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CHAPITRE TROISIÈME

DES PABTIS OUI DIVISETT LA FEAHCE.

I8ABEAU. Le peuple crie cette dqU : Fhft Bomrgàgme . LE co.^NÉTABLE. Il Criera demaio : f^M Armagmae: CHARLES VL Et qui Criera donc : f^ivt le Framce ! (Pirinel LecUrc, acte V, scène IX.)

Voilà bien Fétat actuel de notre beau pays; les légitimistes crient : /^ir« Henri i^f c'est-à-dire vivent nos privilèges et le roi absolu , pourvu qu'il soit à notre dévotion et dirigé par nous. Le parti oppos*^ et tout aussi ardent, crie : rive la république/ c^egîà-dire vienne une subversion totale de Tétat de choses actuel. Les républicains de conviction veulent établir de force le système quMIs croient utile au peuple; les autres ne veulent que saisir Foccasion d'arriver au pouvoir ; et malheureusement les voix de ces deux partis ne sont pas étouffées comme elles devraient Fôtre par ce cri national : rivent la France et la liberté,*

* En touchant dei questions qui intéressent des passions si vivat cl ^\ promptrs é s'irriter, nous avons besoin de répéter que nous n'entendoni Mesvor personne individuellement ; que plein de respect pour toute opinloo eonsricni-ieu<ir et indépendante, nous n'entendons combattre que les partis.

Nous \oulons défendre Ki rbarto cl la d>naslie de 1830 contre ceut qal ven-

Par ce titre dt^s partis qui diviseot la France , nous n*entendoii< pas parler de loppositiou ; tioii tour \iendra phis tard; nous ne voulons comprendre dans ce chapitre que ceux qui se sont déclarés liautoniont les ennen^is de la charte et de la dynastie de 1830, et qui cherchent à les renverser par tous les moyens possibles.

Nous ne les confondons pas avec des opposans, et nous les appelons cequ*ils se vantent d*ètre : des enmmis. Ils nous font la guerre, soit ; ils doivent donc permettre qu*on se défende contre eux.

Nous les diviserons en deux classes : dans la première seront compris les légitimistes ou les partisans du pouvoir absolu ; le clergé viendra à la suite de cette catégorie. Dans la seconde seront placés les républicains.

ARTICLE PREMIER

DE i/aRISTIKIIATIE EIROPÉEN.NË ET DES LÉGITIMISTES^ HLiNÇUS.

l/arislorratie ne rerule pas , n'oublie pas , ne pardonne pas, et ne transige jamais

Jamais opinion plus vraie n'a été émise sur ce parti ; 1* histoire du moyen-âge, l'histoire moderne, et surtout les faits qui so sont accomplis depuis la réxdution de 1789, sont venus mille fois coni(tatt*r la justesse de cette assertion; cependant , aujourd'hui encore, nos gouvernans se laissent prendre aux feintes politesses et aux démonstrations perfuli^ de F aristocratie européenne ; ils attaclient tant de prix, sinon à Tamitié , du moins au bon vouloir des gens qu'on appelle les yens comn^e il faut , qu'ils leur sacrifîent sans p«Mne \i^ hommes de juillet ainsi que la classe immense de la moyenne propriété et de l'industrie!

Mais nos ministn\s aurcmt beau lui faire des avances, raristo- (Tatie ne transigera pas avec eux; s'ils doutent d*une vérité si connue, cpi'ils veuillent bien lire cette courte allocution du plus spirituel organe du parti légitimiste :

lenl )f f renvf rsi*r, et quoique nous ayon» rapidement lourhé à ee sujet ravertissemeni placé en ièit de rel ouvrage, nous croyooi qu'U eti uteg p(»rlani pour le rappeler encore el l'envisager sous tou&es tes face» ; trop reui »i, par nos avis, nous pouvons faire rentrer dans la voie Bationalf qwlque« oii« de nos adv^rMlres.

« Nous répondrons au journal la Paix que nous sommes les «o- » nemis déclarés des eonceaùmi, et que nous n*en ferons Jamais. )»

( Gax$ne de FitNM», 37 août 1836.)

