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Le général Bugeaiid débarque à la Tafîia avec 4,500 lioinua*t» « inarclie rapidement sur Tlemsen , bat compléteinent Abd-ei-Kader à FaiTaire de la Sicka, et ravitaille la garnison du Méchouar. Après cette expédition, Ton renvoie encore en France la majeure partie des troupes comme si la guerre était fînîe, tandis qu'il eût fallu les conserver pour achever de soumettre Témir. Qu*estpil résulté de cette funeste mesure? C'est qu'après la défaite d'Ab-el-Kader à Trora- Sicka, les Kaballes, qui ne voulaient plus lui permettre de communiquer avec Tempire de Maroc à travers leurs montagnes, furent contraints de se prêter à ses volontés; c'est que son oncle et les tribus des Beni-Flitas, qui avaient secoué son joug, se virent également obligés de le reprendre.
PROVINCE D* ALGER. — Si dc la provincc d'Oran nous nous reportons à celle d'Alger , nous y trouverons la même série de
fautes.
M. do Dourmont fait sur Ilélida la tentative la plus malheureuse; le maréchal Clausel no réussit guère mieux dans Texpédition qu il entrepn^nd pour aller instituer un bey à Médéah. Son successeur, le général Berthezène , est forcé de conduire une autre expédition pour délivrer le pauvre bey que nous y avions installé.
Lo duc de Rovigo signale son administration par des actes odieux, iniques et cniels. Un impôt de ^00,000 fr. est frappé contrairement à la capitulation , et nous aliène l'esprit des liabitans.' Le gouvernement ordonne bien la restitution de cet impôt , mais l'agiotago dont ce remboursement est l'objet le rond illusoire.
Pour des causes que Ton dit sans fondement, ce gouverneur oi^ donne le massacre de la tribu El-Oufiia ; cet acte de barimric excite au plus haut degré la fureur et la vengeance des Arabes ; la guerre sainte est proclamée , et s'étend d'Alger aux cimes de l'Atlas.
Cette guerre fut mélangée de succès et de revers ; mais enfin nos succès ne purent ni désarmer ni arrêter les courses des tribus voisinos, et surtout des lladjoutes, dont nous n'avons jamais su punir les excès et les brigandages. Telle est l'analyse de nos exploits dans la province d'Alger. Il nous reste à passer en revue lesévénemens qui se sont succédé dans celle de Bône.
BEVLiK DE BÔNE. — Nous avons dit comment Achmet bey, après la prise d'Alger, retourna dans son beylik. La capitale s'était sou—
Icvéu en son absence, mais il survint i ta soumettre. Cet homme cruul , délesté dans la province qu'il gouvernait, était d'autant plu» UdW. à déposséder, qu'il comptait beaucoup d'ennemis particulier;) et qu'il était Turc d'origine. Mais en aucun lieu nous n'avons su profiter des circonstances favorables qui se présentaient, ni aKir avec suite et habileté, et cela parce que nous abordions avec crainte et des moyens trop bibles la lourde tâche que nous avions entreprise.
En 1832, la ville de Bône ouvrit ses portes à Ben-AIssa, et Tut ravagée par ce lieutenant d'Achmet ; reprise bientAt après , par un hi'un-ux coup de main de M. d'Armandi, elle est restée sous notre domination. Dans cette même année, Achmet chercha â traiter avec la France ; ses propositions ayant été rejetées , il exerça d'horribles cruautés sur les tribus qui s'étaient rapprochées de nous, et lança jusque sous les murs de Bône un corps nombreux de cavalerie qui fut repoussé.
Depuis cette dernière (enlative la ville a été tranquille ; sous l'administration du général d'Uzcr nous faisions dans le boyiik des progrés constans ; les habilans se soumettaient facilement à notre domination , et il semblait qu'Achmet sô résignât à partager avec nous son gouvernement ; d'un autre cAté, la Calle était occupée par un Français qui, avec 40 Turcs seulement, défendait ce petit poste et gouvernait les environs.
['ne mesure prise par M. le maréchal Clauscl vint interrompre let état de \ia\x et de progrès. 11 avait en 1830 destitué Achmet bey ; il pensa en 1836 à mettre cet arrêt â exécution. Ce fut i riemsen qu'il nomma Youssouf bey de Coostantine. Sans doute il croyait qu'il sufllsaît de son décret pour instituer un bey ; pourtant il aurait pu se rappeler le triste sort des beys ou caïds qu'il avait nommés à Cherchell, à Miliana, à Médeah, etc. Ces exemple! devaient, ce nous semble . lui donner des avertissemens d'autant plus salutaires qu'ils ont été pour la France un sujet constant d'humiliation. S'il voulait absolument destituer Achmet, il devait au moins choisir un homme puissant et influent pour le remplacer.
