DES CORPS FRANCS
Une des mesures les plus prudentes du gouvernement belge « c i^t d'avoir organisé en temps de paix un bataillon de partisans: nous devrions profiter de cet exemple.
Si ces corps détachés sont éminemment propres i la déiénse de
certaines frontières, comme les Alpes, le Jura, les Vosges, les forêts de la Lorraine, oe genre de service conrient bien plos encore à l'activité, à l'adresse et au caractère des Français ; sous tous les rapports, ces bataillons de partisans seront très redoutables à Tennemi.
L'empereur en 1813 avait négligé l'organisation des corps francs, ainsi que l'armement des places et des gardes nationales; il en fut autrement en 1815. Les départemens de l'est se rappellent avec enthousiasme le mal épouvantable que firent, en peu de jours, i l'ennemi les corps francs de la Meurthe , é^ la Moselle, des Vosges et de la Meuse commandés par le colond Viriot et d'autres officiers que nous avons nommés ailleurs.
Le combat de la Sarre où 600 de ces braves arrêtèrent pendant six heures l'armée bavaroise, les combats deHanen, de Scheppidel, de Magny et surtout la lovée du siège de Longwy sont des faits d'armes qui prouvent tout ce que l'on pourrait attendre de tels corps dans une grande guerre.
Le prince de Wrède qui commandait les Bavarois fut tellement irrité de la résistance qu'il rencontra au passage de la Sarre et des pertes considérables qu'il venait d'essuyer, qu'il rendit le 2^ juin une ordonnance digne du manifeste du duc de Brunswick, a II » menaçait de faire incendier et piller toute ville ou tout village qui » fournirait la moindre assistance aux corps francs, qu'il traitait de » brigands, etc. »
Sans nous étendre davantage sur cet article , nous demandons que sur la ligne de frontière qui part d'Antibespour atteindre Dunkerque, il soit organisé, non effectivement, mais par des contrôles, vingt corps francs dont le commandant et les principaux officiers seront toujours connus à l'avance.
Chacun de ces corps serait composé exclusivement de volontaires, de douaniers placés sur la ligne forcée par l'ennemi, de gardes-chasse et de forestiers. Pour former le noyau de sa cavalerie, il lui serait fourni un détachement de trente-six vieux chasseurs ou hussards, commandés par des officiers et sous-officiers aussi actifs. c|u'expérimentés ; des volontaires achèveraient de compléter Te»radron.
Nous ne voyons pas que l'on puisse faire aucune objection se-
rieuse à ce plan ; aussi espérons-nous qu'il sera suivi , si l'on daigne prendre notre travail en quelque considération.