Et cette déclaration de la même feuille, en réponse aux agaceries de la Chronique de Paris :

<c On ne peut^s' allier que par des principes communs ou par des » concessions aux partis contraires. Nos principes n'ont jamais » varié et , loin de faire des concessions , nous ayons retiré toutes » celles que la restauration avait faites. » ( Idem, 5 avril 1837.)

Nous rappellerons encore une lettre de M. de Cmsiin, insérée » en 1836, dans tous les journaux légitimistes.

Une feuille périodique avait annoncé que le noble comte s*était présenté aux Tuileries ; aussitôt il s'empressa de démentir cette démarche et de la repousser avec autant d* indignation que si on l'avait accusé d*un crime.

Nous pourrions citer mille traits pareils ; mais , pour ne pas trop nous étendre, nous nous contenterons de ceux qui viennent d'être rappelés.

PersuilOonsHiousbien , en outre, que ce n'est pas i Puis seulement que Ton trouve un faubourg Saint-Germain, il en existe de pareils à Londres , à Berlin , à Rome , à Vienne , à Saint-Pétersbourg; tous sont unis par une communauté d'intérêts; tous s'entendent, tous se soutiennent. En présence d'une telle coalitioQ et d'adversaires si puissans , que les peuples , de leur cété , sachent aussi s entendre et s'allier 1 A-t-on oublié que vainement la haute finance et la noblesse de l'empire ont voulu pénétrer dans les rangs de cette aristocratie superbe ? Napoléon lui-même s'est brisé dans son imprudente tentative pour la rallier i son trône; il s'est surtout perdu en cherchant à greffer sa jeune dynastie sur les vieilles souches royales de FEurope; les avances, les sacrifices aux rois du droit divin, cheb naturels de l'aristocratie, lui ont iait négliger deux fois Toccasion de dominer entièrement l'Europe et d'assurer à jamais peut-être la gloire et la prospérité de la France. Si ce grand homme a bien compris Faristocratie quand il prononfa oes mots remarquables : les blancs sont blancs et les bleds soFrr BLEUS , il faut aussi convenir que, malheureusement , il a trop vite oublié cet axiome ; il s'est écarté trop tôt des bletu pour donner la

main aux blancs, et c*esi là peut-être la cause la plus détenninante de sa chute I chute que prévoyait son meilleur ami , le maréchal LaoneSy plus recommandable encore par sa fidélité aux principes de la réYolution et par la oomiaissimee qu'il arait des sentimens de r aristocratie , que par sa valeur et ses grandes ({uftlités militaires.

Voici i Tappui do eette assertiofi un fait qui nous vient de la source la plus sûre.

Quand Napoléon eut gagné la bataille d*Âusterl{tz, Lannes lui conseillait de retenir prisonnière en France l'armée autrichienne qu'il avait enlevée en deux mois, et les débris de Tannée russe qui étaient cernés ainsi que le czar Alexandre. « Gardez-vous d'écou- » ter, lui disait-il, leurs protestations d'amitié et leurs feintes ca- » ressesl Charmé de traiter d'égal à égal avec de grands monar- » ques, vous leur accorderez la paix moyennant la cession de quel- » ques provfncés ; vous allez mettre en liberté leurs troupes après » leur avoir appris à se battre ; mais rappdez-vous bien que ces sou- » verains Àe vo'iis pardonneront jamais les dangers que vous leur » avez fait courir, et moins encore l'humiliation d'avoir cédé i » un soldat parvenu ; pensez surtout que si, un jour, ils ont sur vous D quelques avantages, ils ne s* arrêteront pas et les pousseront ju»- » qu au bout. Loin de faire la paix quand ils vous auront enlevé » quelques provinces, ils en exigeront d'autres encore; puis, quand » ils auront envahi une certaine étendue de la France, ils voudront » qu'une plus grande partie leur soit cédée ; enfin , ils ne cesseront » la lutte que quand ils vous auront renversé et mis en leur pou- » voir. B L'empereur sourit à ces fâcheux pronostics , les considérant comme le rêve d'une imagination exaltée , et Lannes se retira à demi brouillé avec son ami.

