RECETTES
rsis.
Revenus des domaines 519,593,000
Impôts directs 2,710,385,000
Imp^ indirects ^,093,998,000
Revenus divers 1,832,U8,000
Tiers de l'emprunt fait par les cultiva-
Icfirs 143,968,000
Total 9,29J^,36a,000
DÉPENSES
V* Parité. Chargea géaérttea. k,556,fcb8,000
^ Partie.
Ministère de rintérieur 1,8(0,177,000
— des affaires ecclésiastiques
et de la justice .... 454,SU,000
— des finances 700,875,000
— de la guerre S,983,W0,00O
— delà Marine 989,7W,00O
— des afhires étrangères . . aOS,fl8>>,000
Total 11,817,598,000
Dépenses, 11,217,596,000 reis, en francs. . 8é,70é,00O
Recettes, 9,29i,362,000 — . . 56,928,000
I>éficit, 1,923,234,000 *- . . 11,780,000
( Mille reis font 6 francs 125.)
sigpéy Mamei iê Sika Pateea.
Ce budget étant établi pour une période de trace noîs, il en réaulie
quefes receUesaBnueileB sont de 53,696,000 franci.
Et les dépenses de 63,<^23,0e0
L'armée est de 26,000 hommes en temps 4âp«Âi, ei de 60,000 en temps de guerre; 20,000 homines, au plus, pourraieiit être envoyés dans une expédilion hors du pays.
ARTICLE TROISIÈME, Be la lÊuËfÊme»
Il est une Yérîté démontrée par deux cruelles expérlencea s lés invasions de 1814. et de 1815; c'est que b France ne peut résister à une coalition et garantir l'intégrité de son territoire qu'autant que la Suisse sait faire respecter sa neutralité et fermer les pasaa*^ ges et les défilés de ses montagnes aux puissances belligôrautes.
Nos frontières de Test forment une ligne rentrante depuis BMe jusqu'à Genève; c'est le point le plus vulnérable de la .France et le moins fortifié. Deux années ennemies, débouchant par la Suisse, et se portant, l'une par Bêle sur Langres , T autre par Genève aQr Lyon, pénètrent au centre de la France , et coupent les conunuaF* cations, d'un côté, entre TAlsace, la Lorraine, la Haute-Cham-* pagne et la Bourgogne; de l'autre, entre la Provence, leDauphiné, une partie du Midi et la Bourgogne. Ainsi la défense de nos frcmn tières de f est est compromise, nos places fortes et nos années du nord, de l'est et du midi ne peuvent se soutenir mUtaettemeHl et communiquer entre elles, une grande partie de nos reasources est épuisée par l'ennemi et de bellea provinces restent à aa dii**« erétion. En résultat, il faut ordonner à nos tioupe» un mouvemélil rétrograde, et pour défendre la capitale, les placer dans un rayon d^ trente à quarante Ueues.
Que si » au contraire, la Suisse fait cause commune créa la Fraiice, et se voit soutenue par une aroaée française, cette aHIaBonlot 4onne une force nouvelle que l' on peut évaluer 4 150,000 hommaa.
£n eifet, au sud par le Valais et les Grisons, toute la haute Iteite est menacée jusqu'au lac de Céme, la droite de l'ennemi est ééftorw. dée, et il ne peut envahir la Provenoa, aona peine d'être fHÎi à revers,
A l'est, entre le lao de Consiance , le Gothanl et le Sftagen ,
— laides chaînes succoMi\x's de montagnes escarpées, des précipices sans fonds, forment des avant-postes fortifiés par la nature el en quelque sorte inattaquables.
Enfin , au nord , k Hgoe militaîre du Ice de Constance à Bâie permet de déborder, sans- danger, la gauche de l'ennemL Aussi, sans commettre la plus grande des fautes et s'exposer à une entière défaite, noscra-tr-il attaquer la France par l'Alsace, et chercher à y pénétrer en traversant les gorges de la Forèt-Noirc , un grand fleuve comme le Rhin, les plaees fortes de l'Alsace, les chaînes des Vosges, et laisser derrière lui une armée qui, débouchant par Constance , pourrut lui couper toute retraite.
