CONCLUSION
Dans le premier chapitre de ce livre. Je me suis scrupuleusement borné & dire et à expliquer mon sentiment sur notre situation au Tonkin et dans TAnnam. Je voulais, à tout prix, éviter de me prononcer sur le fond de la question, pour ne pas réveiller do douloureux souvenirs.
Apprenant quo jo suis à la veille do publier cot ouvrage, un hommo politique, qui partage mes craintes sur Tavenir do notre occupation tonkinoise, m*a pour ainsi dire mis au défi de € dénoncer U ou le$ responsables de notre expédition dans les pays de i'Annam »?
c Oserez-vous cela? » m'a-t-il dit, me laissant un peu trop naïvement deviner sa secrète intention. Certes, oui, j'oserai, et, pour le prouver, je déclare sans hésitation :
Les coupables sont tous ceux^ sans exception, qui ont occupé le pouvoir et dirigé la politique extérieure de la France depuis 1872 Jusqu'à ce jour.
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Est-ce net? Est-ce là ce que voulait savoir mon curieux interlocuteur? Sommcd-nous sur ce point <lu môme avis? Je vais m*expUqucr le plus rapidement et le plus clairement possible.
Vers la fin de Tannée 1871, M. Senez, capitaine de frégate, mon camarade de promotion à l'école, qui commandait le Bourayne, pénétrait dans le fleuve Rouge avec son navire et remontait jusqu'à Hanoï. Avec une faible escorte, il se rendit de là à Bac-Ninh, oii il eut alTaii-e c à une meute aboyante de 150 à 200 vauriens do l'armée chinoise munis de lances, fusils et revolvers ». En novembre, il rencontra dans le Cua-Cam, à llalphong, M. Dupuis, qui, avec sa fluttille, s'apprêtait à i*emonter le fleuve Rouge et réclamait l'appui d'uno canonnière. Le commandant du Boumyne ayant rendu compte de son expédition à son ministre, l'amiral Potluiau, cet ofllclcr généml écrivit au gouverneur do la Gochinchine : c II peut y avoir des inconvénients à ce que notre pavillon couvre une ontivprise de ce genre. Le gouverneur appréciera donc s'y a lieu de mettre une canonnière à la disposition de M. Dupuis. » Cette absence de résolution personnelle du ministre de la marine de 1872 a été la première des fautes commises, elle est Vorigine de Vcxpédition du TonkinI S'il avait envoyé des ordres formels, donnés une fois pour toutes, très carrément, très catégoriquement, M. Chappedelaine, écoutant les conseils de
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M" Puginier qui promettait l'appui deOOOO catho* liques» n'aurait pas 08<S écrire au quai d'Orsay : € SI avec de faibles ressources il est possible d'assurer à la France une colonie de 15 millions d'habitants dont 500 000 chrétiens, ne mériterait-on pas le reproche de timidité?... » En même temps que le omsul de Canton, le 28 Juillet, ramiral Dupré réclamait l'autorisation le faire un coup de main. Pour cela, il ne demandait pas de renforts. Il consentait même à s'exposer, en cas d*échec, € à un désaveu, à un rappel, à la perte de son grade ». Et cependant Tamiral Dompieire dllomoy, ne voulant pas céder aux suggestions de son camarade, lui avait précé« demmcnt écrit le 24 mai : c Sous aucun prétexte n'engagez la France au Tonkin. >
F. Garnier lui-môme, le 8 septembre 1873, faisant part & son frère des projets de son chef, s'exprimait en ces termes précis : € L'amiral est en train do s'engager dans une voie bien dangereuse, celle d'une expédition année, »
Comment se fait-il donc que, im mois aprèê^ lo 8 octobre, ce môme F. Garnier, dans une nouvelle lettre adressée à son frère, était autorisé h lui déclarer : € J'ai carte blanche. Uamiral s'en rapporte à moi. En avant donc cette vieille France! »
Le 5 novembre, en efTet, il arrivait & Uano1,et, le 10, il écrivait à un ami : « Il n'y a qu'un coiij) d^éclat qui puisse rétablir le j^restige et Vautorité dont je suis
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entouré. Ce coup d'éclat^ j'y suis décidé. Le 15 no* vembre, j'attaquerai avec nos 180 hommes la cita* délie, j'arrêterai le maréchal N'guyen et je l'en* verrai à Saîgon sur un des bateaux de Dupuis. »
Ne croit-on pas rêver? Le prestige, l'autorité de M, F. Gamier t rétablir!.. Voil^ le but... Il suffira d'un coup d'éclat pour cela. C'est le drapeau de la France, ce sont nos soldats qui seront employés à cette besogne I Et le gouvernement laisse faire.
