‹ La France depuis 1830Chapitre 148 sur 156 · PARTI DE CETTE COLOIOB · texte numérisé non relu

PARTI DE CETTE COLOIOB

« Je le répète : rien de plus déstilreus qu'oK

» petite guerre. •

Diteourt du duc de H^eUingum pour eouuiÊkr

aux ministret anglais d^etwoper au Cauaàa

toutes Us forces dont ils pousraiesti disposer.

(Sférrier 1838.)

Avant do développer notre système, nous devons déclarer qu'il suffît qu'un traité ait été conclu avec Abd-d— Kader pour qaîl

* Notre IWre était sous presse lorsqu'à paru du» le dtoniuur du 25 février 1838 le rapport du ministre de la guerre à la chambre des dépatés sur FAIgérle , à la suite duquel le gouvememeut réclame un crédit extraordliiairc de 10,671,000 fr. sur 1838.

Nous aYons été frappé de la concordance i peu pris complèlQ qoi niais entre nos propositions et celles de M. le minisire de la guerre, si nous emptons les travaux à faire aux ports de la régence, travaux que, sulTRUt sors. Ton ne doit entreprendre qu'après la soumission du pays. Hais ce qRlIya de plus remarquable , c'est que le gouvernement demande à eotrelenlr en Afrique, pendant l'année 1838, 48,000 hommes et 11,872 chevaux quand hors réclamons 48,790 soldats et 11,400 chevaux , non compris ceux d'artillerie, d'équipages militaires, etc., etc.

Ces rapprochemens pourraient donner à penser que nous sommea plagimiret ou ministériels, si les amis auxquels nous avons commaniqaé notre IrRVRil ne pouvaient certifier , au besoin , qu'il était terminé long-tempa avent ta Ar de 1837, et si l'on n'avait vu, par nos opinions nettement traneliéea, que n'avons aucun rapport avec les agens du pouvoir.

— f.lj —

fiiilli^ II! r<»|H-cler ; quelque dësavantagcui qu'il soit k la Fnnce, lions (levons le maintcoir tant que l'émir Tobserrera et ea remplira ndi-leuient toutes les conditions. Ceci une fois admis, notre Uctie i'st facile, car le terrain est déblayé par le traité du 30 mai, et nouii n'aviins à nous occuper que d'une dépendance de la province d'Oran, d'une partie de celle d'Alger et du beyiik de Conslanline.

S'il est vrai , comme l'a dit M. le ministre de la guerre dans Texpogédii budget pour 1838, que « les sotennellcs discusnonsquiont « eu lieu dans ta dernière sc^ion ont constaté i|ue le gouveme- » niitit, les chambres cMc pays voulaient également la conservation » de; noire conquête.* b

S'il l'st vrai, comme tous les orateurs se sont accordés â le dire, que les Arabes ne reconnaissent quo la force et ne se soumettent qu'A la force ; s'il est vrai, comme l'a dit M. Thiers à la tribune le '21 avril 1837, a qu'avant de traiter avec les ch^s arabes [ddt- >' on pri-férer le système qui consiste â traiter avec eui ] il faut être Il victoricui, » on conviendra avec nous que nous devons envoyer t-n Algério des forces capables do rendre la victoire prompte et facile. Nous devons agir ainsi par humanité et par politique. Par humiinilé , afin d'épargner lu sang français et même celui arabe ; par pnUliquc, car II faut se hdter de profiter des années de paix que le ciel nous conserve pour soumettre les indigènes, nous établir sur des bases solides ot nous préparer  soutenir les attaques du dehors qui pourront avenir un jour.

' • Le vote de* ebambres fift *h« conna1lr« qna leur Intention élall A'tt-

• corder lu gauternemeal lei moTeni noa Mulemeot de coBÉcrvtr mil «■-

• cnre de coRsollderel lurtout d'uiillter l« cooqutte dut riniérél à9 la clvl-

■ liuUun eL d«n« celui du commerce de l« mélropole.

• redouble bulne peut tire iltelntqueperU loamittiim cl la pcofBcalloHi

■ niait pour obtenir uu pareil réiultal II [lul orcuper kipoinU conquiid'UM

• manière osiez forle pour prévenir ou repoiuscr toule leoUtive contre aoai

• rC intpirer aintl la conDanre qui lUire lei rclillooi amicelei et la crilnle

• i|iii tluigne let hMllIlléi i en un mot , Il raaltlreluiletelforU.

