TOUT CRÉANCIER DE L'UN DES COPROPRIÉTAIRES
Cela est tout à fait clair. Qu'un membre quelconque de la communauté, imprévoyant comme le sont tous les individus vivant dans le régime communautaire, vienne à s'endetter vis-à-vis d'un usurier quelconque, celui-ci deviendra immédiatement le maître de bouleverser la condition d'une famille ou même d'une tribu entière, en lui faisant partager ou vendre à vil prix Vensemble de ses biens, par autorité de justice et avec des frais considérables. Voilà ce qu'on appelle le correctif de l'article i de la loi 1873 ! Qu'y a-t-il donc de changé en définitive? La procédure ; elle est réglée en 9 articles dont la complication so prête à toutes les ruses et à toutes les chicanes. Aussi, je n'hésite nullement à dire que cette loi de 1887, comme celle de 1873, est conçue dans un esprit maladroitement hostile à Tordre social indigène, qu'elle prépare et facilite la ruine et l'éviction des Arabes par rapport à la propriété foncière, et qu'elle fera d'eux une masse flottante de prolétaires misérables et dangereux. Dès lorsl'Algérie méritera pleinement le nom d'Irlffurlr frr(nraisr (ju'on lui a déjà appliqué (1). Seulement, la terre algérienne, au lieu de se condenser aux mains de quelques gros propriétaires français, passera entre les griffes des usuriers juifs ou chrétiens. Et telle est, en etfet, la déplorable évolution qui se continue à Theure actuelle, en dépit ou plutôt à la faveur de la loi de 1887. On Ta constaté publiquement au Sénat : « Quand nous avons substitué à la propriété indéterminée, indéfinie, les titres de propriété personnelle, qu'est-il arrivé? Ils se sont nantis de ces titres de propriété, et, au premier besoin d'argent, ils ont cédé leurs
(1) V. p. Lcroy-Beaulieii, qui aperçoit fort bien cette éventualité tout en approuvant les lois de 1873-1887 et les mesures analogues!
l'échec de la colonisation française en ALGÉRIE. 471
titres contre quelque menue monnaie » (Dide, Disc, au Sénat, 26 février 1891.)
Nos procédés de colonisation tendent d'ailleurs vers le même résultat, cela est à noter. Les propriétaires absents, fort nombreux, ne sont pas autre chose que des laudlords, maîtres d'une vaste terre qu'ils font cultiver par des ouvriers ou des métayers indigènes, et dont ils exportent le revenu. Les petits colons eux-mêmes, bien souvent, arrivent à en faire autant : ils sous-louent leurs terres aux xVrabes et vivent dans les villes. D'autre part, on peut se demander encore ce que deviennent les concessions totalement abandonnées par les colons européens. Selon M. Pauliat (Disc, au Sénat, 2(> février 1891), ces concessions « sont vendues à un usurier, lequel en pareil cas s'empresse toujours de les louer à des indigènes ». Au fond, c'est toujours le même résultat. L'indigène dépossédé revient comme exploitant misérable sur le sol dont il était autrefois le seul maître. N'est-ce pas là le pur type irlandais?
Voilà pour l'indigène : voyons maintenant ce que l'administration a fait pour le colon.
m. LA COLONISATION ADMINISTRATIVE FOURNIT PEU DE COLONS,
ET LES ENTRAVE PLUS QU'eLLE NE LES AIDE.
Pour coloniser, c'est-à-dire pour fournir de nouveaux exploitants à des terres inoccupées ou incomplètement occupées, il faut qu'un peuple possède une force expansive qui pousse au dehors une partie de chacune de ses générations. Cette force provient exclusivement de la constitution sociale de la race. Le malheur est que nous ne possédons pas cette force sociale nécessaire. En voici la preuve.
