SAINT-PIERRE-MIQUELON
Historique. — Après la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492, et pendant qu'au xvie siècle l'Espagne fondait d'immenses et riches colonies dans les parties centrales et occidentales de ce vaste continent, les Français, de même que les Anglais, portèrent leurs efforts vers l'Amérique septentrionale. En 1-494, Jean Cabot, Vénitien au service de l'Angleterre , découvrit Terre-Neuve et le Labrador. En 1524, le Florentin Verrazzan i , envoyé par François Ier, s'emparait de Terre- Neuve et explorait les côtes du Canada ; dix ans après, Jacques Cartier, de Saint-Malo, remontait le fleuve Saint- Laurent.
Mais c'est en 1608, avec la fondation de Québec, par Champlain, que commence la colonisation du Canada ou de la Nouvelle -France, tandis que nos voisins créaient la Nouvelle -Angleterre un peu plus au sud. Les explorations des missionnaires français et de Cavelier de la Salle (1680) ajoutèrent au Canada les bassins des grands lacs et la vallée du Mississipi, qui reçut le nom de Louisiane en l'honneur de Louis XIV.
Au commencement du siècle dernier, les colons français, au nombre de 30 à 40 000, occupaient donc en Amérique un territoire six à huit fois plus vaste que la métropole; c'était trop peu de compatriotes en présence des Anglais, déjà beaucoup plus nombreux dans le voisinage. Aussi les guerres d'Europe leur furent- elles funestes.
Dès 1713, le traité d'Utrecht nous enlevait Terre-Neuve, l'Acadie et les terres de la baie d'IIudson , et en 1763, le traité de Paris donnait à l'Angleterre le reste du Canada, ne nous laissant que les deux îlots de Saint- Pierre et Miquelon, avec un droit exclusif de pèche sur les côtes nord et ouest {côtes françaises) de Terre-Neuve.
Toutefois il est bon de remarquer que si le Canada ne nous appartient plus politiquement, si les Anglais y sont aujourd'hui trois fois plus nombreux que les nôtres, la population des provinces de Montréal et de