• l.a justice cunijjleri à reipecier la rellgkmaileamauridM Indigène), à

• leur Taire goOler progreHlvemenl U douceur de not loii et à ne laliicr au-

• l'un HrTiee Mm rfcompente, n( lucaoe larraeiion hu une rtpreMiim Mga

• l.« Torre. li ré|;ard d'un peuple loujour* en irmei et qui vient de lylilr

■ pendant troia tl^let la domination d'une milice turque, doit prlucipile-

• ment reposer idt l'armée, eir II ne faut pa* M '* '

■ ment quand lu ATtbet auront perdu laulei. -• ïoumcllronl. ^ {.Bndgtl dt la giurrr, noie prillBblj

I (air* iIMBunHn wn

$i l'on objecte que dégarnir la France d*un nombre considérable do soldats , c'est Texposer aux attaques de F étrangeret aux trouUei intérieurs, nous répondrons : Portez Tannée et vos réserves, comme nous l'avons déjà dit, à 1,500,000 hommes ; puis, soyez sûr qœ personne ne songera à vous attaquer et à voqs troubler dans Vexécution de vos desseins ; alors, vous pourrez disposer sans crainte de 10,000 ou âO,000 hommes , plus ou moins, pour TAIgérie; et comme, d'après les budgets ministériels, un soldat soldé et entretenu dans ce pays sur le pied do guerre» matirid eon^ftiM^ coûte à l'état 118 fr. par an de plus qu'en France , avec 1480,000 fr. par an vous pouvez y entretenir et y aguerrir 10,000 soldats (voir les calculs établis page 620].

Maintenant, avant de passer à l'examen des dispositions applictblés particulièrement à chaque province , établissons quelles sont les mesures générales qui doivent être prises , si Von yçiit obtenir h soumission entière des indigènes et la reconnaissance de notre autorité. Pour atteindre ce but, il faut, s\vant tout, que les chambres et le gouvernement proclament que l'Algérie est réunie i la Fraœe et fait partie de son territoire ; il faut accorder aux indigènes les droits dont nous jouissons , leur garantir le libre exercice de kor religion, le maintien de leurs coutumes et dç leurs propriétés, el surtout faire respecter leurs mœurs et leurs usages. Quand ces principes auront été établis par le gouvernement et seront connus dans l'Algérie, il faudra concéder aux tribus soumises une assemblée annuelle et publique, où leurs délégués, ainsi que ceux des colons européens, viendront exposer leurs réclamations et leurs griefs, demander des lois, des dispositions réglementaires, proposer des travaux publics, des améliorations, et discuter, comme le fopt les conseils municipaux et départementaux en France, les besoins de chaque province et les moyens d'y satisfaire.

Cette assemblée provinciale ne préjudicierait pas i Teustence près du gouvernement général à Alger (conformément à Fordonnance du 22 juillet 183i) d'un conseil d'adminlçtration çoni(NMé de l'olllcier général commanclant les troupes, de l'intendant civil, de l'odicier général commandant la marine, du procureur général, de rintendant militaire et du directeur des finances ; les procés-verbaux de ces séances seraient envoyées au gouvernement, i Paris. Des conseils d'administration semblables seraient établis au clief4ieu

de chaque province pour être consultés sur toutes les grandes questions. Cependant, en cas de dissentiment entre les conseils et le gouverneur général, il en serait référé au ministère ; mais, pour les opérations militaires, le gouverneur général agirait seul , sous sa propre responsabilité.

Le but que Ton doit se proposer d'atteindre est de gagner Teslime et rattachement des indigènes. Pour cela, il est nécessaire de les secourir et de les éclakcr. Pour les secourir dans les maux qui affligent l'humanité, il serait établi dans nos camps, dans les lieux do grands marchés, dans les espèces de bourgs qui existent en Algérie des ambulances et des pharmacies. Les hôpitaux seraient dirigés et servis par des infirmiers et des sœurs de charité ; les ma* lades y seraient traités par nos jeunes officiers de santé si éclairés et si dévoués. Des services rendus si généreusement influeraient, sans aucun doute, de la manière la plus heureuse sur tes sentimens et l'esprit des Arabes qui finiraient par se montrer reconnaissans de procédés et de soins aussi gratuits.