De tout temps, il a été excessivement difficile de trouver pour l'Algérie des colons dignes de ce nom. 11 est vrai que pendant longtemps l'autorité militaire, qui tenait le pays, s'attacha à décourager les initiatives, afin de rester seule maîtresse de la place et d'éviter des responsabilités nouvelles. C'est même de là
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qu'est sortie la fameuse conception du « royaume arabe », formée par le second Empire. Mais il n'en a pas toujours été de même. A diverses reprises depuis le début du régime de Juillet, le Gouvernement a voulu « coloniser » l'Algérie. Pour y réussir, l'administration se vit réduite à demander des colons à tous les échos. Elle en trouva de deux catégories.
La première était composée de quelques personnes bien eu cour, qui se faisaient concéder gratuitement, ou à peu près, de vastes étendues de forêts ou de terres labourables. A côté d'elles, un certain nombre de capitalistes, voyant dans le bas pri.x des terres et de la main-d'œuvre une occasion de bon placement, eurent l'idée d'acquérir également des latifundia, exploités par des ouvriers et métayers indigènes sous la direction d un agent européen. C'étaient là peut-être autant d'opérations fructueuses , mais non pas de la colonisation. La race indigène, soumise uniquement à l'action de quelques régisseurs âpres et exigeants, n'avait aucune occasion de se transformer et de s'assimiler. Et , d'autre part, on ne peut appeler colon un individu parce qu'il a pu se faire donner, ou acquérir à vil prix, un domaine qu'il visite à peine, et dans lequel il ne résidera jamais (1). Notons bien que cette catégorie de faux Algériens est nombreuse. Tout récemment M. Mauguin, sénateur d'Algérie, disait au Sénat (séance du février 1891) : « Vous possédez plus de biens en Algérie, Messieurs delà France, que nous Algériens ». 11 ne s'agit donc pas là de faits isolés, peu importants, mais bien d'un ensemble de circonstances constituant tout un côté de la situation.
Ces propriétaires absents n'ont pas même servi, ou du moms fort peu à développer la colonisation véritable. Les quelques intendants et spécialistes qu'ils ont envoyés sur leurs domaines pour en diriger la mise en valeur ne sont restés dans le pays que par exception. Dès qu'ils ont réalisé des économies, ils reviennent au pays, près des leurs.
11 n'était pourtant pas impossible de trouver en France un
,n 11 est bon de noter que les économistes recommaj.denl beaucoup l absentéisnuv V ^i.. . erfv.B".uUeu, p. 349. Il est vrai que, par une contradiction s.gn.f.cat.ve , ds en constatent nettement les dangers. {md.,v 70 et 101.)
certain nombre de familles propres à fournir des colons, parmi les populations agricoles des régions naturellement pauvres, ou accidentellement appauvries par un fléau quelconque. Mais pour choisir, amener et diriger sur place do tels colons, il faut nécessairement un intermédiaire, car leur misère les paralyse et les retient fatalement dans le pays où, pourtant, ilà réussissent à peine à subvenir à leur existence : ils ne peuvent le quitter faute de moyens. Cet intermédiaire, c'est, dans Tordre naturel des choses, un colon riche et capable, ayant besoin de main-d'œuvre et l'appelant à ses risques et périls. On peut penser que, dans ces conditions, il mettra tous ses soins pour éviter les non-valeurs, et qu'il choisira avec grande attention parmi les familles les plus recommandables et les plus capables de réussir sous sa direction.
Mais, nous le remarquions tout à Theure, ces patrons agricoles ont toujours manqué à TiVlgérie, car c'est là un article d'exportation que la France ne fournit guère. Il fallait donc les remplacer, et l'administration a pris leur tAche à son compte. Voyons comment elle s'en est tirée.
Le premier fait qui nous frappe est celui-ci. Lorsque les pouvoirs publics se mêlent de coloniser, ils procèdent par masses, et en se préoccupant avant tout des vues et des besoins administratifs. Cela est d'ailleurs très naturel, et on ne peut faire un reproche aux fonctionnaires de songer aux difficultés de leur tâche et aux exigences de leur responsabilité. Mais il résulte de là des conséquences souvent singulières. C'est ainsi qu'en xVlgérie, afin de mieux gérer et protéger les colons qu'elle amenait par fournées, l'administration les a groupés, on pourrait presque dire par([ués, dans des villages agglomérés, construits par elle. Ils se trouvaient ainsi logés, parfois, à cinq ou six kilomètres de leurs champs!
