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RICHESSES ET REVENUS PUBLICS

Les richesses , l'industrie , l'agriculture de cet inunense empire se développent, ainsi que sa population, dans une progression surprenante.

En 1800 , la Russie renfermait 35 millions d' habitans , aujourd'hui elle en compte plus de 56 millions.

En 1800 , son revenu était de 120 millions de francs , il dépasse aujourd'hui MO millions.

Dans le même espace de temps , ses exportations se sont élevées^ de 34 à 375 millions.

La dette de la Russie est évaluée à un milliard environ.

Ici , il faut observer qu'outre les impôts qu'il perçoit sur ses peirples y le gouvernement russe possède des mines fort riches , de grandes usines , d'immenses propriétés territoriales , et en forêts seulement une surface beaucoup plus grande que celle de toute la* France.

A ce tableau on ne manquera pas d'objecter que les finances de la Russie sont embarrassées , que ses dépenses excèdent ses recettes et que l'entretien d'une armée de 600,000 honunes est pour dUe une charge ruineuse. Il y a, dans ces assertions, beaucoup d'exagération. En supposant une différence entre ses dépenses et ses recelrtes , la Russie peut couvrir le déficit par des emprunts sans embar* rasser son avenir, et en présentant aux prêteurs les gages les plus solides et les plus certains : le temps, son territoire et sa popu^ lation.

Avec le temps , sa population s'augmente, et avec celle-ci se développent également son commerce, son agriculture et son industrie.

Par la réaction de ces élémens de prospérité les uns sur les autres, les richesses des peuples marchent dans des proportions as^ cendantes ; les forêts, les usines , les propriétés foncières du gouvernement doublent, triplent , quintuplent de valeur ; ses revenus , ses impôts , les produits des douanes augmentent dans la même progression, tandis que les deux ou trois cents millions de capitaux qu'elle aura pu emprunter resteront toujours fixés à la même somme ; notons encore que , dans des temps plus heureux , le gouvernement pourra en réduire l'intérêt.

Nous le disons avec conviction parce que nous croyons à la bonne foi du gouvernement russe, et parce que cette fidélité à ses engagemens est dans son intérêt bien entendu ; le pays de l'Europe auquel on peut prêter avec le plus de sûreté est la Russie : c'est celui qui otire le plus de ^ages de sécurité par la force et la stabilité de atnt gouvernement ; c'est celui qui oflre le plus de garanties aux pirèteurs par son avenir et par des richesses territoriales qui peuvent être décuplées avant un siècle.

Avec cette inunense étendue de terre et de propriétés , avec cette marche progressive de sa population et de son industrie que sera dono cette puissance à la fin du dix-neuvième siècle?

On s'efi'raie à chercher seulement la solution de cette question

Forces nUlitelres de la BoMiie.

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