‹ La France coloniale illustréeChapitre 50 sur 80 · OBOCK · texte numérisé non relu

OBOCK

Obock se trouve sur la côte orientale d'Afrique et sur la route de l'Inde : toute son importance lui vient de sa position à l'entrée de l'océan Indien.

Notre possession d'Obock remonte à peu d'années. En 1857, un agent consulaire français à Aden, M. Lambert, avait noué des relations avec un chef de Tadjourah, qui sollicita la protection de la France. M. Lambert ayant été assassiné deux ans après, le gouvernement français intervint. Profitant de l'occasion, alors que se creusait le canal de Suez, et voulant s'assurer quelques postes sur le passage aux Indes, la France acheta du sultan de Zeilah, en 18G2, le petit territoire d'Obock, situé à l'ouest du golfe d'Aden. En 1882, elle acquit de même le village de Sagallo, et, en 1884, elle s'annexa toute la baie de Tadjourah et la côte septentrionale jusqu'à l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb. Le territoire d'Obock présente ainsi un développement de 200 kilomètres de côtes sur 200 kilomètres de profondeur. Le littoral forme au sud-ouest la baie de Tadjourah, terminée par le petit golfe de Gubbet-Kharra, et remonte au nordest jusqu'au delà du cap Séjean, vis-à-vis de l'île anglaise de Périm, à l'entrée du Bab-el-Mandeb, y compris les îlots des Sept-Frères.

En 1888, l'Angleterre a cédé à la France les îles Mosha, qui ferment la baie de Tadjourah, et il est convenu qu'une ligne partant du Baz-Jibouti, au sud de ces îles, et aboutissant à Harar, sépare la zone d'influence des deux nations. L'étendue du territoire français est de plus de 100000 kilomètres carrés.

L'intérieur est montagneux et atteint 1 605 mètres d'altitude au mont Goda; le Bahr-Assal, situé à l'ouest, est un chott ou lac salé.

Le sol, de nature argileuse et calcaire, joint à un climat sec et chaud, rend généralement le pays aride et désert, sauf dans les vallées arrosées. C'est le Sahara prolongé sur la côte orientale d'Afrique.

La population soumise à la France est d'environ 100000 Danakils et Somalis, de race mélangée arabe et abyssinienne; ils obéissent généralement au petit sultan de Tadjourah, qui subit notre protectorat.

Obock est surtout une rade excellente; il est occupé depuis peu par

Page 1