En second lieu, les colons recrutés par l'administration sont tous, ou presque tous, fort dénués. Il faut les transporter, les nourrir, leur faire des avances en outils, semences, plants, etc., leur bâtir des maisons. Tout cela coûte fort cher au contribuable français. Un correspondant occasionnel d'un grand journal parisien, homme qui paraît fort au courant des choses algériennes, résumait ainsi récemment les efforts faits en ce sens : ce L'année
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1849 a marqué l'apogée des prodigalités en xVlgérie. Ou donnait alors aux émigrants vingt hectares de terre, une maison de deux pièces, une cour de six ares, un jardin de trente ares, un bœuf, la moitié d'une charrette, la moitié d'une charrue, la moitié d'une herse et la nourriture pendant trois ans. Il en est venu dix mille d'un coup. Seulement, (jU(f)ul les (llstribxitions de vivres ont cessé, Iff plupart sont repartis. Nourris à ne rien faire pendant trois ans, le cœur leur a manqué quand il a fallu se mettre au travail.
« Ces folies de n'ont jamais été entièrement renouvelées depuis; cependant l'État n'a pas cessé d'entretenir les émigrants, dans la pensée (ju'ils avaient le droit de compte)' sur son concours. AujouriVIiui encore , il leur concède gratuitenient la terre (1).
En réalité, on fait mieux que donner des terres aux colons; la plupart du temps, on leur fournit des avances remboursables, sous forme de maisons, d'instruments, et même d'argent comptant, toujours au frais des contribuables français. Chaque année, en effet, une subvention de 2.800.000 francs est inscrite au budget métropolitain pour étendre la colonisation française en Algérie, et l'on doit imputer sur cette somme des avances qui se coml)inent avec des concessions gratuites de terres.
Voilà qui donne déjà à rélléchir. Mais, — fait l)ien phis caractéristique, bien plus extraordinaire encore, — même à ce prix, r admin istration ne peut trouver assez de colons français j^our occuper toutes ses concessions. Elle est obligée de les attril)uer le plus souvent à des Algériens, c'est-à-dire à des Européens établis déjà depuis longtemps. «Qu'un Algérien, dit M. Paiiliat (Disc, au Sénat, 26 février 1891), ait un lîls qu'il tienne à établir, il sollicite pour lui une concession et il lui fait obtenir 30 à iO hectares. »
Voilà une bonne et frappante démonstration de notre impuissance colonisatrice. Ce n'est pas assez d'installer le père, à prix d'argent, sur le sol algérien, il faut encore que le Gouvernement
(1) Le Temps, SOmars 1891.
place les enfants, les dote et les établisse. C'est aussi de la communauté cela, mais de la communauté en très grand, exercée par rintermédiaire de TÉtat, dispensateur général des places, des grâces et des faveurs.
Quoi qu'il en soit, cette colonisation lente et imparfaite nous coûte fort cher (GO millions en dix ans pour 15.000 émigrants, dit M. de Lanessan). Chose plus grave, elle ne réussit pas. Beaucoup de colons abandonnent leur concession avant de la mettre en culture. D'autres parviennent à vivoter jusqu'à Texpii atioii des délais imposés pour Tacquisition de la pleine propriété du sol et des bâtiments; dès qu'ils ont le titre en main, ils louent leur terre â des métayers indigènes et vont vivre à la ville (1).
