L ALGÉRIE
Nous croyons avoir démontré dans le chapitre précédent que II plupart des objections élevées par les adversaires de celte colonie sont sans fondement. Examinons maintenant quels sont les motife qui doivent déterminer le gouvernement à soumettre l'Algérie el à en faire définitivement une province française/
* « Mais maintenant li l'on me demande ce qae Ton peat faire de Dotic » conquête, je répondrai sans hésiter : Tout ce qu'il vous plaira. Vonlei-YO« » une puissance, flilc soumise à la France? des provinces dépendante! de U
• monarchie? une belle colonie? des déparlemens prospères P Ton! cela s tvec un peu de temps est facile à réaliser. >
(Ditcourt de AI. le duc de Mortemari à la chamhre des pairs, k 33 juin 1837.)
« Ces avantages , du reste , sont remarquables , et nous n'avons nnllemcai
• envie de les dissimuler. La France est assez forte pour supporter sans crainte
• les regards jaloui de l'étranger ; et nous convenons sans peine que si TEa-
• ropeest en eiïct jalouse de notre conquéted'AfrIquc, Jamais sa Jalousie ne
• fut mieux justiûée. C'est pour la première fois peut-être que la France fùl
Avant tout, répétons qu*un établissement limité et circonscrit sur cette terre nous sera enleyé au premier coup de canon tiré en Europe. L'Angleterre bloquera Touloaet nos rades de rAlgérie, tandis que les Arabes se chargeront de bloquer par terre nos villes maritimes en Afrique, surtout si on leur en promet la remise et si on assure leur indépendance.
I! faut donc être déterminé i soumettre et à posséder la régence toute entière, même quand on ne voudrait que s'établir sur le littoral, ou bien il fout se résoudre à F évacuer entièrement. Gela posé, considérons cette question sous quatre rapports:
r Politique,
2* Maritime,
3'' Mmtaire,
4*" Commercial et agricole.
an éUbliMement qui peut donner à m fortune des prcportiom ineonnue$. La France a travené plusienrt fois TOcéan pour conquérir des lies qu'elle n'a pu eiploiter, qu'elle n'a pu défendre, A cause de leur éloignement, et qui lui ont senrl tout au plus comme points de relâche ; aujourd'hui la France trouve i cinquante-sept heures de ses rivages une large côte qu'elle peut protéger par des troupes de terre et par ses flottes, sans afflilblir ses forces du continent et sans mettre en péril ses (h>nUères. Quoi qu'en ait dit M. Passy l'année dernière, Jamais nos possessions d'Afrique ne nous feront Urembler sur nos frontières du Rhin. La France a fini par trouver la seule voie d'agrandissement que sa nature territoriale et sa situation vis-A-vis de l'Europe onvrlsseat à son avenir. Fermée au nord et i l'est par des états compactes, par des fleuves et des montagnes, refoulée à l'ouest par l'Océan, elle n'avait qu'une seule route pour s'agrandir, le midi ; et le midi s'ouvre aujourd'hui pour elle sur une largeur de 3&0 lieues, sous le climat le plut productif et le plus sain, et au moment où une position méridionale est plus importante que Jamais pour tout État qui veut avoir en Europe de la puissance et du crédit.
• Tout le monde a déjà observé ce mouvement qui reporte vers le midi de l'Europe les plus vives sollicitudes de la diplomatie et du commerce. Tout afflue dft nouveau dans la Méditerranée. Par les perfectionnemens que reçoit tous les Jours la navigation des mers intérieures, les anciennes voies du commerce se rétablissent, mais plus promptes et plus larges que Jamab. Un chemin de fer conduira d'Aleiandiie à Suez ; la vapeur portera de l'Egypte aux Indes ; Londres communiquera par Gibraltar avec le Gange. Aussi toutes les puissances d'Europe, et même les Elats-tnis , cherchent des points sur les côtes méridionales de la Méditerranée. Pour nous, le boa génie de la France nous a placés au point le pins avantageux de relie ligne où se débattront les grands Intérêts du monde européen : si nous ne êoriûms poi nou$ y maimemrt nom manqu€ri9n» à notre fortune. •
{Journal de» Débats dn 9 juin 18M.)
ARTICLE PREMIER
DB LA POSSESSION BE L' ALGÉRIE CONSIDÉEÉE SOl'S US MAPPORT