Après la bataille de Friedland , le véridique maréchal qui avait si bien servi avec son épée voulut encore servir par sa franchise ; il vint répéter à Napoléon tout ce qu'il lui avait dit à Vienne ; il insistait pour qu'on détruisit l'armée russe comme on l'avait fait de l'armée prussienne , et celui qui avait déconseillé la campagne de Pologne demandait alors que ce royaume fût rétabli et que le roi de Prusse perdit ses états « Vous allez trop réduire sa couronne , » disait-il à l'empereur, vous l'avez trop humilié, trop froissé ainsi » que ses peuples pour qu'ils puissent vous le pardonner; craignez s> que le moment de la vengeance n'arrive un jour I Ne placez pas

x> un ennemi implacable et trop puissant entre la Pologne et T Aile- » magne ; écoutez ces avis ou bien renfermez-vous dans les limites )). du Rhin et des Alpes, et renoncez à vos projets d'ambition ei de n conquêtes , etc., etc. » Cette fois encore Lannes ne fut pas écouté, on resta sourd aux sages conseils d'un homme qui semblait lire dans laveniretquile prévoyait précisément parce qu'il savait connaître et apprécier les principes inflexibles de Taristocratie ei des rois qu'elle gouverne. Désespéré de n'être pas compris , irrité de voir commettre de si grandes fautes, le maréchal se ût malade, s'eeferma chez lui et refusa de recevoir les généraux ennranis , les princes et le grand-duc Constantin lui-même.

Sept ans plus tard , Napoléon était confiné à l'tle d'Elbe et, un an après , l'aristocratie européenne victorieuse et implacable l'enchaînait sur les rochers de Sainte-Hélène ! et pourtant ce n'étaient ni les traités, ni les témoignages d'admiration, ni les promesses d'une amitié à toute épreuve qui avaient manqué à Napoléon de la part des princes de l'Europe; presque tous avaient brigué son alliance, et l'empereur d'Autriche lui-même s'était trouvé heureux de lui donner en mariage une de ses filles!...

Après avoir rappelé la conduite de l'aristocratie autrichienne et russe envers Napoléon , voyons quelle a été la conduite des légitimistes français envers deux ministres de la restauration qui ont rêvé la possibilité de les rallier aux libertés constitutionnelles, MM. Decazes et de Serre.

A lépoque de l'assassinat du duc de Berry, les légitimistes dirent au premier de ces ministres : » Nous sommes loin d'être vos » ennemis, nous n'en voulons qu'à vos principes libéraux !... Voyez » où ils nous ont conduits I Marchez donc avec nous et nous vous » soutiendrons ; proposez aux chambres les mesures que nous ré- D clamons pour empêcher la propagation de doctrines qui amènent » d'aussi grands crimes, et nous serons tous à vous ! »

Ce ministre eut la faiblesse de croire à la véracité de ses nouveaux amis. Parvenu jeune encore à la tête de l'administration, en possession de la faveur du monarque, le duc Decazes n'usa de sa puissance que pour faire du bien ; il en fit même à ses ennemis. Ce^ pendant, avec quel acharnement n'a-t-on pas saisi l'occasion de le renverser, comme s'il eût été coupable de l'attentat d'un furieux qui avait conspiré seul et formé seul le projet de détniirc la fa-

'mille royale ! Ce n est pas au sujet de la mort du duc de Berry, dont il était entièrement innocent sous tous les rapports, que Tarisiocratie se déchatnait contre le ministre; on l'attaquait, on pressait sa chute parce que , de concert avec le roi , il avait montré de rattachement aux principes constitutionnels et tenté de combattre la funeste influence du pavillon Marsan. On l'amena à proposer des lois d' exception pour le compromettre avec le parti constitutionnel; il eut la faiblesse d'y consentir, et à peine ces lois étaient-elles présentées aux chambres, qu'il fut renversé aux appiaudissemens de ses perfides alliés.

« Examinons maintenant la conduite de ces mêmes hommes envers l'autre ministre qui, malgré la disgrâce de son collègue, conservait encore l'espérance de les ramener dans la voie constitutionnelle.