Du reste, l'administration elle-même provoque ces pertes par les erreurs qu'elle commet. En matière de colonisation, « si Ton avait une statistique des échecs éprouvés, je suis sûr qu'on serait stupéfié, dit M. Pauliat (Disc, au Sénat, février 1891)..- Les échecs, en effet, ne se comptent plus ; le nombre est grand des centres de colonisation qui ont complètement avorté. Tantôt c'est que les emplacements ont été mal choisis, tantôt c'est qu'ils ont été créés dans les régions où le sol manquait de qualités agricoles... A ïamda, la commission de colonisation a placé le centre dans un endroit où les indigènes eux-mêmes ne peuvent pas vivre, tant la fièvre y est violente... On trouve dans cette région un autre centre, du nom de Tréha : quand il a été entièrement construit, on s'est aperçu qu'il manquait d'eau potable. On se disposait à construire un aqueduc de 7 kilom. pour en faire venir, lorsqu'un glissement du sol se produisit; M. le gouverneur général a décidé que ce centre serait entièrement reconstruit ailleurs, et que Tancien serait totalement abandonné. A Haut-Sebaou, emplacement choisi en 1888, c'est la même chose, le sol est tellement glissant que les maisons s'écroulent... A ïigzif, les lots de culture sont à six kilomètres du centre. »
Etant donnés ces procédés, il est aisé de prévoir le résultat :
(c Dans l'arrondissement de Batna, sur quatre centrés créés,
(1) Le fait a été constaté pai M. ïirnian lui-même. V. P. Leroy-Beaulieii, p. 8G, note, (H le discours de M. Tirmau an Sénat, 26 février 1891.
LA SCIENCE SOCIALE
Ain-Toutat n'a gardé qu'un seul colon, tous les autres sont partis; ce centre avait coûté cinq ou six cent mille francs. A Aïn-Yagout et à Aïn-Ksar, les centres ont cessé d'exister. Serianah seul me paraît appeler à subsister, et encore n'est-ce-pas certain... On trouve des exemples pareils dans toutes les parties de rAlgérie... (Palliât, Disc, au Sénat, 26 février 1891.) L'exactitude de ces faits a été reconnue par M.Tirman, (jui s'est attaché seulement à dégager sa propre responsal)ilité. Il est donc ])ien établi, bien prouvé aujourd'hui, que TÉtat est un mauvais entrepreneur de colonisation, et que là où il se mêle d'en faire, le résultat est misérable et ruineux h la fois (1).
Il serait d'ailleurs bien naïf de s'étonner d'une telle constatation. En pareille matière, rien ne vaut Tinitiative de l'homme qui, muni de quel(|ues avances, se décide à les porter en sol neuf pour les faire fructifier plus à l'aise. Le gouverneur général de l'Algérie Ta reconnu pul)liquement.
Selon M. Tirman, pour réussir en Algérie comme colon agriculteur, il faut posséder un pécule de 6 à 10.000 francs. (Disc, au Sénat, 26 février 1891). Or Tadministration se bornait à dépenser 4.000 francs pour établir dans ses cottages des individus sans autres ressources, bien souvent sans expérience agricole, qu'on laissait ensuite livrés à eux-mêmes. Comment pouvait-elle compter, dans ces conditions, sur un résultat satisfaisant? Elle a bien essayé, au cours de ces dernières années, d'applicpier le principe indiqué par M. Tirman, exigeant des candidats aux concessions la possession d'un pécule et d'un métier agricole ; mais aussitôt les candidats ont disparu ; on H\f ))lus trouvé de colons du tout, le jour où l'administration voulut les faire coloniser à leurs frais. iM. Tirman l'a déclaré en plein Sénat, le 26 février 1891 !
Donc, le fait est bien prouvé : la France ne colonise plus spontamhnent^ Pourquoi? Parce que son état social s'y oppose- Je n'ai pas aie démontrer ici, c'est chose faite à bien des reprises et depuis bien longtemps. En parcourant la collection de la Science sociale, on trouvera de nombreux articles qui fournissent l'ex-
(1) M. p. Leroy-Beaulieu constate que, de 1871 à 1884, 47 % à peine des familles concessionnaires sont restées sur Irurs terres (p. 100).
plication scientifique de notre échec colonial en Algérie et ailleurs.