Comme il l'avait annoncé, ce bouillant officier, le 20 novembre au matin, s'empare par surprise de la citadelle d'Hanoï, et il annonce son triomphe de cette étrange et laconique façon :
c Pas un blessé. La surprise a été complète. C'est une opération modèle (sans me vanter). »
Alors commence une véritable invasion du Ton* kin. Avec des petites troupes de 15 à 20 hommes, tous les camarades du vainqueur pénètrent dans les villes, s'emparent des citadelles... Pendant ce temps, que fait le gouvernement? Il ne dit mot! Son silence est un encouragement pour les vainqueurs. Les conquêtes se poursuivent toujours avec le même bonheur! Mais, hélas! au milieu des bonnes nou* velles survient, pareille au spectre du Commandeur, l'annonce de la mort de ce malheureux Francis Gamier I Le 21 décembre 1873, il avait donné imprudemment h, Phu-Hoa'i dans une embuscade de Lun- Vinh-Phuoc, chef des Pavillons-Noirs. Il avait été
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victime de ton courage et de ton excès de con* fiance en sa bonne fortune!
Le gouvernement ne pouvait plus dès Ion rester spectateur! Il fallait venger la perte d'un officier français!.. On négocia. De là sortit la convention Philastre, signée le 15 mars 1874, entre la France et TAnnam. Nous nous installions pacifiquement à Hanoi. L'invasion recevait une première légalisation officielle par notre occupation restreinte et bien déterminée, en vertu de la convention du mois de mars!
c L'enfantement a été pénible, » écrivait l'amiral Duperré, successeur de l'amiral Dupré, en parlant de ce document diplomatique.
Gomment se fait-il que ni ordres, ni instructions, rien en un mot n'ait pu arrêter l'élan de nos officiers, de 1872 à 1874? Gela s'explique bien naturellement.
Tous les ministères qui se sont succédé pendant cette période laissaient faire^ dans l'espoir de recueillir les avantages do succès éventuols et faciles d'ailleurs. Ils n'approuvaient rien officiellement, c'est vrai, mais ils ne prenaient aucune mesure pour se faire obéir. Ils acceptaient successivement tous les faits accomplis. C'était chose commode : on n'avait qu'à enregistrer des victoires ! On n'avait nulle préoccupation de l'avenir! Les événements continuèrent à se dérouler de la sorte jusqu'à l'arrivée du commandant H. Rivière à Hanoi, en 1882. En vertu de
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la convention de 1874, nous occupions militaire» ment la ville, mais les soldats annamites tenaient gami»on dans la citadelle. Cette situation anormale n'était pas sans inquiéter le nouveau commandant. Dès la prise de possession do son gouvernement, H. Rivière résolut de mettre fin à cette double occupation insolite. Il avait absolument raison de penser de la sorte. Mais comment procédcrait-il pour cela? Userait-il de la force? C'était le seul moyen qui fût & sa disposition, car la France avait, à Hué, un chargé d'aflaires ayant seul qualité pour trancher la question pacifiquement, je veux dire par la voie diplo' matique.
Ordre formel fut donné au commandant H. Rivière c de ne pas agir militairement ».
