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CHAPITRE PREMffiR

STATISTIQrE ET TOPOGRAPHIE DE L* ALGÉRIE.

L'ancienne régence ri* Alger est située du Sk^ au 37* degré de latitude, et du i* de longitude ouest au 6* degré de longitude est , du méridien de Paris. Elle prosente une surface de 12,500 lieues carrées environ, de 25 au degré.

L'étendue de ses cotes maritimes conmience aux confins de l'empire de Maroc à Maiscarda , vis-à-vis d'AIméria en Andalousie *. Elle finit à la Calh' et à Tabarca, près de la régence de Tunis, en face de Teulada et de Cagliari, à 50 lieues de la Sardaigne.

Pendant res))ace de 250 lieues, ses côtes bordent au sud la première Méditerranée , si Ton veut désigner ainsi la partie de cette mer renfermée à l'est \mT Y Italie et la Sicile, au sud par les régences (le Tunis et d'Alger et l'empire de Maroc, à l'ouest par l'Espagne et la France , au nurd enfin par la France et les eûtes de Gènes. Du Caiv-Bon, régence de Tunis, à Maz7:ara en Sicile il y a 33 lieues. C'est celte esprce de détroit, du côté de l'est, et celui de (libraltar, du culé de l'ouest, qui ferment ce bassin que nous appelons la premier!» MéditerraniV.

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La seconde, deux fois plus grande en aurfoce qne la première, est commandée par Malte et renferme les mers d'Egypte, de Syrie , de Chypre , de Grèce et de Candie, l'Archipel et le Gtdfb de Venise.

Les côtes de l'Algérie font face â celles de la France dont elles ne sont séparées que par une faible distance de 170 lieues marines; à moitié chemin se trouvent les lies Baléares et l'excelleDt port de Mahon.

LES RÉGENCES D' ALGER ET DB TUNIS FORMENT WB PRSSQIj'lLlt.

— Si la r^ence de Tunis était soumise ou alliée A l'Algérie, on pourrait considérer cette partie des cfttes de Barbarie comme une presqu'île. En elTot , à l'est et au nord , elle est bai->gn6c par la mer. A l'ouest, elle ne tient à l'empire de Maroc que par une ligne de 20 à 25 lieues qui aboutit au désert d'Angad; au sud enfin , elle est bornée par le pays des dattes et , plue loin , par la mer de sable, appelée le Désert de Sahara, qui n'est séparée de la seconde Méditerranée que par l'Isthme de Cabés et le lac Chibka el Loudéah.

Que l'on veuille bien jeter les yeux sur une carte et l'on sera facilement convaincu que cette partie de l'Afrique forme une presqu'île qui , réunie, peutétro facilement défendue [si elle n'est inattaquable] et dont la position maritime est de la plus haute importance.

co>FiGDRATion DU PATS. — Sa pluB grande largeur est de 70 lieues environ de Collo et de Bougie au nord , en tirant vers Biscara , Omach et Romanah au sud ; la plus courte est de 26 lieues , à partir de l'embouchure de la Tafna jusqu'au désert d'Angad , en passant par TIemsen,

Les monts Atlas traversent toute la régence et courent généralement de l'ouest à l'est; quelquefois cependant ils se bifurquent et se divisent en une multitude de petites chaînes qui se dir^ent du sud au nord jusqu'à la mer. Leur hauteur varie de 2 et de 300 jusqu'à 12 et 1500 toises. On distingue ces montagnes eupetit, moyen et grand Atlas; le grand Atlas court parallèlemept aux 36 et 3'* degrés de latitude sud.

lin sol aussi accidenté n'admet ni de grands bassins , ni coaaé-' quemment des vallées étendues et des ririères navigables ; b phu forte , le Chélif seulranent, porte quelques barques i |on anbon-

chute; les autres sont des torrens fort consîdérafales dans la saison des pluies et lors de la fonte des neiges; mais ils demeurent presque à seo pendant tout Tété. Cependant si f embouchure de la Seybouze était nettoyée et dégagée des sables qui Tobstnient, eHe pourrait porter des Ultimens d*un foible tonnage ; peat-élie en seraii-il de même à Fembouchure de T Adouse prés de Bougiei

TEMPÈRATURB, CLIMAT. — Lcs graudcB chidues de rAtlas dK Tisent naturellement la régence en deux zones diflTérenlea; les terres placées au tersant du sud et celles qui sont situées au nord. Les différences dans la température de ces deux zones sont à peu prés les mêmes que sur les yersans des Alpes et dans tous les pays de montagnes , selon leur exposition au sud on an nofd. Sous l'équateur, d* après la foi du décroissement des températuws proportionnellement à la hauteur du sol , la chaleur dlmnnie anyiron d'un degré par cent toises. C'est è peu près ce qui exiale m Afrique.

