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TAITI ET DÉPENDANCES

Le commerce, qui s'élève de 8 à 10 millions de francs, consiste surtout dans l'exportation de nacre en coquille (pour 1 million de francs), de citron, vanille, coprah (graines de coco), oranges, que Papeete expédie principalement à San -Francisco, et dans l'importation d'étoffes, devins, farines, biscuits, viandes salées, bois de construction. Une route fait le tour de l'île.

Le trafic est surtout aux mains des Allemands et se fait par vaisseaux

Rade de Taïti.

étrangers et français avec San-Francisco, la France par Bordeaux, l'Europe et l'Australie.

Les Taïtiens. — « La race taïtienne est fort belle. Les hommes sont grands et bien proportionnés. Leurs corps robustes annoncent la santé, la souplesse et la force ; agiles et adroits , ils excellent dans tous les exercices physiques. Les femmes ont les dents blanches et bien rangées, les yeux grands,' les extrémités et surtout les mains d'une finesse remarquable. Le costume des femmes de Taïti ajoute un charme nouveau à l'ensemble de leur physionomie. Elles portent une gaule ou tapa, sorte de longue tunique flottante, de mousseline légère ou de calicot aux cou-

leurs voyantes. Presque toujours nu -tête, elles laissent flotter leurs cheveux, qu'elles piquent de feuillages et de fleurs, ou bien elles se coiffent d'un petit chapeau de bambou ou de panama, orné de guirlandes légères. Leurs oreilles sont parées de fleurs. Les hommes portent aussi des couronnes ; leur vêtement se compose d'un pareo tombant jusqu'aux genoux et d'une chemise flottante.

« Le caractère des Taïtiens est un peu celui de tous les enfants : ils sont capricieux, fantasques, boudeurs tout à coup et sans motif, foncièrement honnêtes, et hospitaliers dans l'acception du mot la plus complète. Les dispositions contemplatives sont extraordinairement développées chez eux, et ils se montrent sensibles aux aspects gais ou tristes de la nature. Ils sont paresseux; pourquoi travailleraient- ils? Les forêts produisent d'elles-mêmes tout ce qu'il faut pour nourrir ces peuplades insouciantes ; le fruit de l'arbre à pain, les bananes, etc., croissent pour tout le monde et suffisent à chacun. Les années s'écoulent pour les Taïtiens dans une oisiveté absolue et une rêverie sans fin. La seule occupation qui leur plaise, parce qu'elle n'est ni régulière ni forcée, c'est la pêche. Montés sur leurs pirogues légères , ils passeront des journées entières bercés par l'Océan : la mer est leur élément favori , ils s'y trouvent à l'aise , et la perfidie même des flots offre un attrait de plus à leur ardente imagination. Les goélettes qui font le cabotage entre Taïti et les îles voisines trouvent chez les indigènes de précieux auxiliaires, et les baleiniers ont souvent aussi recours à eux pour compléter leurs équipages.

s La nourriture ordinaire des indigènes consiste surtout en mayoré, fruit de l'arbre à pain; en fei, fruit d'un bananier sauvage, qui croît en abondance sur les montagnes de l'île ; en poisson cru , accompagné d'une sauce appelé miti, que l'on obtient en râpant l'amande de la noix de coco et en la délayant ensuite avec de l'eau de mer. Dans les festins, accompagnement obligatoire de toutes les fêtes et de toutes les cérémonies , on mange des volailles, des cochons cuits tout entiers dans le four canaque, des taros, des ignames, des crabes, des homards, etc. » (Hue et Haurigot, Nos petites colonies.)

IL — ILES T0UAM0T0U

Les îles Touamotou, découvertes par Garteret en 4767, et explorées par Bougainville en 4768, furent occupées par les Anglais de 4830 à 4855 , et appartiennent à la France depuis 4859. Elles forment un immense archipel d'une centaine d'îles, dont la plupart ne sont que des attoîons ou bancs de récifs coralliaires; chaque attolon affecte la forme d'un anneau ou d'un croissant, et renferme au centre un lagon d'eau verte dans lequel se pêche l'huître perlière.

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