De son côté, M . Rhcinart, notre représentant auprès de la cour de Hué, était muni d'instructions pour traiter avec l'empereur du désarmement de la citadelle d'Hanoi. Les négociations étaient entamées; elles allaient aboutir, lorsque, soudain, arriva dans la capitale del'Annam et en France la nouvelle du bombardement et de Tassant de la citadelle : H. Rivière, jaloux des succès de F. Garnier, rompant brutalement l'action diplomatique, transgressant tous les ordres reçus, avait, lui aussi, tenté son coup de main.
Le succès avait couronné son audace, comme il avait couronné celle de Garnier. L'amour-propre na-
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Uonal fût satisfait en France» et le ministère béné* ficia d*une nouvelle victoire. Nul ne songea certes à blâmer un chef désobéissant, mais heureux.
Qu'eût-on lait cependant s*il avait été repoussé et s'il avait désastreusement compromis la vie de ses soldats» l'honneur du drapeau ?
. Si j'en juge par l'émotion qu'a causée plus tard l'échec de Bac Lé, je puis bien affirmer que H. Rivière eût été impitoyablement et très |u8tement traduit devant un conseil de guerre dont tout le monde eût réclamé les plus extrêmes rigueurs.
Il a donc suffi à H. Rivière de réussir d'abord et de succomber quelque temps après, à la même place que F. Garnier, le 19 mai, attiré, lui aussi, par Lun-Yinh-Phuoc, pour devenir un héros légendaire^
C'est là la consécration absolue de la thèse : c La fin justifie les moyens. » A la nouvelle de la mort de ce brave officier, un cri d'indignation, de ven* geance retentit d'un bout à l'autre de la France* Nous devions venger nos soldats lâchement assassinés. Les coupables n'étaient pas les envahisseurs^ ceux qui avaient sans raison violé les traités exis-* tants, mais bien les envahis^ ceux, en un mot, qui subissaient scrupuleusement la loi du vainqueur, conformément aux conventions établies! On a peine à croire pareilles choses!
Le gouvernement essaya-t-il de ramener le publie à la saine raison? Allons donc! Il aurait risqué d'y
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perdre sa popularité et d'être renversé. Il se laissa aller prudemment au courant, sans chercher à lui résister. Il demanda des fonds au pays; la Chambre les vota; et on expédia des renforts. La conquête firanchit une nouvelle étape. Rien ne pouvait plus désormais nous arrêter. Âpres Hanoi, nous avons eu Sontay, et Bac-Ninh... Après Bac-Ninh, Bac-Lé... puis Lang-Son!.. Enfln le traité de Tien-Tsin, dont c l'enfantement » a été aussi « pénible » que celui de la convention do 1874.
Et comme résultat final : l'occupation définitive sous l'administration civile de M. Paul Bert!
Et maintenant, je le demande à quiconque veut raisonnjiblement chercher & établir les responsable lités de l'expédition du Tonkin : Est-il un seul gouvernement, depuis 1872 jusqu'à ce jour, qui n'en ait assumé sa part? Celui môme que nous avons actuellement pourratit-il, en cas de malheur, avoir la prétention d'y échapper? Que fait-il autre chose que celui que l'a précédé ? Et n*a-t-il pas eu déjà, lui aussi, ses petits déboires? Ah\ si les accidents survenus à la commission de délimitation des frontières s'étaient produits il y a seulement trois ans, aurait-il été de force à y résister? Je jure bien que non. Mais, aujourd'hui, nous sommes condamnés à la tolérance, à l'immobilité, et le gouvernement bénéficie de cette atonie générale des esprits et des cœurs. Je souhaite que nous ne soyons pas, malgré tout.
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contraints de changer de système! Mais qu'on ne nous parle plus de tel ou tel plus ou moins respon* sable! Nous avons mieux à foire qu'à rechercher celui-là. Je suppose que personne ne m'accusera de n'avoir pas assez osé. Pourvu qu*on ne m'accuse pas d'un excès de loyale et honnête franchise I !... Un de nos hommes politiques les plus éminents me faisait l'honneur de m'écrire, il y a quelques jours : c Cherchons ce qui peut nous rapprocher, au lieu de nous occuper de ce qui nous sépare. »
Ce langage est la sagesse même. C'est le meilleur exemple à proposer aux républicains, hélas! bien divisés, sur toutes sortes de questions et notamment sur celle de l'expédition tonkinoise.
