‹ La France depuis 1830Chapitre 130 sur 156 · FRANÇAIS · texte numérisé non relu

FRANÇAIS

Plus de 700 ans après la fondation de Rome , après deux siècles et demi de luttes acharnées , laNumidie ayait été subjugée et convertie en province romaine ; cependant sa soumission était incomplète; les habitans des montagnes élevées défendaient toujours leur indépendance.

Au conmiencement du cinquième siècle de Tère chrétienne, les Vandales, après avoir ravagé les Gaules et traversé TEspagne, font une irniption en Afrique et s*emparent de toute la partie du nord ; ils s'y maintiennent pendant 80 ans et en sontcliassés par Bélisaire et par d'autres généraux de l'empire. Le pays retourne de nouveau sous la domination romaine.

Mais l'apparition de Mahomet vient changer F état rdigieux el politique de l'Orient, et bientôt on voit les Arabes se répandre sur la côte nord de l'Afrique et la subjuguer entièrement. Ce fut un de leurs chefs, nommé Moussa, qui soumit la régence d* Alger, i^u commencement du huitième siècle.

Ces rapides conquêtes ne purent satisfaire l'ambition des Arabes ni arrêter leur ardeur et leur fanatisme. Us traversent les men » fondent sur l'Espagne, et la font passer sous leur joog; bien phis, ils osent pénétrer en France, où ils sont désignés sous le nom de Sur-

rasins, et parviennent jusqu*aux rives de la Loire. Mais li ib rencontrent Charles Martel» qui les écrase dans les plaines de Tours.*

Leurs débris se réfugient en Espagne et y reçoivent le nom de Maures; ils savent s* y maintenir et y faire fleurir les arts, le commerce et l'agriculture. Toutefois, après cinq siècles de luttes acharnées, vaincus par Topiniàtreté des successeurs de Pelage, ils succombent sous le règne de Ferdinand-le-Catholique et d'Isabelle , perdent leur capitale (14-72) , et sont expulsés de la Péninsule au nombre d'environ 2 millions d'hommes. Ce nombre se trouve aujourd'hui réduit à 30,000 selon les uns, et à 80,000 selon les autres ; ancien et fatal exemple du sort réservé aux vaincus 1...

C'est ici le moment de rappeler qu'au milieu du huitième siècle les Arabes, qui avaient conquis l'Afrique et l'Espagne, ne voulant plus reconnaître l'autorité éloignée des kalifes , secouèrent leur joug, se déclarèrent indépendans, et formèrent les états barbaresques, parmi lesquels figure en première ligne la régence d* Alger.

A leur tour, vers la fin du quinzième siècle , les Espagnols et les Portugais portèrent la guerre en Afrique , où ils essuyèrent plus de revers que de succès. En 1509 , les Espagnols s'emparent d'Oran, y élèvent d'inunenses fortifications, et s^y maintiennent jusqu^en 1T06. A cette époque , la trahison d'un gouverneur leor fit perdre ce poste important ; mais ils le reprirent en 1732 » sons le commandement du comte de Montémar, et en restèrent iwisiHes possesseurs jusqu'en 1790. Alors survinrent, d'abord un tremblement de terre qui renversa la ville, puis un peu plus tard une guene contre la France, événemens qui déterminèrent TEspagne i évacuer Oran et à payer un tribut pour conserver le privilège du commerce à Mers-d-Kébir.

Sous le règne de Charies-Quint, Oran avait joui d'une grande prospérité, par la réunion dans ses murs du commerce des régences barbaresqucs. Après la défaite de ce prince devant Alger, ses sujets se virent contraints par Barberousse à évacuer l'tlot, qui était en bce de la vOle, et qui se trouve aujourd'hui lié au continent par le mSk.

Ce fameux corsaire , appelé par les habitans à leur secours ,

* Ainsi, pour la seconde foii, les FrançaU ont la gloire d'alhancblr fBarope du Joug des barbares.

1^ première fois, au milieu du cinquième siècle, en gagnant lar AUila une grande bataille dans les plaines de GhAlons-snr-Mame.

pondit à leur appel ; mab, fidèle à U poUtiq^ de tou» JesauiîUaîres puissaof et victorieuse de protecteur il voulut dev^jwur loattre «t lo fut eu effet.

Son frère et successeur reconnut la souveraiiieté dv Gran4-Tur)^ et lui prêta foi et hommage pour conserver et eoosoUderaon pou* voir. En retour, il reçut un corps de troupes et la pernûsaion de le recruter dans les états de Tempire oltomas.

C'est ainsi que s'est établi le gouveroemani des Turks dans 1* Algérie et qu'a été organisée cette milice qui , au nombre de 8 à 12,000 honmies seulement, a su gouverner et exploiter la régence. Ainsi, à mesure que la puissance du Grande-Seigneur décroîs* sait et que son gouvernement tombait dans ranarchie, 4seHi$ milice et le chef choisi dans son sein , sous le titre de dey , marchaient à l'indépendance poUtique, et finirent par ne laisser au souverain qu'un vain droit de suzeraineté.

ARTICLE SECOND

iCTAT ET ORGANISATION DE LA RÉGENCE AU VOUENT DE LA

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