Leur instruction serait une oeuvre plus difficile et demanderait beaucoup plus de temps, de patience et d'adresse. De bons exemples, avant tout, frapperaient leur imagination ; il faudrait peu i peu mêler avec eux des hommes sages et instruits, de bons ouvriers, des maçons, des charpentiers, d'habiles cultivateurs, et commencer par leur faire sentir le bonheur d'avoir, pour leur famille, une habitation saine et commode. Avec la paix et le règne des lois, les Arabes se fixeraient au sol naturellement et en peu d'années. L'Arabe est susceptible de civilisation, et la meilleure preuve â en donner, c'est qu'il ne vit qu'en famille et que la tribu elle-même n'est qu'une réunion de plusieurs familles. Or, qu'est-ce (fu'une nation européenne, si ce n'est la réunion de toutes Jes familles dans un but commun, avec des lois communes et sous un seul chef. Réunissez les tribus en un corps de nation, sous des lois communes, et la civilisation ne tardera pas â surgir d'une pareille organisation. *

* Une foif accouluméft à vUre avec nous en bonne intelligence, lei Artbet » »e laisseront aller insensiblement à la séduction de nos arts et de nos

• sciences. Ils commencent déjà à les estimer et é en senUr le prit ;

• que sera-ce quand la supériorité que nous avons par les arts sera rehaussée

• par une conduite pacifique et modérée , par une politique sage et sortoal

(iopcndant on no doit pas se lo dissimuler; noiuavonA de grau^ des répugnances et do forts obstacles à surmonter ; mais si nou« parvenons à convaincre les marabouts et leurs schoika des avantages que ces améliorations leur procureront, et si, no craignons pas de le répéter, nous leur donnons do bons exemples , le succès dépassera bientôt toutes nos espérances.

Après avoir établi le régne des lois et de la justice pour les tribus soumises, nous devons recourir à la force pour cdies qui nous sont hostiles. Leur nombre en est assez restreint depuis la prise de Constantine et se trouve réuni dans l'espace de territoire qui sépare Algor de Constantine, entre Flssar et rOued-el-Kébir, sur une étendue de 60 lieues environ. Nous devons done marcher constamment de Constantine vers Alger et d'Alger vers Goostan- Une ; tel est le plan qu*il fout suivro avec ardeur et persérôranee, en avançant par les terres ; car, nous le répétons, le litloral ne peut appartenir qu*i celui qui occupera Tintérieur du contioent.

» penéf éraoie ? Bienlét ili prendront nos goèU el noi bssoint , Ils s'atlaciM- » ront au sol ; ils quiUeront en partie la Tie nonude ; ils hlUroaldes maisons, » et cette civilisation qu'ils imiteront de nous , nous donnera de raseendiai » sur eai pendant la paii, parce qu'ils seront nos disciples. Et s'ils doos font

> la guerre, elle nous donnera sur eui une prise que nons n'avoos pu Jat- » qu'ici , car ils craindront de perdre leurs habitations et lenrt ealtnres , gaa- » res de bien qu'ils n'ont guère en ce moment.

» Voilà le but auquel nous devons tendre ; voili la pali qoa noos devons

• chercher ; et celte paii si, pour l'avoir, il faut en ce momeai lUra lagoerra

> ou tout au moins la préparer, pourrions-nous hésiter P Voudrions ooas, par » une économie dispendieuse , reruser à nos généraux les moyens d'obtenir la f paix qui peut seule alléger les sacrifices que nons faisons pour rAfiriqae ?

• l.es Arabes , soyons-en bien persuadés, ne feront pas la piii avec lesraiii- » eut de Conitantine , ils ne feront la paix qu'avec ceui qu'ils craindront. I Tonte la question c'est donc d'être craints. »

(Jowmii du DibQt%, 17 nul 18)7.)

Xwci quelle devrait i>tre , selon nous , sous le rapport militaire, a Torrc de l'armée d'occupation :

ES PBRWNNKL.

Bauinoni. HoDBiM /O réglmeiMde lig)iede3lMUIIIoiucb«CM

/ i SOO hommei par ImUIIIod is U,HO

[jbaulUonï df chaMcon - llnUllenrt é

flOO hominei pir biUilIoD ' ilallloDi d'fnfanlerle IJRère .

I,M0 bommet parbiUItloD..

13 btlallloDi d'Infanlerle l«Rère d'Afrique

I légion étrangère de a baUlllana i 800

hommei parMlatlIon t 4,S00

§3 biuilloiu de lOQiTea i 1,140 bommei ptr

f bataillon 3 3,4»

\ lia rormeralent le noyaD de Iroii régln ' ■ lenFMi

quIpaiMtaleDl «nccenWemenlenFnncf ,

/fi régiment de chaueun, lancieri ou biii- I Hrd*18 cieadroni l'un, (oIt t.ÎM cava-

\ lier* CD ligoe, par régiment

.khie /3 régiment de «pabla rtgnllers ou cbai- J Hur* Indigène) dont la loldt el Vanifomu I leroDl lei intmet que eeoi det cbaueur* \ TraDcais, à R eicadroni par régiment. .