Qu'on y réfléchisse bien : la Suisse alliée de la Ftmce force Tenneroi à borner ses -attaques de Bfanheim à Bob-4e^Dae, car on doit compter que, dans le cas d'ime notrrdle 'coalitkm, la France serait au moins en meanre de se porter de suite sor la Kgne du Rhin.
De toutes les fautes connnisefl par l'empereur,- la pkis funeste a été celle d'avoir méconnu l'importance de -cette position, c'est-àdire de n'avoir pas occupé la Suisse, étaUi des forts dans les défilés, fortifié de grandes places comme Genève, Râle, Berne, Zurich, Constance, etc«,et placé des flottilles sur les lacs.
Combien il a du déplorer son imprévoyance, quand il vît ses ennemis traverser la Sui!»se de concert avec l'oligardiiede ce pays , et, au cœurderhiver de 1814, pénétrer si fiieilemeiil en Fmcepar Ccnève et Réie 1
Combien alorsil a dû regretter d* avoir perdu tant de temps , dépensé tant d'argent, et abandonné tant de corps d'armées pour fortifier et défendre Dantzig, Dresde, Hambourg, Magdebourg, etc. !
Au temps de la république, au temps du directoire, gouvernement si faible et si imprévoyant, on a su éviter de si fatales erreurs et reconnaître Timportanœ de cette position; on • sa juger et connaître les sentimeos hostiles de l'aristocratie qui gonvênait la confédération , et plutM que de laisser envahir la Suisse par nos ennemis, des troupes françaises, d'accord avec la grande majorité des habitans. Vont occupée.
C*cst à cette mesure de sagesse , de politique et de prévoyance que la France dut son salut en 1799 et principalement i'avantagcd'avoirompèchérinvanon des Antrichienset des Russes.
C'est par cette occupation que le général Lecourbe, dans le Valais et les Grisons, a arrêté toute Tarmée de SouwarofT pendant plusieurs jours, que Molîtor, avec seulement trois bataillons , Fa empêché de passer à Glaris, après ayoir battu deux corps autrichiens qui voulaient s* emparer de ce poste important.
Cest enfin à toutes ces sages mesures, au courage de nos soldats, à r expérience de nos généraux que nous avons dû le gain de la bataille de Zurich, où Masséna a écrasé l'armée russe, commandée par Korsakow ; victoire admirable, précédée et suivie de quinze jours de combats livrés sur une ligne de quinze à trente lieues d* étendue; victoire qui a sauvé la France, humilié T orgueil barbare de Souwaroff, brouillé ce dernier avec les Autrichiens et déterminé le retour des Russes dans leur patrie , mais réduits au nombre de SOyOOO hommes, de 80,000 qu'ils étaient à leur arrivée.
Observons bien qu'à cette époque (septembre et octobre 1799) 6,000 Suisses et Grisons étaient soudoyés et commandés par des généraux autrichiens, et que les petits cantons soulevés aussi contre nous, furent vaincus à Schwitz.
Ces deux exemples mémorables de revers et de succès, dans ^deux circonstances si différentes et si éloignées Tune de l'autre (on ne i)eut trop le répéter, et notre gouvernement ne saurait trop y réfléchir), prouvent la justesse de cette assertion : La France ne peut se défondre contre une coalition sans VaUiance, ou au moins, sans la neutralité complète de la Suisse,
Aujourd'hui, cette république se trouve partagée entre les deux partis qui agitent l'Europe ; celui du mouvement avancé, et celui de l'aristocratie. La révolution de 1830 a exercé une grande influence dans ce pays ; par suite du mouvement imprimé aux peuples qui nous avoisinaient , l'oligarchie a été réformée dans plusieurs cantons, et a perdu une grande partie de sa puissance.
Cet événement est fort heureux pour la France, car les diverses aristocraties de la république suisse nous haïssent plus encore que -les aristocraties de Pétersbourg, de Vienne, de Londres et de Beriin.
Que l'on consulte l'aristocratie cléricale de Soleure et de Fribourg, l'aristocratie d'argent de Genève, l'aristocratie nobiliaire de Berne, l'aristocratie marchande de B&le, enfm celle des petits cantons formant la ligne de Sarnem, on s'apercevra qu'elles détestent toutes
(«gaiement la France, en haine de la liberté ; que toutes sont attachées à r Autriche et aux puissances absolues.
