III. — ANNAM ET TONKIN
Le royaume. — Le royaume « d'Annam » , dont le nom chinois signifie le « sud paisible » , était une extension méridionale du Céleste- Empire, dont il était vassal. Il s'appelle aussi Cochinchine; mais aujourd'hui on réserve ce nom aux provinces méridionales, tandis que le nom d'Annam désigne la partie centrale , et celui de Tonkin la partie septentrionale du royaume.
Le nom de « Ton-Kin » est une corruption du mot chinois Dong-Kinh, « cour de l'est » ; c'est le Bac-Ky des Annamites. Il formait ci-devant une
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vice-royauté dépendante de l'Annam, dont il est aujourd'hui séparé administrativement.
Carte de l'Annam et du Tonkin.
Nous avons donné ci-dessus l'historique de la conquête française de ce royaume.
L'Annam, réduit à la partie la plus montagneuse, la moins riche de son ancien territoire, est borné au nord par le Tonkin , au sud par la Cochin-
chine, et il s'allonge entre la mer à l'est et les montagnes à l'ouest, sur une longueur de 1 200 kilomètres et une largeur moyenne de 100 kilomètres. Mais il faut y ajouter le territoire Siamois des tribus laotiennes jusqu'à la rive gauche du Mékong. — Sa superficie ainsi étendue est d'environ 300 000 kilomètres carrés, et sa population supposée de 9 millions d'habitants.
Le Tonkin est borné au nord par les provinces chinoises du Yun-Nan et du Kouang-Si, à l'est par la mer, au sud par l'Annam et à l'ouest par le Laos. — Sa superficie est d'environ 140 000 kilomètres carrés , dont 15 000 seulement pour le Delta, et sa population évaluée à 8 millions d'habitants.
Ethnographie. — La population de l'Annam et du Tonkin, comme celle de la Cochinchine , est composée principalement d'Annamites avec un plus fort contingent de Chinois natifs ou immigrants. Les sauvages Mois habitent le Laos. La religion dominante est le paganisme bouddhiste.
Les missions catholiques, confiées à des missionnaires français et espagnols, sont florissantes; elles forment sept vicariats apostoliques, dont trois pour la Cochinchine ou l'Annam, comptant plus de 100000 chrétiens, et quatre pour le Tonkin, avec 450000 chrétiens.
« Les catholiques de la mission française ont fait cause commune avec nous dans les dernières guerres et nous ont été d'un véritable appui. Ils nous ont fourni, dès le commencement, un grand nombre de volontaires qui ont rendu des services appréciés à Nam-Dinh, à la prise de Sontay, etc., et plus tard ils ont formé le principal noyau des tirailleurs tonkinois. Aussi ont-ils été en butte à toutes les vengeances de l'ennemi; des ordres secrets, émanant de Chine et de Hué, avaient prescrit à plusieurs reprises de les traiter comme des Français et de les exterminer. » (Notices coloniales officielles.)
Administration. — Le roi d'Annam, s fils du Ciel s> , est vis-à-vis de ses sujets un monarque absolu, mais soumis à des usages selon les lois de Confucius : il est aidé par six ministres et de nombreux mandarins. Depuis 1886 son gouvernement est placé sous le contrôle d'un résident général de la République française, siégeant à Hué, de deux résidents supérieurs établis, l'un à Hué pour l'Annam, l'autre à Hanoï pour le Tonkin, et qui sont maîtres des affaires étrangères, de la police, des douanes, etc.
ANNAM. — L'Annam comprend douze provinces, désignées généralement par le nom de leurs chefs-lieux. Ce sont, du sud au nord : Binh-Thuan, Khang-Hoa, Phu-Yen, Binh-Dinh (chef-lieu Qui-Nhon), Quang-Ngaï, Quang- Nam, Quang-Duc (chef-lieu Hué), Quang-Tri (chef-lieu Dong-Hoï), Quang-Binh, Ha-Tinh, Nghe-An (chef-lieu Vinh) et Than-Hoa. Les trois dernières faisaient autrefois partie du Tonkin. — En outre, les nouveaux districts du Laos.
Les provinces sont subdivisées en arrondissements, cantons et com-
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munes. La commune se régit elle-même par les notables, sans relever de l'État.