Tï

I II batteries i pted 1,600

ANTU-LBaiK 1 1 compagnie* d'anTrien. ■ 100

II compagnie! du traio 300

1,008 cÉMB. — l compagaietdE lapeun eldalraiv • 3,&00

ifiiO

■?•;'.*- l ' eompagnlei du baUillon d-ooTrleri d'ad-

iniiii-.eic. 1 n,i„j,i,,iion

\ Gendarmerie

VÉTÉRANS —Vélérani caDonnier«,gaTdei-cOtei » 800

ntCAPITULATION.

mranterte 33 baUllloni n,04a

Cavalerie Tl etcadroiu 1 1 ,400

Artillerie 11 balleries 3,000

Génie 5.BM

Equipage! DiUllairM,ouTrlei«,gtIut«mei, etc. >,OS0

VéWrani 800

Total général- 4I,7»0

' Il Taul arriver promplement et pat l'emploi do brcw e ioumcllrc ce qui ut la véiiubk puiatMM de l'Afrique , Ab4-«l-lUdtr.

( DlKonn de H. Mole à la ckambra itea MpMfc. Manittat du 13 avril |g)T, ^ga OTT.)

Report 48,790

De ce chiffre il faul déduire un cinquième au moim poar les noncombatUins et les non-valeurs, c'esl-à-dire pour les élalipiii^orf , les serYices sédenlaires, les pelotons hors rang , etc., etc. SaWanl le tableau inséré au budget de la guerre pour 1838, p. 52S » anr 30,4&8 hommes , M. le ministre évalue ces déductions à 6,657, mais 11 y comprend 1,000 Gombattans pour les étals-majors, la gendarmerie et les vétérans ; toutefois, comme ces hommes peuvent servir A garder la places et les forts, nous ne réduirons que le slilème, soit sur A%/I90 hommes* I»IM

Restera pour le service actif 40,»

D*après le tableau synoptique annexé au même budget, p. 668 bis, le Û.

terme moyen de la dépense par homme est en France de 619

en Afrique de 639

Différence en plus pour l'Aftique M

Ce même document porte encore le total général des dépeniea de l'armée, entretien, matériel et atttret objett aeceêtoirei eomprië : En France pour 278,065 soldats A 203,189,000 ftr. loU par homme,. 73? En Afrique pour 30,458 — A 25,743,000 »*»

Différence en pluipoarFAfHqae... Ht Mais on doit observer que nos troupes en Algérie font la gneire et sont payées sur le pied de guerre , et, en outre, qae tout est i créer dans ce pays. Tel est, au minimum, le nombre de aoUits dont doit être composée l'armée d* occupation, si l'on veut soumcltrc facilement et promptement les indigènes.

Les faits viennent à Tappui de notre système : jusqu'en 1837, on a opéré dans un sens contraire à celui que nous indiquons, qu'en ost-i! résulté? Chaque année, il a fallu augmenter nos dépeoieB i^t nos envois d'hommes ; ainsi, par exemple, on a d'abord envoyé à Oran 2,500 hommes, puis i^,000, et enfin 13,000 en ISR, tandis qu'il aurait fallu développer, dès le principe, de grandes forces dans cette province, sauf à les diminuer après la soumîssioo du pays. Pour avoir opéré autrement nous avons perdu en Afrique, à peu près en sept ans, l<k,000 hommes et 150 millions, sans atoîr obtenu de résultats satisfaisans.

Indépendamment d'un tribut, il faudrait, selon les progrès de

* M. le ministre de la guerre a dit à la Iribune, le te avril 1837, i». 106 il Moniteur : « Kn Afrique, défalcation faite des hommes malades , abieBs.cn » jugement, df« compagnies hors rang , on ne doit compter qae inr les 3/4 de >• reiïectif. » Otte réduction noas parait trop forte, mais i*ll en etlaliisi, imm»

nvons raison de demander 4S,800 homswf

puisqu'ils se réduiront à 38,900

la iiacificalion, imposer aui Arabes un cerUin nombre d'aniilùires i Tournir pour chaque expédition. Ces auxiliaires recenaiMit la solde et seraient passés en revue le plus souvent possible, précautioiu indispensables pour éviter les désertions, dont an reste les tribus resteraient responsables.

