II. — CAMBODGE
Le royaume. — Le Cambodge actuel n'est qu'un reste de l'antique royaume de Srok R'mer, « pays des Kmers, » dont la puissance et la civilisation, attestées par les superbes ruines d'Angkor, s'étendaient sur une grande partie de la péninsule indo-chinoise. C'est de là que le bouddhisme s'est répandu dans l'Asie orientale. Les Portugais y arrivèrent au xvie siècle, suivis par les Hollandais en 1035. En 1750 les Annamites et en 1810 les Siamois y établirent leur suprématie; mais leur rivalité donna occasion aux Français d'intervenir.
En 1803, en effet, le roi de Cambodge, Norodon, accepta le protectorat de la France; il continua à gouverner par lui-même ses États jusqu'à ce qu'en 1884 l'administration suprême lui fût enlevée, un peu impolitiquement, pour être remise aux mains d'un résident supérieur, qui représente la République française.
Le Cambodge est borné au nord par le royaume de Siam, à l'est par l'Annam, au sud par la Cochinchine et à l'ouest par la mer.
Sa superficie est évaluée à 100 000 kilomètres carrés et sa population à 1 500 000 habitants. Les rives du Mékong et du Grand-Lac sont seules habitées.
Les Cambodgiens appartiennent à la race jaune; ils sont bouddhistes assez fervents. D'un caractère doux et indolent, ils se laissent dominer par les Annamites, les Chinois, les Malais, qui se sont glissés parmi eux. L'esclavage est officiellement aboli.
Le royaume est divisé en huit provinces, ayant chacune un résident français et un tribunal. Ce sont celles de Pnom-Penh, la plus peuplée; Kampot, la seule province maritime; Kratié, Pursat, Kompong-Chuang, Kompong- Tom, Kompong-Triam et Banam.
Pnom-Penh, que l'on prononce Phnome-Pène, la nouvelle capitale du Cambodge, est une ville de 35 000 âmes, située en face des bras du Mékong, dans une position commerciale excellente autant que pittoresque. Les maisons ne sont généralement que des paillotes, ou cases en paille, au milieu desquelles s'élèvent le palais du roi en style kmer, les maisons en briques des Chinois et les édifices plus importants récemment bâtis pour les administrations françaises.
Oudong, situé un peu en amont, est l'ancienne capitale du pays.
Les autres chefs-lieux de provinces ne sont généralement que des villages.
Commerce. — Les Cambodgiens ne s'occupent que de la culture du sol et de la pêche dans le Grand -Lac. Le commercé est entre les mains des Chinois. — Le trafic extérieur est de 15 à 20 millions de francs.
Les produits exportés sont : le poisson (pour une valeur de 4 millions), le coton, les haricots pour Singapour; la colle de poisson, les peaux, les
nattes pour la Cochinchine; le cardamome, les bois de teinture et de construction pour la Chine.
Les produits importés consistent en sel, provenant de la Cochinchine et destiné aux salaisons de poissons, en vins et spiritueux de France, sucre, poteries, tissus anglais et français.
Carte du Cambodge et de la basse Cochinchine.
Les transports se font par jonques et par vapeurs sur les nombreux canaux qui, par le Grand-Lac et le Mékong, se relient avec les ports de la Cochinchine.