En 1819, les libéraux exaltés commirent, à Taide de quelques ultrà-royalistes plus avisés qu'eux , la faute de nommer l'évèque Grégoire à la députation de l'Isère. L'aristocratie était trop habile pour ne pas profiter d'une faute si propre à seconder ses projets. Aussi s'empressa-t-elle de crier au scandale I Un pareil choix, disait-elle, est trop significatif; si on le tolère, c'est qu'on veut le renversement de la monarchie , etc. ; s'il en est autrement , il faut changer la loi d'élection. Le maréchal Saint-Cyr, le général Des— soles et le baron Louis virent le piège tendu par le parti royaliste et, plutôt que de lui abandonner la plus précieuse de nos garanties, ils préférèrent quitter le ministère ; mais leur collègue, M. de Serre, soit par le désir de conserver sa place, soit par l'espérance de devenir le chef do ce parii, conserva son portefeuille. Comme on avait besoin de son talent, de sa voix et de celle de deux ou trois amis dont il disposait, pour renverser la dernière barrière aux envahissemens de la contre-révolution, on ne peut imaginer les moyens que la faction mit en usage pour le circonvenir ; promesses, dotations, éloges, tout lui fut prodigué. Sa femme se vit comblée de prévenances et d'honneurs au pavillon Marsan. Comment résister à tant de séductions? le moyen de ne pas ajouter foi à de si belles protestations faites par T héritier du trône?

Un de ses amis cependant se sacrifia pour l'éclairer, et lui dit : « Les royalistes vous trompent, et sur les sentimens qu'ils vou» » portent, et sur leurs projets à T égard de nos libertés. Pensez- » vous qu'ils oublieront et votre éloge de la convention, et votre

» loi athée (celle sur la liberté de la presse), et votre défense d# )) cette même loi d* élection, et votre épithète sur les prêtres/

» Mais si vous croyez à leur manque de mémoire , rappelez*- » vous du moins la fixité de leurs principes, et cette maxime ia- » variable qui jadis fut votre guide: l'aristocratie ne recule pas » et ne transige jamais. »

Enfin, Tofficieux conseiller termina son allocution par ces mots : « Vous allez leur mettre le pied dans Fétrier, mais avant de te » mettre en selle, ils auront soin de vouis renverser. » Aveuglé par une inconcevable erreur, le ministre fit destituer son ami et se jeta dans les idées rétrogrades ; mais comme il ne s'y précipitait pas, comme il n'allait ni assez vite ni assez loin, il se vit quelques mois après envoyé en ambassade ou plutôt , comme il le dit luimême, en exil à Naples.

L'ancien ministre y mourut de chagrin et peut-être de remords, après avoir vainement essayé de se faire nommer député dans son propre département.**

* Dans une de ses leUres il iTail écrit à on ami : « Croiriez-Toas qoe Ton » veut confier Téducation de la jeunesse à des caloiiml.,. » Broaillé pins tard avec cet ami, il craignait que cette lettre ne fût montrée.

** A ce sujet, nous citerons un fait qui pourra piquer la curiosité de nos lecteurs, et servir en même temps de leCon aux ministres de la branche cadette, qui semblent vouloir traiter les élections comme le faisaient certains ministres de la branche atnée.

M. de Serre, ancien émigré, ancien ministre de la justice, ambassadeur A Naples, jurisconsulte éminent et, par-dessus tout, un de nos plus grands orateurs, devait croire qu'à tant de titres, sa candidature à la députatioo triompherait dans le département qui Tavait vu naître , où il comptait, en grand nombre, des parens, des amis , des créatures, et où il était,en outre, soutenu par l'opposition. Mais H. de Serre avait oublié une chose essentielle dans ses calculs, l'appui et l'approbation du gouvernement ; il avait oublié que, quand il abandonna le parti national en 1820, pour passer à celui des légiUmistes, il avait , pour complaire à ses nouveaux alliés, posé en principe qut iet employés et Iet obligés du gouvernement lui devaient aide et obéissance absolue en toutes choses, surtout en fait d'élections, sous peine de perdre leurs emplois et les faveurs dupouvoir. Tel était l'a&iome politique assez peu moral qu'il avait établi, étant au pouvoir, n'ayant pas prévu qu'on pourrait un jour l'invoquer contre lui ; or, la nomination de M. de Serre ne convenait pas à ses successeurs qui craignaient avec raison de le voir revenir de Naples pour leur faire une opposition dangereuse par son talent et son éloquence ; en conséquence, ils s'opposèrent vivement à son élection , et firent signifier à tous les fonctionnaires du département le maintien du fameux principe : Obéir an pouvoir , on quitter sa place. Tous les électeurs fonctionnaires cédèrent aux injonctions ministérielles ; l'un des proches parens de M. de Serre , nommé ,