Travailler à détruire ces petites aristocraties plus vivaces et plus haineuses encore que les grandes en Europe , c'est travailler dans l'intérêt de la France et de la liberté.
Par quelle fatalité faut-fl donc que le gouvernement français se sépare du peu d*amis qu'il comi^y du petit nombre d'alliés qui l'environnent, et surtout de celui qui garde et qui plrotége le point le plus faible, le plus vulnérable de ses frontières de l'est !
Si la diète a eu grandement Uni dans les fondes employées et dans l'accusation portée contre l'ambassadeur de France , relativement à l'aflaire CàmeU^ on concevra aussi que les Gbéraax suisses, qui devaient entièrement compter sur l'appui et la cobpénition de la France, ont dû être surpris et profondément blessés des menaces renfermées dans la note de H. de Montebello, du 18 juillet 1836. Avant de l'envoyer, il (allait songer que c'était le contre-coup de la révolution de juillet qui a fait passer le pouvoir dans le parti ({u'on poursuit aujourd'hui.
Aussi, en admettant que la France ait eu des reproches fondés à adresser à la diète, qu'elle ait eu à lui demander des concessions de« lK)n voisinage, le ministère devait traiter cette affaire entre amis, en famille; il devait réclamer au nom de la France seule, et se garder surtout de confondre sa cause avec celle des princes absolus qui récriminent contre le gouvernement suisse, plus eilcore par la haine qu'ils portent à la dernière révolution de ce pays, que par suite des réclamations fondées qu'ils pouvaient avoir à Iid adresser.
Il suffira de citer une phrase de la note de notre andiassadeur, pour prouver que les principes de la révolution de juDlet et ceux d'une politique prévoyante ont été grandement méconnus.
La voici :
(( Le directoire comprendra sans doute que si cet espoir était » déçu (le renvoi des réfugiés], si le gage que l'EumoFB attend de » lui devait se borner à des déclarations, sans qa*aûcan moyen » de coercition vint les appuyer au besoin , les pitissaiccbs mri- » REssÈEs i ce qu'il n'en soit pas ainsi seraient pleinement en^droit »> lU ne plus compter quittr eUa-fnêmei pour paiie lusncE des ré- >» fiigiés qui conspirent on Suisse contre leur tranquillité, etc. »
Voilà certainement dc^s menaces positives adressées hautement à
notre allié naturel, au nom de TEurops et des puissances voisines, c'est-ihdire abioltêeê.
Voilà donc un ancien allié provoqué et abandonné, non pour nos intérêts ieftU^ mais pour ceux de nos adversaires ; en définitive, pour ceux de la sainte-alliance.
S'associer dans h, question du droit d'asile avec des puissances qui ne partagent. P<^.iio9 doctrines, se mettre à la tète d'un acte humiliant popr l^^ui^^, faijre de la pçlice dans l'intérêt de l'Autriche et du Piémpnt,. telle a été la conduite de notre diplomatie. Certes, c'est l^ie^ Jà une fausse et déj^lorable politique, s'il en fut jamais. .,
Remarq^QO^ encore .que, dans cette malheureuse afllBdre, le ca* binet ïrançai^ a^été défendu par le parti ah^futiste, et a trouvé pour adversaires les caA^pns où la réforqie a été opérée depuis 1830.
Quelbeai) triomphe pour l'aristOjQratie européenne d'être parvenue à retourner la France de juillet contre ses alliés, et i la mettre en quasi-^tiUté avec peux qu'elle devrait soutenir et protéger !
Nous avons donc eu grande raison de dire que les rigueurs de la sainte-alliance étaient bien moins à craindre que ses feintes caresses et sa trompeuse amitié.
Comment d'ailleurs caractériser une politique qui n'a pas su éviter d'aussi fâcheuses collisions, et qui a amené d'aussi grands désappointemens? 11 semblerait vraiment qu'une influence perfide et ennemie dirigç les conseillers de la couronne. Espérons que la sagesse des deux pays mieux conseillés mettra un terme à des débats qui ne peuvent que nuire à la pro^rité ou à la liberté des deux peuples, et que chacun d'eux fera un pas 911 avant dans la voie d'une récopqiliation franche et sincère.*
Après ce^ aperçu politique, nous avops peu de reaseignemens à donner sur un peuple et sur un gouvernement qui sont générale ment connus.