Alin d'éviter le renouvellement des désastres de la Tafna, de la Macta et de Constantioe en 1836 ; pour ne plus courir le risque de perdre des corps d'armée, comme on s'y est eiposé lors des expt-ditions do Tlemsen et de Mascara, nos généraux recevraient l'ordre formel de ne se porterjamaisi plus de douze lieues, ou deux jours de marche, au-^lelâ du camp le plus avancé, et de ne faire d'expil-ditionsque dans les saisons favorables, excepté dans les cas ex Iraord inaires.

Quand on voudrait atteindre un point donné ou une Tîlle , on flëverait un camp retranché à une marche (six à sept lieues de distance ) de celui d'où l'on partirait , on y établirait des abris et des magasins de vivres et de munitions*, puis on se porterait en avant, mais toujours en se fortifiant de poste en poste ; on laisserait daiislccamp les malades et les blessés qui embarrassent l'armée et gi^nenl les mouvemens; les corps expéditionnaires s'y reposeraient sans danger et même pourraient s'y ravitailler. Notons bien que nous n'entendons pas avoir des camps pour y renfermer nos troupes, comme nous l'avons fait jusqu'ici ; cette prudence, loin d'imposer aux Arabes, les porte i croire que nous avons peur et que nous craignons de tenir en plaine devant eux. Ces camps seraient d'abord des places d'armes et de ravitaillement, puis sans cesse des points d'où s'élanceraient des corps mobiles, des troupes légères et des partisans qui harcèleraient l'ennemi.

Des blokhaus seraient plaeés non loin des camps, ou encore des forts en masonnerie seraient établis pour garder les défilés, les passages des montagnes, des rivières et des ponts. Ces blokhaus et ces forts auraient des signaux de jour et de nuit ; ceux de jour se feraient avec des drapeaux, ceux de nuit avec des fusées volantes, ou à toute heure par des coups de canon. Dans nos camps

■ Ungr (( mMlcain«M pour In matadM, rli, ean-df-vie, vin, biicBlU , hrinr, orge, poudre, cartouche*, rir., rlr.

et dans nos postes intennôdiaires il y aurait des corps de caTakiie tenus de manière à pouvoir, au premier signal, monter i chenld courir sur les maraudeurs, dont la direction serait indiquée ptr ^es signaux convenus; de ces retranchemens sortiraient sonveot de nombreuses et actives patrouilles accompagnées d'indigène».

Nos détachemens, on ne saurait trop le répéter, derront, oonmie lès corps d'armée, s*abstenir de taire de grandes pointes en annt ou de longues trouées sur cette terre inconnue et inliospitalière . jusqu'à la soumission complète et éprouvée des indigènes. Il w faudra s'avancer qu'à la sape, de poste en poste fortifié, et dm» les saisons favorables. Que l'on n*oublie jamais que si, an refanr de Mascara, Abd-el«Kader avait suivi nos soldats épniaés et engloutis dans les boues, et que si, au retour de la prenddre expédh tion do Constantine, la température n'avait changé d'une minièR soudaine et miraculeuse, nos deux années étaient perdues! S'y a~t-il donc dans cette région ni printemps ni automne? Enfin h constitution de nos soldats cst-dlo aflaibHe i ce point, qa'Oi m puissent plus résister aux ard^rs du soleH? Nous nous nppdov cependant que nos armées ont pu supporter de grandes chfldnn en Espagne, dans le royaume de Naples, et autrefois dasilff Antilles et les Indes-Orientales; nous nous rappdons eotonppt notre armée en Egypte, pays bien autrement brûlant que TAI;^ rie et où il ne pleut jamais, a combattu à la fois, pendant plnsiem années et en toutes saisons, les Arabes, les Anglais et lesTurks; qsr. bien plus , elle a traversé le désert et fait une eampagne en Sm où la clialeur s élève souvent à fcO degrés; d*où nous eondsiv que, si nous avons été quelquefois fort imprudens en Algérie, tes des exi>éditions entreprises pendant la mauvaise saison , nm avons aussi trop souvent redouté la chaleur du climaL L'é^ pcmcnt et ranncment de nos soldats sont trop lourds, si Ton considère la nature et les difficultés du pays où ils ont i nancetvrcr, la manière de combattre des Arabes et le genre de gosnt qu'il convient de leur faire. Nous devrions nous atladMr à aveir un grand nombre de corps légers , pouvant avancer avec h plus grande rapidité, des corps armés et équipés ooanoie k» zouaves. Nous devrions surtout les faire appuyer par un phs çrand nombre de cavaliers, si nous voulons obtenir des sueeèsdfi'isifs. 11 lu* su (fit pn< d* attaquer ot do repousser les Arabes . il but

