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II. — COTE D'IVOIRE

Grand-Bassam et Assinie. — La Côte d'Ivoire, avec la partie de la Côte d'Or appartenant à la France, présente un développement de plus de 300 kilomètres.

Elle s'étend à l'ouest jusqu'à la république de Libéria, limitée par la rivière Cavally et le cap des Palmes; à l'est, elle confine aux possessions anglaises de la Côte d'Or, qui commencent à la rivière Tanoé.

Dabou, Grand-Bassam et Assinie, qui en sont les principaux comptoirs, et qui nous ont été cédés en 1843 par les rois Piter et Ahmatifou, ne consistent qu'en villages indigènes, auprès desquels on a établi un poste, ou enceinte entourée de palissades , destiné à protéger les maisons de commerce.

Comme pour toute la Guinée en général, la Côte d'Ivoire est basse, marécageuse , boisée et insalubre ; elle consiste en une langue de terre sablonneuse, derrière laquelle courent une série de lagunes où affluent les eaux de l'intérieur.

La lagune de Bassam, ou d'Ebriès, qui reçoit la Comoé, baigne à la fois Grand-Bassam, situé à l'est, à 4 kilomètres de la mer, sur l'embouchure de l'Akba; Pelit-Bassam au sud, et Dabou au nord.

Assinie est situé sur la rivière de même nom, qui sert de débouché à la double lagune d'Aby-Tendo, dans laquelle se jettent, à l'ouest, la rivière Bia ou Assinie, et à l'est la riyière Tanoé, limite de la colonie.

L'exportation de la Côte d'Ivoire consiste surtout en huile de palme, poudre d'or, cuir, ivoire pour une somme de plus d'un million ; elle se fait principalement par les indigènes Jaks-Jaks, qui occupent le littoral et trafiquent de préférence avec les négociants anglais. Les indigènes assiniens trouvent l'or en poudre mêlé avec de l'argile. Ils le lavent au moyen d'une calebasse plongée dans la rivière : le courant emporte la terre délayée, tandis que les grains d'or, plus lourds, tombent au fond de la calebasse.

L'importance du commerce français y était si peu considérable en 1872 que le gouvernement avait livré Grand-Bassam à la maison Verdier, de la Rochelle, et Assinie à la maison Swanzy, de Londres, en réservant toutefois ses droits pour l'avenir.

Cette possession n'a pris une réelle importance qu'en 1889, époque où le capitaine Binger et M. Treich-Laplène la relièrent au Soudan français par l'acquisition du pays de Kong et la découverte de la rivière Çomoé, qui en descend.

GUINEE ET DAHOMEY

Des comptoirs moins importants, ou seulement des prises de possession, assurent à la France la propriété, longtemps contestée, de la partie occidentale de la Côte d'Ivoire jusqu'à la république de Libéria. Telles sont les rivières de Lahou, Fresco, San-Pedro, Béréby et Gavally, sur la côte de Kroa ou des Kroumens.

Les Noirs. — Deux grandes races, très distinctes, habitent la région voisine de nos établissements. La première, qui occupe le territoire d'Assinie, offre cette particularité exceptionnelle chez les races noires, que le fils hérite de son père.

Poste français d'Assinie.

Dans la seconde, qui habite sur la Côte d'Ivoire, nous retrouvons, comme chez les peuples du Gabon, l'hérédité transmise par la ligne des femmes; l'héritage du père passe au fils aîné de sa sœur, ou, à défaut de celui-ci, à son propre frère.

La grande famille qui peuple la Côte d'Or comprend : les Achantis, qui habitent l'intérieur; les Fantis et les Achantas. Les naturels d'Assinie sont des Wœssaws et des Denkeras ; ils sont peu nombreux.

Les Jaks-Jaks semblent former une race à part, absolument étrangère. Ils ont su s'élever, par leur intelligence et leur industrie, au-dessus des populations qui les entourent. Nous les avons déjà vus, courtiers du littoral, tremblant pour leur monopole, lever contre nous l'étendard de la révolte et inciter à la rébellion les peuplades productives de l'intérieur ; mais, depuis la rude leçon qui leur fut infligée, ils ont compris tout le parti qu'ils pouvaient tirer de leurs bons rapports avec nos nationaux, et

sont devenus pour nous des auxiliaires dévoués. Grand-Jak est leur bourg principal. Il occupe sur la plage une étendue de plus de huit cents mètres; les cases , fort nombreuses et bien construites , sont disposées par groupes réguliers entourés de palissades de bambou.

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