Au Tcrsant sud de l'Atlas on trouTe le pays des datlee, c'està-dire la température des tropiques augmentée encore par les chaleurs dérorantes qui yiennent du Sahara. Dans cetle régkm, on pourrait cultiver avec succès toutes les plantes Impie aies comme l'indigo , U canne à sucre , le café , etc.; sur le venant do nord, le climat est différent; dans les hautes chaînée de F Atlas, un froid très vif règne pendant Thiver, car les neiges y séjuoment plusieurs mois de l'année. U en est de même, mais d'une manière moins sensible, dans les montagnes du moyen et du petit Adas. Sur les bords de la mer, la température est plus dooce , quoique le froid s* y fasse quelquefois vivement sentir pendant rhiver; i la un do l'automne il tombe dans la région moymne une quantité considérable d*eau et de neige , cependant l'été est aec et brûlant.

Cet état du sol et do Tatmosphère rendent comninnes au nord de l'Algérie toutes les plantes de TEurope méridionale, tellea que les céréales, les fruits, la vigne , le chène-liége, l'oranger , le nnirier, le figuier, l'olivier.

FERTILITÉ DU PAYS. — Une pfcuve incontestable de la riohesse et de la fécondité des terres , c'est que , malgré les guerres acharnées que se livrent continuellement les tribus, l'anarchie qui ka dévore, le pillage et l'incendie qu'elles traînent toujoun i leur

suite , l'Algérie peut exporter en abonduice des gnia* etdcft be»liaux ; et encore les habitans ne font , pour ainei dire, qu'etSaoreV le sol et gratter la terr».

M)PiTLATioN. — Il eit fori dfffleile de fiicr le ehïAe de la popobtion. Suivant lei uds , elle s'âlère i 3 millioM d'ames; BuiTaRt lei autres, A 6, 7 et 8 milKoD».

Nous festimong à 3,600,000 amee, divisés ainsi :

KabailcB et Arabes 3,410,000

Maures ou habitaiis des viHee. 90,000

l'oulouglis 20,000

Juifs 20,000

Turcs 5,000

Européens 15,000

Les Kabaïlee vireot retitèl dans les montagnes ; ils baUtmt des huttes et >oot fixés au sol. Dus le Haut-Atlas, ils coottruisent dea cabanes ea torchis. Ces peuples sont les anciens indigènes, appelés autrefois Bert>ères et Numides ; ils sont courageux ei téroees. Oa a bien pu les refouler dans les montagnes , sans pouToir jands les soumettre entièrement.

Des rapports journaliers , certaines analogies de goAt et d'haMtildes, ont établi quelque ressemblance entre l' ancien peuple conquérant et te Numide; aussi l'Arabe et le Kaballe vivent-ils en asseï bonne intelligence.

I,es Arabes places sur le versant du nord ont dû modifier lenr vie nomade en raison des changemens de température qui sont fré— qucns dans cette partie de l'Afriquo, et de la rigueur du climat pendant l'hiver. Dans certaines localités, ils sont devenus agricol- Icurs et ont forma quelques villages et des espèces de bourgades ; c'est un commencement de civilisation.

Mais sur le versant du sud on retrouve l'Arabe avec ses mmon primilives ou patriarcales. Là , rien ne le fiie au sol et ne le limite dans des canlonncmcns ; dès lors, il est exclusivement pasteur et guerrier ; quant au petit nombre de villes qui existent dans la r^

'Volraui pièces JuuifiMllTM n*e l'apertude la popaUUmda l'AIflrls d'aprét \n annalti marilimet.

gencè 9 ellei sont habitées par les Maures, les Ck>ulougIi8 , les Juifs

et les Turks.

Méprisés des Arabes, exposés aux brutalités dès Torks , les Maures ont renoncé au métier des armes et se sont faits marchands et spéculateurs ; ils passent poUr fins, rusés et fourbes.

Les Coulouglis viennent du mélange des Turks et des Maures.

Les Juifs sont partout les mêmes; en Afrique, comme en Europe et en Asie, ils se livrent au commerce et au courtage.

Depuis la conquête d* Alger par les Français, le nombre des Turks, ces anciens maîtres du pays, diminue chaque jour , tandis que celui des Européens tend chaque année à s'augmenter.

SALUBRrrÉ.-— Le climat est aussi sain que peut Tétre un pays de montagnes. A la vérité, il y a sur les côtes et dans les terres quelques marais qui vicient Tair , mais que Ton pourrait facilement dessécher.

HYDROGRAPHIE. — Dans Une étendue de côtes aussi considérable (250 lieues), T Algérie no possède aucun port qui puisse recevoir des vaisseaux de ligne ou d'un fort tonnage, et les tenir ii Tabri des orages affreux qui désolent trop souvent ces parages.

La meilleure rade , dit-on, est celle d*Arzew; viennent ensuite les rades et ports de Mers-el-Kebir près d*Oran, d'Alger, Bougje. Bône et la Galle, occupés par les Français.

Les Arabes conservent les ports do Tennys, Cherchell, Dellys^ Jigelli, Collo, Stora et une grande quantité de petites baies.

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