La Suisse se compose de vingt-deux états souverains et indépendans dont un , celui de Bàle , est divi3é en deux parties : Bdle ville et Bâle campagne.
* Dans sa séanos da 5 novembre 1837, la diète â eu U sagesse de salUfaire la France, et les relations de bon voisinage ne seront pas interrompaes.
Paissent ces funestes discussions ne pas altérer ralliance et l'amitié q«l doivent régner entre les deui peuples !
C'est ce que les événemens et le temps feront voir aux Jours d'épreuve.
Ces éUU ou cantons fort inégaux en étendue, en population et en richesses sont régis par des législations dilTérentes et des principes divers d* administration.
7 d* entre eux ont une population de-350 à 102 mille âmes.
Zug et Uri ont 15 et 13 mille -amea, ((nand Berne et Zurich en renferment 350 et 218 mille.
Les principales villes cdmme Génère, Berne, Bftie, Schaffouse, Lauzanne, et Zurich contiennent 26 — 24 — 16*^14 et 11 mille liabitans, tandis que de9 chefs-^lieux de cantons, comme Fraundfeld, Sion, Liestall, Zugi Uri, n*en comptent que 2 43 mille.
La population totale de ee pays peut être évaluée à un peu plus de 2 millions d'habitans braves et la plupart armés. Les corps de milice sont toujours organisés.
On évalue à 70,000 hommes les conUngens réunis de tous les cantons, et à 120,000 les réserves cantonnales. La diète 8*est encore réservé le droit de rappeler, en cas de danger, les régimens capitules formant un corps de 10,000 hommes ; de sorte que, la guerre arrivant , la république peut porter à 200,000 le nombre de ses défenseurs.
Il y a en Suisse une grande quantité de chasseurs très adroits , dont on formerait de nombreuses compagnies de tirailleurs. Ces corps seraient fort dangereux dans un pays aussi accidenté et qui n*est, pour ainsi dire, qu'une immense forteresse.
Cependant, la Suisse n aurait pas les moyens de nourrir, d'entretenir et de solder une aussi grande masse de soldats. D'une part, elle a peu de revenus ; elle ne paie pas de contributions et les cantons sont peu riches ; d'autre part, l'étendue, de ses terres cultivables est trop restreinte pour assurer Tentrctien et l'approvisionnement d'une armée considérable.
Elle ne pourrait y suffire qu'avec les subsides , les secours et Tappui d'un puissant allié.
Avant de terminer cet article, nous croyons utile de citer quelques passages d'une allocution du premier consul aux députés suisses réunis à Paris, en Fan XI de la république.
0 La neutralité de votre pays, la prospérité de votre commerce
)» etuneadminifltraUoii de famille, sont les seules choses qui puis- » sent agréer à votre peuple et vous maintenir.
» Hais les hommes qui paraissent le mieux sentir la vérité de ce » système étaient aussi ceux qui , par intérêt , tenaient le phu au » êyelême de pritiléges et de famille et qui , ayant accompagné de » leurs vœux, et plusieurs» de leurs secours et de leurs armes Us enn nanti de ul Fbance » avaient une tendance A chercher hors de la s Fnmce l'appui de leur patrie.
• Toute organisation qui eût été établie chez vous, et que votre 1 peuple eût supposée contraire aux vœux et à l'intérêt de la » France» ne pouvait pas être dans votre véritable intérêt.