Que, dans le premier moment, sous le coup d'une cuisante douleur causée par une blessure, certes inattendue et faite à notre amour-propre bien plus qu'à la patrie elle-même; que, sur l'annonce d^ l'échec de Lang-Son, un immense cri irréfléchi de réprobation, d'indignation impossible à contenir soit spontanément sorti de toutes les poitrines françaises, comme il en était sorti après la mort de Rivière, cela s'explique, cela s'excuse, étant donné notre tempérament national, étant connues notre vanité et notre sensibilité pour tout ce qui touche à notre drapeau.
C'est là une de nos chères faiblesses dont nous aurions garde de rougir; c'est en même temps une
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force considérable, puisqu'elle prend sa source dans un sentiment d'honneur que nous devons entretenir avec uno constante sollicitude.
Mais» comme tout excès, la prolongation exagérée d'un tel état mental devient nécessairement nuisible; or je le vois subsister avec une dangereuse ténacité chez certains, dont le nombre, il est vrai, -diminue chaque jour. Ni le temps, ni la réflexion, pas môme le souci des intérêts de la République ne sont par>'enus à les calmer. L'Intolérance est restée leur moyen, et ils ne cessent de déclarer que la Liberté est leur but. A quelles erreurs restent-ils ainsi exposés? S'emparant de cette thèse que c les paroles languissantes ne persuadent jamais », ils usent de tout ce que peut loger de petitesses, de doctrines équivoques, leur esprit, qui s'est fait spécialement hospitalier pour la circonstance. Ils ne daignent môme plus chercher à persuader. Contraindre leur est plus commode. Rapprocher leur serait nuisiljle. Diviser leur est plus avantageux. Leur conscience leur crie-t-elle : Faites impartialement la lumière, aussitôt leui*s mauvaises passions leur conseillent la violence. Véritables êtres amphibies, ils mettent leur talent au ser>'ice de leurs basses rancunes et ils n'hésitent pas h étaler toutes leurs platitudes devant les frêles attraits d'une popularité passagère. Inconsciemment, glissant sur cette pente malsaine, ils en arrivent un jour (i compromettre
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jusqu'à la probité de leur esprit, qui s'est fkit accommodant pour pallier, tronquer, dénaturer tout argument susceptible de contrarier leurs vues. Altérer les fiiits n'est plus une friponnerie, c'est de l'habileté, c'est un moyen de servir $a cocarde.
Encore si ces procédés stériles avaient pour excuse une douleur irrésistible causée par une blessure immédiate, par une plaie béante I Mais comme ils ' sont coupables et, en l'état, peu patriotiques, puisque la blessure est ancienne, que le temps a cicatrisé la plaie et qu'il ne s*agit plus que de guérir une maladie suivant son cours I
' En ce cas, n'est-il pas préférable de la diagnostiquer avec soin, d'en suivre les phases diverses avec calme pour en combattre les progrès, pour arriver enfin à la guérison, sans s'attarder à maudire, à accuser celui ou ceux qui ont engendré le mal. Ne vaut-il pas mieux abandonner cette peu enviable besogne à ceux qui ne reculent devant aucune manœuvre pour détruire la République! N'est-ce pas la France qui est engagée au Tonkin? N'est-ce pas la France qui serait atteinte si nous y éprouvions un désastre?
Je me rappelle Gambetta, dans la salle des Pas-Perdus, apprenant de Laurier, son ami, la défaite de Wœrth. c J'aimerais mieux, s'écria-t-il aussitôt, dix ans d'Empire que la confirmation de cette nouvelle. 1 G*était un enfant de la Franco, celui-là , un
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des plus grands y celui qui, parmi tous, Faima d*un amour incomparable 1 Aussi restera-t-il étemelle* ment comme le type le plus accompli du patriote 1
Pourquoi, suivant son exemple pour le Tonkin, commo pour toute autre circonstance analogue, les républicains no foraient^ils pas tairo leurs senti* monts poraonuolm, ayant toi\]oui*s ot uni(iucmont pour objectif < rint<iiHît do la Franco », ot |)our moyens c la Concorde ot la Liberté » .