Villes. — Hué, capitale du royaume, fut bâtie au xvne siècle à trois lieues de la mer, sur une petite rivière, au milieu d'un triple cercle de montagnes qui lui donnent un aspect riant et pittoresque. Elle comprend deux villes : la citadelle ou <r ville royale », immense quadrilatère de 2 600 mètre
Boutiques de marchands à Hué.
de côté, à front bastionné, habité par les fonctionnaires et les soldats; la ville marchande, bâtie sur le canal et composée de cases ou paillotes. Sa population, que l'on estimait à 100 000 habitants et plus, n'est guère que de 30000 âmes. Son commerce consiste surtout dans l'approvisionnement de la cour.
Tourane, sur une baie au sud de Hué , fut le premier gage donné à la France par Giâ-Long en 1790, et la première ville prise par elle en 1858. Elle est aujourd'hui érigée en commune française; c'est un port d'avenir.
Qui-Nhon, sur la côte sud -est, et dans l'importante province de Binh- Dinh, est un port qui fut ouvert aux Européens dès 1874. Elle a, comme Hué , une citadelle du système Vauban , bâtie par les ingénieurs français au commencement de ce siècle.
Dong-Hoï a une importance militaire du premier ordre.
Sur le cours du Mékong, il faut signaler quelques bourgades généralement médiocres, mais qui pourront acquérir de l'importance lorsqu'une navigation régulière y sera établie.
Tels sont : Xieng-Khong, dans la zone neutre; — Louang-Prabang, 10 000 habitants, au confluent de la rivière Kan; c'est la principale ville du Laos et le chef- lieu d'une royauté laotienne; — Muong-Xieng-Kheng, au centre de mines de cuivre et de plomb; — Saniabouri, un riche et beau <r muong », composé d'environ 120 cases entourées de cocotiers, d'aréquiers et de citronniers; — Khong , situé dans une île du fleuve, qui en tire son nom (Mé-Kong ou Nam-Khong, rivière de Khong) et forme en aval des cataractes dangereuses ; — Stung-Treng , simple bourgade de 1500 âmes, mais dont la situation au confluent de trois cours d'eau navigables lui assure une importance commerciale considérable.
TONKIN. — Le Tonkin comprend cinq grandes provinces administrées par des mandarins du premier degré. Ce sont : Hanoï, au centre; Bac- Ninh, Sontay, à l'ouest; Haï-Duong, au nord-est, et Nam-Dinh au sud.
11 y a, en outre, huit petites provinces dépendantes des premières et administrées par des mandarins du second degré. Ce sont : Ninh-Binh, Hung-Yen, Haï-Phong, Quang-Yen, dans le delta; Hung-Hoa, Tuyen- Quang, sur le haut fleuve; Taï-Nguyen, Cao-Bang, avec Lang-Son, sur la frontière chinoise.
Villes. — Les noms des provinces sont aussi ceux des villes principales, ou mieux des grands villages qui en sont chefs -lieux. Au Tonkin, comme en Chine, les villes sont essentiellement composées d'une citadelle et d'un marché plus ou moins important, autour desquels se sont groupés les cases des indigènes, des magasins, des habitations à un ou deux étages et d'un confort variable, etc. Généralement chaque nationalité a son quartier.
Quant aux villages, ils sont composés de hameaux indépendants les uns des autres, très nombreux dans les rizières, et entourés de végétation. Chaque habitation, en torchis et couverte de chaume, est séparée de sa voisine par des haies de cactus et des ruisseaux d'eau croupissante. Dans les hameaux, situés le long d'une route ou sur les bords d'un cours d'eau, on rencontre parfois un rudiment de rue quand il s'est établi un marché dans la localité.
Hanoï, 80000 habitants, le chef-lieu du Tonkin et l'ancienne capitale de l'Annam, est située au nord -ouest du delta, sur le Song-Haï; elle est entourée de lacs et de marais. Comme tous les centres annamites ou chinois, ce n'est qu'une agglomération de villages, au nombre de 108 et
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formant 7 cantons. Quelques quartiers, mieux bâtis, contiennent les palais et les bureaux des fonctionnaires. C'est le « grand marché s , la grande ville de commerce et d'industrie du pays. Les commerçants chinois y font les affaires en gros. Hanoï, comme Haï-Phong et Tourane, forme une commune française, dont le maire est le résident français.