savoir les joindre^ les tourner et les faire pnaonnieri ; nos eipé- (litionâ ont peu ou point réussi, parce qu'elles élaîent mal cotnbinées, et aussi (il est bon de le répéter) parée que nos généraux avaient trop peu de forces à leur disposition. Pour punir une tribu, il ne suffit pas de la pousser au loin, on doit la surprendre et Tcntourer. Dans ce but, on peut envoyer plusieurs colonnes destinées à converger sur un point et à y marcher rapidement. Quand les tribus Sont sur le littoral, outre les agressions par terre, on de^ vrait encore opérer des débarquemens par mer. C^e^t en les attaquant du fort au faible et dans les momens favorables, au temps des moissons, par exemple, que nos expéditions porteront des fruits ; nous ne tiendrons les Arabes à notre diseréiion que quand ils auront la crainte de se voir enlever ce qu'ils ont de plus précieux, leurs familles et leurs bestiaux.

Parlons maintenant du matériel : Indépendanune&t des camps, retranchemens, forts et blokhaus placés par nos habiles ingénieurs dans l'intérieur des terres, il aéra nécessaire de fortifier les points du littoral que nous voudrons occuper et où nous aurons à craindre l'attaque d'un ennemi aguerri venant d Europe.

Il faut partieulièrement fortifier les forts qui doivent défendre nos rades et nos vaisseaux ; sous ce rapport, on peut s'en rapporter avec la plus entière confiance aux taleos et au patriotisme de nos généraux et de nos marins. Mais on ne peut trop rappeler à l'administration qu'il sera indispensable d'avoir toujours dans cette colonie une année d'approvisionnemens en vivres, et deux ou trois annt^s d'approvisionnement en armes et en nmnitions de guerre. C'est cet esprit de prévision qui manque i tous les peuples et principalement aux Français. Après ces considérations générales' sur Tensenible de nos possessions dans le nord de l'Afrique, voyona (fuelles applications on doit en faire à chaque prevince.

PROVINCE d'oRAN.

On aurait moins à se plaindre du traité du 30 mai, si la ligne de frontières que l'émir nous a accordée, à partir de Sidi-Sald sur le Rio-^alado et qui passe au bord sud du lac Sebga pour de lit rejoindre les marais de la Macla, eôt été poussée jusqu'au ChéKfT, ot eût enveloppé ainsi les villes de Mostaganem et de Misaigran qui nous ont été cédées. Au moyen de cette faible concession, nos*

possessions étaient contigués, et Ton pouvait aller par terre d'Or» et d'Arzew iMostaganem; malheureusement, dans Fétat actuel de« choses , Arzcw ne peut communiquer ayec Mostaganem que par mer. à moins d'obtenir de la gracieuseté de Fémir le passage par terrp.

Dans cette situation, on doit établir deux camps i 1* extrémité df notre frontière avec une bonne route pour y parvenir ; l'un senit placé dans le lieu le plus favorable près de Sidi-Sald et du Rio- Salado, route de la Tafna et de Tlemsen , l'autre sur le Tlélat vers Mascara.

Entre Oran et Sidi-Sald on élèverait un ou deux camps retranchés ou postes intermédiaires, à la portée des sources et de« cours d'eau. Ces camps, mais surtout les plus rapprochés de l'ennemi, renfermeraient, outre les abris, des magasins asseccoosidérables pour permettre à un corps d'armée de s'y arrêter eB toute sûreté ou de s'y approvisionner en munitions et en vivre». pour continuer ses opérations.

Les places d* Arzcw et d'Oran contiendraient toujours une gnnde ({uantité de munitions de guerre et de bouche, non seulement àf manière à pouvoir soutenir un siège ou un blocus d*un an, mù encore afîn d'entretenir un corps de 10,000 hommes pendant fis mois. Les forts de Mers-el-Kébir et d'Arzew seraient aussi complètement armés, fortifiés et approvisionnés, tant pour se dèfendie vers la terre que pour protéger leurs belles et bonnes rades el ks vaisseaux qui viendraient se réfugier sous leurs feux.

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