III. — COTE DE BENIN OU DES ESCLAVES
Divisions^ — La partie de la Côte des Esclaves, autrement dite de Bénin, dépendant de la France comprend le Grand-Popo et le royaume de Porto-Novo, au nord desquels s'étendait l'important royaume du Dahomey.
Par le traité du 24 décembre 1885, la séparation du territoire français d'avec le Togoland allemand est fixée par le méridien de 0° 41' (long. 0. de Paris), qui part d'Agoué sur la côte et monte jusqu'au 9e degré de latitude nord.
Par un traité analogue du 11 août 1889, la séparation du Dahomey français d'avec la colonie anglaise de Lagos est marquée par le méridien de 0° 25' (long. E. de Paris), qui part de la crique d'Ajarra et monte jusqu'à la même latitude du 9e degré.
Par cette délimitation, le royaume de Dahomey se trouvait exclusivement sous l'influence française, ce qui était un fait de grande importance. En outre, par un traité de 1890, le roi de ce pays renouvelait la cession à la France du port et des douanes de Kotonou, moyennant une redevance de 20 000 francs, et il reconnaissait notre protectorat sur le royaume de Porto-Novo.
I. Le Popo. — Notre territoire de Grand-Popo compte environ 50000 habitants. La concurrence allemande y fait tort aux transactions commerciales de nos maisons marseillaises. L'objet des échanges est sensiblement le même à Grand-Popo qu'à Porto-Novo, dont nous allons parler.
II. Porto-Novo. — La colonie française de Porto-Novo est située sur la Côte des Esclaves, à l'est du lac Denham et du Dahomey, et à l'ouest de la ville plus connue de Lagos, chef-lieu des possessions anglaises. Elle comprend une côte de 45 kilomètres de longueur, formée d'une barre sablonneuse où se trouve le poste français de Kotonou, et d'une lagune courant de l'ouest à l'est, au delà de laquelle est bâtie Porto-Novo.
Porto-Novo , peuplée de 20000 habitants, est la capitale du royaume de même nom, soumis au protectorat français et qui compte environ 200 000 indigènes, tous de race nègre, superstitieux et fétichistes.
La puissance du roi est despotique, et les coutumes barbares du Dahomey s'y pratiquaient encore récemment. Des missionnaires catholiques et une école tenue par des religieuses ont aidé à la conversion de 2 000 noirs.
Le commerce de Porto-Novo et du Dahomey est relativement considérable (20 millions); il consiste surtout dans l'exportation des huiles,
GUINÉE ET DAHOMEY
des amandes de palme et de la poudre d'or, troquées contre des marchandises européennes. Des maisons de Marseille y ont de nombreux comptoirs. Malheureusement la lagune n'a de débouché qu'à Lagos, qui dépend de l'Angleterre; mais on projette de construire un canal qui couperait la langue de terre par Kotonou, poste fortifié et résidence du commandant français.
La ville de Whydah, réputée autrefois pour son commerce d'esclaves, dépend du Dahomey.