Nam-Dinh, 30 000 habitants, dans le bas Delta, est la seconde ville du pays ; c'est le chef-lieu de la province la plus peuplée et la plus riche en rizières.
Haï-Phong , 20 000 habitants, de création récente sur le Gua-Gam, où
Haï-Phong, vue de la rivière.
peuvent arriver les gros navires, est devenue le grand port des Européens et l'entrepôt du Tonkin.
Haï-Duong , sur le Thaï-Binh; Sontay , sur le Song-Haï, villes de 10000 habitants, et Bac-Ninh, avec 3 000 âmes, près du Song-Cau, ont été à demi ruinées par la conquête française. Beaucoup de Chinois qui y faisaient le commerce se sont éloignés.
Industrie et Commerce. — Comme en Cochinchine, l'agriculture est la principale occupation de l'Annam et du Tonkin. Les produits sont les mêmes, et, à côté du riz et des denrées tropicales, figurent les fruits et légumes d'Europe. Les animaux domestiques : chevaux, bœufs, buffles, chèvres et porcs, sont de petite taille et moins communs qu'en Europe. Par contre, la volaille est abondante et à bon marché.
Le fer, le cuivre, l'étain, le charbon du Tonkin sont exploités. L'industrie est variée; elle produit tous les objets nécessaires à la vie indigène, mais peu d'articles pour l'exportation.
Le commerce est généralement dans les mêmes conditions qu'en Cochinchine; les villes sont de « grands marchés »; les transports se font par eau' dans les deltas, à dos d'hommes et de buffles dans l'intérieur; les routes ne sont que des sentiers, et les chemins de fer sont encore inconnus.
Les principales transactions sont aux mains des Chinois depuis plusieurs siècles : ce sont eux qui traitent avec les négociants européens et qui introduisent les produits étrangers; les articles anglais et les cotonnades de Manchester et de Bombay pénètrent non seulement par les vaisseaux venus de Hong-Kong et de Singapour, mais encore en transit par la frontière chinoise.
La valeur du commerce extérieur peut être évaluée sans base certaine à 10 ou 20 millions de francs pour l'Annam, à 60 millions pour le Tonkin. Les Anglais et les Chinois en tirent le plus grand profit; puis les Français, les Allemands, les Hollandais.
Les exportations consistent notamment en soies, plantes tinctoriales, coton, laques, cuivre et étain du Yun-nan; les importations, en cotons anglais, soieries chinoises, médecines, lampisterie, mercerie, miroiterie.
Un câble sous-marin relie Haï-Phong à Saigon et à la France, et un fil télégraphique terrestre suit toute la côte orientale.
Le présent et l'avenir du Tonkin. — « Beaucoup de personnes en France s'imaginent encore aujourd'hui que le Tonkin est un pays neuf au point de vue des relations commerciales avec l'Europe, et elles en concluent que, le pays étant maintenant sous notre domination, nos produits vont y trouver des débouchés faciles et immédiats. C'est là un point qu'il importe d'examiner.
« Il faut se rappeler que le port d'Haï-Phong n'est ouvert au commerce européen que depuis dix ans , et savoir que de temps immémorial les Chinois sont établis au Tonkin. Depuis de longues années ils y importent, surtout par Canton, des produits européens et américains. Ce sont les articles anglais et en particulier les filés de coton, les cotonnades de Manchester et de Bombay, qui depuis longtemps forment la grande majorité des produits étrangers introduits dans le pays.
« Il convient donc de se rendre compte qu'il ne nous suffit pas de prendre le Tonkin par les armes, mais qu'il nous faut aussi conquérir le terrain commercial, lequel, bien qu'il n'y ait pas une seule maison anglaise dans le pays, appartient depuis longtemps aux produits de l'industrie anglaise. Comment arriverons -nous à substituer nos produits aux articles étrangers? C'est là le problème dont nous cherchons la solution.
« Il ne faut pas se dissimuler que, pour quelque temps encore, le Tonkin pourra rester tributaire de Hong-Kong et de Singapore pour les gros articles d'importation destinés à la population indigène. Tous ceux qui connaissent les marchés de l'Extrême-Orient n'ignorent pas qu'un négociant du Tonkin qui veut importer des cotonnades européennes aura
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plus de facilité à les acheter sur ces deux places que de les faire venir de France ou même directement d'Angleterre. La raison en est bien simple : c'est que Singapore et Hong-Kong ont des marchés considérables, en relations journalières avec les expéditeurs anglais : ces derniers donnent ces cotonnades comme fret de retour aux nombreux navires qui portent à Londres la soie, le thé, l'indigo, etc. Le fret est donc toujours assuré, le stock considérable et constamment renouvelé...