La France, ne pouvant coloniser spontanément, essaie de coloniser adininistrativeinent. Mais alors rllc colo)} isc très médiocrement. C'est pour cela que, sur 425.000 Européens établis en Algérie, les Français ne comptaient, en 1880, que pour moitié : 220.000. Encore faut-il dire que ce chiffre n'est pas sincère. Il renferme, en effet, les Juifs naturalisés en bloc et malgré eux par Tinepte décret Crémieux, en 1870, et aussi les quelques indigènes et les étrangers naturalisés sur leur demande. Les vrais Français d'origine ne sont pas 170.000, en face de 220.000 étrangers et de 3 millions et demi d'indigènes (1). C'est-à-dire que non seulement nous n'assimilons pas les indigènes, mais encore l'immigration européenne étrangère nous submerge. Il est heureux pour nous que cette immigration soit elle-même misérable, sans guides capables et aisés, vice grave qui diminue son action. Sans cela nous ne tarderions pas à être évincés complètement de cette terre qui nous a coûté tant de dépenses et tant de sang. Après cela, on s'explique cette véhémente sortie d'un orateur qui, sous le coup d'une angoisse bien justifiée par les circonstances, s'écriait en plein Sénat : « Si dans ces conditions économiques, avec un ciel admirable et un sol fertile, l'Algérie n'était pas une colonie prospère, je ne connaîtrais pas d'argument plus terrible, ou contre l'administration française, ou contre ce (jHon a appelé la politique expansion eolon iale. » (Dide, Discours du 26 février 1891.) C'est qu'en effet cette politique n'est justifiée par aucun intérêt social profond. Elle résulte des conceptions propres et des ambitions individuelles des hommes qui dirigent le Gouvernement. Ils peuvent se faire de leurs annexions un titre de gloire personnelle, mais en fait, ils compromettent l'avenir de leur pays en lui imposant une mission qu'il ne saurait accomplir, et des charges qui sont bien lourdes pour lui à l'heure actuelle.
(1) Les Juifs indigènes sont au moins 35.000; les étrangers naturalisés, 15.000; au total, 50.000 Français non originaires. 11 faudrait tenir compte aussi de 10.000 Alsaciens chassés i>ar l'invasion, et des paysans rnéi idionaux ruinés par le pliilloxera, tous colons malgré eux. (Chiffres officiels cités par M. Tirman.j
ils LA SCIENCE SOCIALE.
Tel est le péril d'un régime comme le notre, où romnipotence de rÉtat est masquée, non pas refrénée, par un mécanisme parlementaire impuissant, parce qu'il ne repose pas sur la base solide d'une vie privée bien organisée.
Voici donc comment se pose, en résumé, le problème algérien : 1« Nous ne pouvons pas compter sur la colonisation pour assimiler Vimligène. Les colons français sont trop peu nombreux, et généralement au-dessous d'une telle tâche. Nous avons vu (ju'ils se répandent parmi les Arabes, mais chaque race reste autonome, sans trace de fusion.
•2" lyadîninistration prétend agir à la place des colons, mais elle ne réussit pas mieux. Elle fait même beaucoup plus mal, car, en s'inspirant de principes faux et en employant des moyens fâcheux, elle prépare la ruine totale de la race indigène, et nous réserve pour l'avenir les crises graves du paupérisme agraire.
\V La Fr/fure, fujanl perdu presque entièrement sa force expansive, ne peut réussir à coloniser normalement r Algérie. Elle est ol)ligéc de faire une large place à l'élément étranger qui afflue dans la colonie. Elle ne parvient même pas à s'en réserver l'exploitation commerciale exclusive , en dépit de la protection douanière et des monopoles (1).
Que pourrait-on faire pour améliorer cette situation, et surtout pour atténuer les dangers de l'avenir ? Telle est la délicate (juestion qu'il nous faut essayer de résoudre.