» Après vous avoir tenu le langage qui conviendrait à un citoyen s suisse, je dois vous parler comme magistrat de deux grands pays a et ne pas vous déguiser que jamais la France et la république ita- » lieone ne pourront souffrir quil s'étaldisse chez vous un système a de nature à fàtoriser leurs ennemis,
» Le repos et la tranquillité de 1»0,000,0(M) d'homnios , vos voi- » sins, sans qui vous ne pourriez ni vivre comme individus, ni » exister comme état , sont aussi pour beaucoup dans la balance » de la justice générale. Que rien à leur égard ne soit hostile chez a vous : que tout y soit en harmonie avec eux; et que , comme dans ■ les siècles passés, votre premier inlérM, votre première politique, a voire premier devoir, soient de no rion |>ermettre, de no rien n laisser faire sur votre terriloire qui , directement ou indiroctenmenty nuise aux intérêts, «i Thonneiirot, on général, à la cause du T^fsmpk français.
y* n faut qu'aucun parti ne triomphe chez vous , surtout que ce M ne soit pas celui qui a été bath. Une rontre-révolution ne peut w ocoir lieu.
» Le premier ilovoir, le devoir le plus essentiel de la Franco, sew ra toujours do veiller à ce quun système hostile ne l'emporte pas V* parmi vous, et à ce que des hommes ntf^:v(»t Es a sts K^.^£X1S ne /xir- » rûnnail pas à se mettre à la tête de vos affaires.
» Il convient non si'ulomont qu'il n existe aucun motif d'inquio- » tude pour la j}orh'on de nos frontières (|iii est oi vkbtk ot que vous *• COI VREz , mai*» qiu» tout nous as»iiro onroro qiio, si \<»tn» nrutra- '• lîlé était forrôi», lo hnn ospril d«* \otro t;«>uM»riHMn«Mil v[ l'iiili^rét
» de votre nation vous rangeraient plutôt du côté des intérêtê de la » France que contre eux, »
Au tempg de sa prospérité, Tempereur a oublié la sagesse et la force des conseils du premier consul et de sa politique. Du moins, 1 ne s'est pas mis eu mesure d* empêcher Teflet des mauvais desseins de Varistocratie suisse, alliée toujours fidèle de nos eme-
mis.*
Aussi , au temps de son adversité , a-t-il éprouvé les funestes résultats de son imprévoyance ; Varistocratie suisse Fa trahi, comme ELLE TRAHIRA TOUJOURS la cause des peuples libres. En 1814 et 1815, elle a livré les défilés et les ponts de la confédération à ses amis les rois absolus ; comme elle les livrera plus tfird , en 18 !
Puisse ce cruel et funeste exemple profiter au gouvernement de juillet!
Malheureusement, et trop souvent, les iautes dç leup prédécesseurs et de leurs pères ne servant pas de leçon aux successeurs et aux neveux.
ARTICLE QUATRIÈME
Des quatre gouvememeos libres et contlitulâQniiel^.^ue nous avions classés au nombre des alliés naturels et indispepsables de la France , il ne reste plus que la Belgique avec laquelle nous soyons encore dans des rapports d'amitié et de bon accord ; cette circonstance tient sans doute aux liens de famille qui attachent le souverain de ce pays a la dynastie de juillet»
Ce n*est pas pourtant qu'il y ait le moindre reproche è faire au gouvernement français sur ses relationa avec les Bdges ; au contraire, elles ont toujours été marquées au coin d'une amitié et d'un dévouement sans bornes ; et, soit que le danger f&t plus pressant ou plus imminent, soit parce que l'époque de la révolution de juillet était plus rapprochée, soit, enfin, parce que les conséquences de cette révolution n'étaient pas encore méconnues, la France a
* Voir la convenlion signée à Zurich, le SO mai 1815, eotre la diète saiMe et If 5 quatre grandes puissaureu signataires du traité deChaumont.
fait pour la Belgique ce que 1* honneur, ses intérêts et sa sûreté lui commandaient, ce qu'enfin elle a refusé à l'Espagne, quoiqu'elle se soit obligée par des traités à la soutenir.
Elle 6$t v^nue ouvertement , qn 1831, au secours des Belges me* nacés de retoni])er sop$ Je joug du roi de Hollieinde; bravant les menaces de la si^nte-alliance, elle e^t intervenue avec courage et fermeté daqs la lutte, pour repousser l'armée hollandaise et arracher un pay^ si voisin.de la France à son ennemi le plus invétéré.
