sujet italien, à peine capable de comprendre encore quelques mots de cette langue. Le cheick Achem me fit bon accueil , me disant de me considérer au Bornu comme chez moi. Je lui remis une lettre qui m'accréditait auprès de lui de la part du roi Carnot, — on n'aurait pas compris un autre terme, —
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et du vizir Etienne, avec un exemplaire des Mille et une Nuits en arabe, objet ardemment désiré par le cheick.
« A Kuka, nous avons observé une épidémie d'influenza, qui a fait beaucoup de victimes. Je séjournai quatre mois dans cette ville, attendant toujours une occasion favorable pour prendre la route de Tripoli. Le 15 août 1892 je pus enfin partir, profitant d'une maigre caravane. Le 22, nous parvenions à Barua, repère de la limite actuelle de la zone
Le commandant Monteil.
d'influence française. A partir de ce moment la route a été effroyablement pénible. Il nous a fallu faire des marches forcées incessantes pour atteindre les oasis de Bilma, puis de Kauar. Dans cette dernière ; nous demeurâmes une quinzaine de jours. Voici ensuite notre itinéraire : Anay, Siggdedin, Mafaras, Bir-Lahama, 011-War, Bir-Meschru, enfin Tadjerri, premier village du Fezzan.
« Le 19 octobre nous étions à Gatrun, ayant parcouru 350 kilomètres en huit jours. Le 25 enfin, après de nouvelles marches forcées, nous atteignons Murzuk (Mourzouk), et nous étions désormais à l'abri de tout danger, mais dans un état lamentable. Nous avons reçu le meilleur accueil de la part des autorités turques. A Murzuk, j'ai habité la maison de l'infortunée Mlle Tinné.
Depuis Murzuk, grâce aux chameaux que j'avais pu me procurer, la route n'a pas présenté de grandes difficultés , et je suis arrivé à Tripoli le 10 décembre 1892. Dix jours après j'étais à Paris. »