ç ... Il est indispensable d'amener nos industriels à modifier leur outillage et, imitant l'industrie anglaise, à fabriquer spécialement pour l'étranger, à produire des tissus conformes aux usages et aux habitudes du pays auquel ils sont destinés, de qualité moyenne et à bon marché. S'ils peuvent arriver à ce résultat, nous pouvons leur garantir des débouchés certains dans l'Extrême-Orient, et la possession au Tonkin d'un marché qui pourra rivaliser avec Singapore et Hong-Kong.
« On a déjà écrit des volumes, tant dans les journaux que dans les différentes publications , sur les ressources et l'avenir du Tonkin ; les uns en ont dit beaucoup de bien, les autres beaucoup de mal. Sans vouloir rechercher sur quelles données on s'est appuyé, nous croyons pouvoir dire que des deux côtés on a exagéré. Le Tonkin n'est pas une nouvelle Californie, comme beaucoup de personnes se l'imaginent encore, mais ce n'est pas non plus un pays sans ressources.
<r II ne faut pas venir ici avec l'espoir d'y faire une fortune rapide, on se préparerait de grandes déceptions ; il faut arriver avec l'idée de s'y établir pendant plusieurs années et de travailler avec persévérance à l'œuvre que l'on entreprendra. Il y a certainement à faire pour les chercheurs laborieux et qui disposent de quelques capitaux.
« Le climat est sain, quoique très chaud en été. Pendant cinq mois, au moins, la température est bonne et permet de refaire ses forces affaiblies. Le sol est très fertile , du moins dans le Delta ; dans presque tous les terrains de cette région, on fait deux récoltes par an, moins abondantes chacune, il est vrai, que la récolte unique de la basse Cochinchine, mais d'un produit total notablement supérieur. On trouve ici tous les produits des tropiques, lesquels n'excluent pas cependant les produits d'Europe. Les choux-fleurs et les petits pois poussent à côté du thé et de la canne à sucre. La culture est susceptible d'un grand développement, et l'agriculteur français qui voudra entreprendre une exploitation agricole trouvera un instrument docile et peu coûteux dans le Tonkinois, qui est laborieux, et le deviendra encore davantage, lorsqu'il sera certain de garder pour lui le fruit de son travail. 2 (Notices coloniales , 1885.)
NOUVELLE-CALÉDONIE
Historique. — La Nouvelle-Calédonie fut découverte en 1774 par le capitaine Cook, qui lui donna le nom primitif (Calédonie) de son pays natal (l'Ecosse). L'amiral d'Entrecasteaux en releva les côtes en 1791. Des Anglais y exploitaient le bois de sandal, et des missionnaires français s'y étaient établis dès 1843, lorsqu'en 1851 quelques marins français de YAlcmène furent massacrés par les indigènes de Balade, au nord -est de l'île. Par représailles, Napoléon III fit prendre possession de la Nouvelle- Calédonie en 1853, dans le but d'en faire une colonie pénitentiaire, destinée à remplacer celle de la Guyane, reconnue trop insalubre. Les condamnés y arrivèrent dès 1864, et 1871 y vit déporter 4000 communards parisiens, dont les déprédations causèrent une sérieuse révolte des Canaques en 1878.
Les îles Loyalty furent annexées en 18G4.
Il a été question d'annexer à la Nouvelle-Calédonie l'important archipel des Nouvelles- Hébrides , découvertes également par Cook; mais des conventions faites en 1878 et renouvelées en 1887 avec l'Angleterre, ainsi que l'opposition des Anglo- Australiens, maintiennent la neutralité de ces îles.
Le groupe néo-calédonien comprend, outre la Grande-Terre, l'île des Pins, les îles Loyalty et de nombreux îlots côtiers.
Géographie physique. — La Nouvelle-Calédonie est une île située entre le tropique du Capricorne et le 20e degré de latitude sud, et sur le 163e degré de longitude est de Paris, c'est-à-dire presque aux antipodes de la France.