Et c'est ici le cas de remarquer que nous avons toujours été malheureux dans nos choix, en ne nommant pour beys que des étpuigers peu connus ou des Turcs détestés, au lieu de les prendre dans les familles notables du pays; tans doute Youssouf e«t un soldat
très brave, mais il était sans ressources personneUefl, mos amis, sans alliance et sans argent, surtout ; pour en obtenir, il frappa des contributions sur les tribus voisines, et les révolta.
Après avoir prévu toutes les suites fâcheuses de ce choix qa*il avait combattu, le général d'Uzer demanda un congé temporaire, et fut mis en disponibilité. Le k février 1826, le colonel Duyerger prit le commandement, par intérim, et le remit au général Trézel qui arriva à Bone dans le mois d'aoïlt.
Le souvenir de la première et malheureuse expédition deConitantine est encore trop récent pour qu*il soit nécessaire de la retraeer; d'ailleurs, il doit être effacé par Theureux et brillant résultat de la seconde expédition, qui fut encore entreprise dans une saison beaucoup trop avancée. Faudra-t-il donc que l'on dise de noua en Europe : 0 // n'y a que des Français pour aller trouver en Afrique les x> boues de la Pologne et les frimas de la Russie t »
Du reste, les torts do M. le maréchal Clausel, s'il nous est permis do lui en attribuer, consistent bien moins dans la décision qu'il prit de tenter une telle expédition avec aussi peu de moyens que dans la faiblesse qu'il eut de céder aux excitations du ministère du 6 septembre, en consentant à servir sous ses ordres. Quand on se place dans une opposition aussi avancée que celle où siégeait le maréchal à la chambre des députés , quand il n'existe aucune conGance entre le subordonné et le ministère , il est difficile, pour ne pas dire impossible, de s'entendre et de terminer aucune affaire heureusement.
M. le maréchal devait donc se retirer et se dire : Qnand, dans un pays constitutionnel, on entre aux affaires avec ses amis, il laot savoir en sortir avec eux. Enfin, il devait penser, comme nous, que le ministère du 6 septembre n'était pas venu au pouvoir pour soumettre l'Algérie, ni pour consolider l'alliance anglaise, ni pour opè* rer la conversion des 5 pour «/«t ni pour soutenir la cause constitutionnelle en Espagne, etc. etc. , mais pour agir dans un esprit tout différent de celui qui dicterait de pareilles mesures A une administration vraiment nationale.
Après cette digression, revenons A notre position dans la province de Bone. Une année à peu prés s'est écoulée depuis le retour do maréchal en France, nous sommes à Constantine , Achmet est en fuite, les tribus l'abandonnent et se soumettent ; maintenant qu*al«
loDS-DOUs (aire ? Déserteroiift-noufl encore la victoire et reooiiceroo*nous à poursuivre nos succès, ou bien allonsp-nous enfin unir la fermeté à la vigueur ? C*est ce que le temps et Tattitude de la nouvelle chambre ne tarderont pasi décider. En attendant, disons qu'après la valeur de notre armée et la digne conduite de ses chefs , ce n'est pas â notre ministère, mais bien à la force des circonstances, (jue l'on doit la prise de Constantine et les résultats inunenses que cette victoire amènera en notre faveur dans toute l'Algérie.
Le gouvernement ne voulait ni la guerre ni l'attaque de cette place ; loin de là, il a tout Eedt, tout tenté pour adoucir Achmet, pour traiter avec lui. Il a fallu que Taveuglement d'un Turc ignorant le portât â rejeter nos propositions et même à nous menacer pour nous décider à marcher sur sa capitale. C'est, en quelque sorte , forcé et contraint que le gouvernement a entrepris cette expédition. Ainsi, rendons grâce à Achmet de nous avoir obligés de conquérir Constantine et d'avoir démontré par là que le système de peur suivi jusqu'ici n'avait fait qu'augmenter les exigences et le nombre de nos ennemis , et qu'avec les hommes en général et les Aral>es en particulier il fallait, pour être respecté , déployer de la force et une volonté énergique. Nous le répétons, après le courage de nos soldats , c'est à Achmet bey que nous devons cet immense succès.
Avant de passer à l'analyse de toutes les fautes commises dans ce malheureux pays, il est juste d'établir que le gouvernement a été paralysé dans ses projets par trois causes majeures :
La première , c'était la crainte d'une guerre étrangère qui le forçait à ne pas dégarnir la France de bonnes troupes pour les envoyer en Algérie.
La seconde, c'était la juste appréhension d'ajouter, par des expéditions multipliées, aux dépenses énormes que nécessite Tarmement de la France en face de la sainte-alliance.
Enfin, il éprouvait des difficultés sérieuses à l'exécution de ses projets, par les réductions irréfléchies et intempestives (|u*onf faites les chambres sur les propositions ministérielles.