C'était yi Jiiniç résolutiçn gi^andè, politique, digne de la France et du grapd citf^yen qui était alors à la tête du ministère français , de l'illustre et du tant regrettable Casimir Périerl
Pourquoi faut-il que ses successeurs aient oublié si vite ses principes politiques et répudié un si noble exemple I
On doit convenir cependant que iès^Belges ne se sont pas montrés reconnaissans de ce que nous avons fait pour leur émancipation. Certes, les officiers que nous leur avions laissés, pour organiser leur jeune armée, n'ont pas été traités avec la courtoisie et les procédés que nous étions en droit d'attendre de ce peuple.
Ainsi, il faut attribuer la durée de notre alliance avec la Belgique, plutôt à la crainte qu'inspirent à ses habitans les menaces et l'attitude hostile du roi de la Néerlande, qu^à leur sympathie et à leur reconnaissance pour les Françaia.
Ce nouveau royaume renferme près de {^,000,000 d'habitans répandus sur le sol le plusriehe et le plus fertile de L'Europe.. A cet avantage natui^ se joignent ceux que procorent une agriculture fort avancée, de grands capitaux accumulés depuis quatre ou cinq siècles, et une industrie qui, sous certains rapports, peut rivaliser avec celle de l'Angleterre.
Les manufactures de dirap de Verviers et de» petites villes qui l'entourent, les fabriques d'armes de Liège, les forges de cette ville, de Mons et de Charleroy, les toiles de Courtney, les cotonnades de Gand, les inépuisables bassins houillers de Mons, de Charleroy et de Liège sont loin de redouter la concarrenee des produits du sol et des nuinufactures de la Grande-Bretagne.
Aux nombreux canaux qui sillonnent la Belgique vont se joindre, comme le plus puissant élément de prospérité , ces nombreux chemins de fer dont le système a été conçu et créé par le gouvernement. Ils auront pour résultat de réunir au centre commun de
Maliues les villes d'Anvers, celles de Liège et de Louvain, celles; de Mons et de Bruxelles , et celles d*Ostendeet de Gand , etc.
Cette prospérité toujours croissante, que la paix, la liberté, la nature et l'industrie apportent à la Belgique, calmera sans doute ses passions politiques et finira par, réunir en un seul les partis qui divisent sa population et qui sont : 1** lesorangistes, assez nombreux à Anvers, à Gand et dans le nord du royaume ; 2" les libéraux indépendans, et ceux du parti catholique r^andus en assez grand nombre à Bruxelles et au centre du pays; 3' enfin le parti français, considérable à Liège, i Namur, à Charleroy, à Mons, et sur les frontières du midi.
Avec les élèmens de richesses que renferme la Belgique, on concevra facilement que ce royBume possède des revenus considérables et que ses finances soient en état do prospérité. Nous allons en donner l'analyse :
Le budget des voies et moyens pour 183^ est établi ainsi qu'il suit : fr.
Contributions directes 31,U0,000
Douanes 7,600,000
Accises (sel, boissons, etc.). . 17,580,000
Enregistrement, Timbre, Hypothèques, etc. ... 17,375,000
Domaines 2,400,000
Produits des barrières sur les routes 3,265,000
Postes 2,3fc0,000
Bemboursement d'avances faites pour le travail
des prisons 1,400,000
Becetles diverses 1,760,000
84,130,000 £n 1835, les revenus ont été augmentés de. . . . 3,600,000
* Total. . . . 87,730,000
* Le budgel présenté pour 1837 s'élève , en reccUei et en dépenses, à 85,290,000 fr.
La dette flolUinle de 20,000,000 fr.
sera réduite au moyen d'un prélèveinent sur un emprunl de
30 millions, à 4 p. tOO, de 11,000,000
Restera 15,000,000
sur lesquels on éteindra encore 3 millions avec l'excédant des ressources de
Ce qui , sur une population de ^,000,000 dames, imposée chaque tète d'habitant 22 fr. 00. — En Hollande, cette charge est de 72 fr. — En Angleterre, elle est de 45 fr. 80. — En France,
de 30 fr. 74.
Ayant de détailler le budget des dépenses , noqs ferons observer qu'il est fort sagement divisé en deux parties distinctes : les dépenses ordinaires et les dépenses eitraordinaires et temporaires. Il serait à désirer, pour bien faire connaître la quotité et la durée dés charges ii'npbsées à un pays , que cette méthode fût adoptée en France.