Les grandes terres voisines sont : l'Australie , située à 1 500 kilomètres à l'ouest ; la Nouvelle -Guinée au nord -ouest, et la Nouvelle-Zélande au sud-est. Notre île, de forme très allongée, et orientée du nord -ouest au sud -est, mesure 400 kilomètres de longueur, sur une largeur moyenne de 55 kilomètres, soit 18000 kilomètres carrés de superficie. Son littoral, très découpé, est formé souvent de hautes falaises de roches anciennes; il présente au nord les îles Paaba et Balabio; au nord -est, la baie de
NOUVELLE-CALÉDONIE
Kanala; au sud-est, le cap de la Reine-Charlotte; au sud-ouest, la baie d'Ouaraïl, celle de Saint- Vincent avec l'île Ducos ; celle de Nouméa, fermée par l'île Nou et la presqu'île Ducos.
L'île est défendue sur toutes ses faces par une ceinture de récifs présentant un assez grand nombre de passes déterminées. Ces récifs, formés d'immenses bancs de coraux , brisent la mer à une certaine distance ; ils laissent entre eux et le rivage un canal d'eaux tranquilles, d'une grande ressource pour mettre en communication les différents points de la colonie , et d'une navigation sûre pour les caboteurs à voile aussi bien qu'à vapeur.
L'intérieur est montagneux et formé de terrains anciens, souvent arides , ce qui donne à l'île un aspect général assez triste. Une double chaîne s'allonge non loin des côtes et présente de nombreux sommets de 1 200 à 1 650 mètres. On distingue, au sud-est, le mont Humboldt, 1 050 mètres, et la Dent-de-Saint-Vincent, 1547 mètres; au centre le mont Arago, 1030 mètres, et la Table-Unie, visible en mer des deux côtés de l'île; au nord, le mont Panié, 1 642 mètres, et le mont Homedebua, 1 300 mètres. Entre les deux chaînes s'étend une série de plateaux ondulés.
Les deux versants côtiers sont parcourus par des rivières peu longues, mais très larges et abondantes, formant de nombreuses cascades, et navigables seulement à leur embouchure. Les principales sont : le Diahot, 100 kilomètres, qui court au nord -ouest, parallèlement à l'axe de l'île; la Néra, le Foa et la Tantouta, au sud-ouest. Plusieurs rivières sont en partie souterraines.
Le climat est tropical, mais tempéré par les brises de mer ou vents alizés du sud-est. La température, qui est, de 12° à 20° pendant la belle saison (mai à novembre), monte à 35° pendant l'hivernage (décembre à avril), qui est la saison des pluies et des ouragans; ceux-ci sont le fléau de la colonie. Néanmoins le climat est très salubre, ce qui est dû au peu de largeur de l'île, constamment balayée par les vents de la mer, et à son sol découvert, produisant en outre un arbre fébrifuge, le niaouli, sorte de myrte.
Le règne minéral offre l'or, le nickel, le fer, le cuivre et le plomb. Le règne végétal n'est pas très luxuriant, car beaucoup de terres sont rocheuses et stériles ; mais il est varié, et comprend maïs, canne à sucre, tabac, café, bananes, patates, etc. Sauf le requin , le trépang, la sauterelle,'très nuisible, et quelques oiseaux, il y a peu d'animaux sauvages; par contre, les espèces domestiques importées d'Europe s'y multiplient aisément.
Géographie politique. — La population actuelle du groupe néocalédonien est d'environ 60000 habitants, et sa superficie de 20 000 kilomètres carrés équivaut à celle de quatre départements français.
Les habitants se décomposaient, en 1885, en 40000 indigènes, dont la
moitié dans les îles Loyalty, et 20000 Européens. Parmi ceux-ci, il y a 4000 résidents libres ou fonctionnaires, presque tous français, 3000 militaires avec leurs familles, et 40 à 42 000 forçats transportés, en cours de peine ou libérés. Parmi les étrangers, on compte principalement 600 Anglo- Australiens.
Les indigènes sont, les uns de race brune ou malaise, de taille assez grande, à cheveux longs et raides; les autres, de race noire, plus petits, à cheveux crépus. On leur donne à tous le nom de Canaques ou Néo-Calé-
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