LJL POLITIQUE ET LA LOI
rite, tels que les outrages envers les fonctionnaires ou agents de la force publique et la rébellion. — Des faits moins graves dans Tordre moral, quoiqu'ils conduisent souvent à tous les délits, comme les contraventions aux lois et règlements sur les douanes, les contributions directes et les forêts ont éprouvé aussi un accroissement de 19 et de 13 0/0. »
Tout ce passage est bien clair. C'est l'autorité qui se désorganise. On est dans un état de choses où il est fait usage, avec une égale incohérence et une même faiblesse nerveuse, de l'arbitraire ancien comme de la liberté qu'on essaye de réacclimater. C'est la réunion de ces éléments explosifs qu'on tentera d'annuler par la guerre do 1870 et qui se retrouveront sous la Commune.
Cette Commune a été réprimée. N'est-elle pas revenue ? Ne cherche- t-elle pas du moins à refleurir, tantôt par l'emploi savant des ressources légales, tantôt par la menace et par la préparation de journées révolutionnaires? Je ne discute pas sur ce point. Mais chaque fois qu'on voit quelque orage politique poindre à l'horizon, les mêmes gens arrivent, comme certains animaux qui viennent de loin quand ils sentent un corps en décomposition. Chacun se difc : J'ai rencontré de ces figures qu'on ne voit jamais ; d'où est-ce que ces gens-là peuvent bien sortir ? — Pareille phrase a été prononcée par bien des Parisiens qui s'étaient promenés en curieux sur la place de la Concorde, lors de la dernière élection présidentielle.
Mais dans les ' intervalles même les plus paisibles en apparence, les violences les plus épouvantables sont approuvées et louées publiquement dans des journaux que protège ou que tolère la loi. « Nous avons crié victoire quand la nouvelle de l'exécution de Watrin nous est parvenue... ; rexôcution de Decazeville est une
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leçon... 1 )) Il paraît que c'est là, sous la loi actuelle, Vexpression d'une « opinion » politique. Et Torgane de cette « opinion » s'intitule : Le Cri du Peuple * /
En tout cela cependant Ton peut dire à la rigueur que la politique n'est qu'une occasion. Il y a des cas où une certaine politique est la cause de désordres moins violents, mais plus continus ou plus renouvelés. J'en indiquerai seulement quelques-uns et de ceux que tous les hommes réfléchis s'accordent à reconnaître.
Tout parti politique a une clientèle à suivre ; non seulement il la flatte et par cela môme la corrompt, comme disait Platon dans le Gorgias ; mais en mainte circonstance il l'aide à se soustraire à la loi. Voici longtemps que les hommes appliqués à faire de la bMine et vraie politique se plaignent de l'énormité des fraudes. Ils s'en plaignent à juste titre dans l'intérêt du trésor public : nous avons le droit de nous en plaindre ici dans l'intérêt de la moralité. Tous les individus qui fraudent ne sont pas des contrebandiers, et tous les contrebandiers ne sont pas des assassins, pas plus que tous les braconniers. Mais beaucoup de fraudeurs se servent des contrebandiers, beaucoup le deviennent eux-mêmes. Beaucoup aussi se familiarisent avec le vol et, qui plus est, avec le faux*. Or, à quoi donc, de tous les côtés, a-t-on pu attribuer cette recrudescence de fraude, sinon
* Voyez annexes au procès-verbal de la séance du Sénat du 13 novembre 1888.
Voyez plus haut ce que nous avons dit des fraudes dans le département de l'Hérault, p. 112.