Et la Liberté put-elle jamais subsister sans la Justice?
Poursuivi avec racharnementque Ton sait par ses détracteurs, Mirabeau leur jetait à la face, le 24 octobre 1791, ce court déA inspiré par une Àme honnête :
« Je sais que j*ai tout promis, mais ai-je promis autre chose que de servir selon mes principes. »
Pour rhoi\neur de mon pays, je veux croire que tout homme politique qui, depuis l'origine de Texpédition dans TÂnnam, a fait partie du gouvernement, serait en droit de faire hautement de semblables déclarations!
Ainsi donc, trêve aux récriminations! J*ai été hostile à l'action militaire de la France dans le Tonkin. Je regrette Toccupation par nous de ce pays, telle que nous voulons la pratiquer. Mais je ne veux plus m'arrêter & nier la bonne foi, la loyauté , ni les intentions de qui que ce soit.
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Ce que J'appelle de toua mes vœux, de toat mon cœur de FhmçftiSy c*est la discussion calmoy rexamcn approfondi, sans parti pris, d'une situation déclarée excellente par les uns, Jugée détestable — je suis de ceux-ci — par les auti*es.
Tant qu'on no s'occupera pas exclusivement dos ehoHi laissant do otUé los }»0i*iohm0ji, on n'urrivora pas à fairo la lumièro. Hn un mot, on no parviendra pas h savoir s'il faut poursuivre l'œuvro commencée ou en faire le sacrifice soit complot, soit limité. J*avouo que, moi-même, malgré mes convictions très arrêtées, mais méjugeant humblement faillible, j'en suis arrivé à me diro souvent, après avoir honnêtement interrogé ma conscience : qui sait si, les Français se trouvant réunis dans une pensée com« mune de concorde et d'amour, en vue des intérêts do la Patrie, Yaventure tonkinoise, comme disent les pessimistes, ne tournerait pas à notre avantage?
Mais comment en décider dans l'état de division que les répubUcains eux-mêmes perpétuent par leurs polémiques ardentes, par les débordements de leurs haines réciproques, partant par leur oubli constant et coupable de la France!
Ne mettrons-nous pas fin à une crise si pleine de périls et si déshonorante pour ceux qui l'entretiennent?
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Pour ce qai regardo la Gochinchine^ si Ton se dik^ide & agir sans retard et avec énergie, tout peut se simplifier, à notre plus grande satisfaction.
Il ne dépend que do nous d*en faire une colonie française admirable, pouvant rivaliser avec les plus riches colonies anglaises et hollandaises do TÂsie,
Pour ce faire, il no nous (hut qu*obéir & ce que lo plus simple bon sens nous indique. Quiconquo voudra redonner la pcincdo rcganlcrlacartcderindo Chine, et de se rendre compte ainsi do la situation que la Cocliinchine y occupe, comprendra tout do suite que, i-soléo du Cambodge, notre colonie n*est à proprement parler qu'une expression géographique, dont nous nous serions embarrassés bien mal à propos.
Je soupçonne M. Gh. Thomson, (i cause mémo de la convention qu'il a conçue en 188i, convention que j*ai critiquée avec tant d'autres, d'en avoir jugé ainsi. Ses amis le disent fort intelligent et énergique à la fois. Je n'ai pas l'honneur de le connaître ; je n'ai donc aucune raison de douter de ce'qui m'a été afllrmé, h son égard. Et j'ajoute que sa convention de 188i me donnerait lieu, au contraire, d'en Otre convaincu. Je m'explique : cet acte n'a pu être le produit d une simple fantaisie sortie du cerveau do s^n auteur. Il lui a été inspiré certainement par