^i ces exemples récens ne suffisent pas à prouver que l'aristocratie ne troMtge jamais et qu'elle est implacable dans ses vengeances , remontons à des temps plus éloignés , et recourons à l'histoire : elle nous apprendra que Faristocratie ne se fit jamais, scrupule d'exciter la guerre civile, de plonger le pays dans les désordres de toute espèce , et de chercher à établir son pouvoir sur les ruines de l'autorité royale. L'inflexible vérité dira que si l'aristocratie soutint quelquefois les rois , ce fut à la seule condition qu'ils régneraient jHir die et pour elle; hors de là, elle n'hésita jamais à les combattre , à les détrôner , à leur ravir la liberté cl. quelquefois la vie.*

par sa protection, i une grande charge financière , pQU3sa mêmo-la franchise au point de répondre à ses instances : « qu'il était bien Tâché de ne pouvoir <• tiii donner sa voit, mais qu'il se rappelait les doctrines de l'ancien minis-

• tre de la Justice sur l'obéissance passive des fonctionnaires envers legou- » vemement, et pouvait d'autant moins y manquer que sa place lui était né- » cessai re. >

M. de Serre était fort souffrant A sa campagne près deNaples,quandil reçut cette lettre ; en achevant de la lire, il tomba de honte et de douleur sur son canapé , en s'écriant : ^h ! c'est trop fort ! Cependant l'ami destitué lui donni^ le sulTlrage que le parent placé lui avait refusé.

* Pour prouver que l'aristocratie ne veut d'autres souverains et ne reconnaît pour légitimes que les rois qui consentent à se laisser gouverner parelle, nous citerons un article, fort naïf et fort curieux, inséré dans ta Quotidienne du 26 juin 1836 , sous la rubrique de Lpndres;

On accusait les tories de projeter une révolution aristocratique et de vouloir , changer Tordre de succession au trône de la Grande-Bretagne : voici comment la feuille légitimiste prend leur défense :

« Cependant si la princesse Victoria faisait un mariage impopulaire, ai les » intérêts de ses amourettes ne cédaient pas aui intérêts de sa patrie : peal- » être quelque représentant, s'appuyant sur l'exemple d'O'Connel qui vient de

• proposer le renversement de la constitution, demanderait-il au parlement » le rétabliisemeni de la loi salique ; peut-être aussi trouverait-il une maJQ-

• rite dans les deux chambres pour assurer k la Grande-Bretagne la posses-

• sion du Hanovre et prémunir le pays contre les dangers qui peuvent résulter

• des caprices amoureux d'une jeune reine.*

Des principes aussi commodes et aussi' élastiques prouvent que si le duc de Bordeaux était libéral et que si Louis-Philippe était un prince absolu, ce dernier serait, aux yeux de nos adversaires, souverain légitime ; ou bien que si le duc d'Angoulême et le duc de Bordeaux étaient morts, Louis-Philippe serait encore pour eux souverain illégitime, tant qu'il resterait roi conitilutipn^, nel. En écrivant cet article , on voit que la Quotidienne pensait aa duc de Cumberland et qu'elle avjilt apprécié suffisamment ses senlimens politiques, pour prévoir qu'il briserait la constituUon du Hanovre.

Ainsi aux yeux de la ligue et de Rome , Henri UI était un soitverain illégi*

sous LA PREMIÈRE RACE.

Révoltes continuelles des grands contre le prince et coaKtioo^ contre les intérêts de la masse du peuple.

Les rois sont gouyemés par les maires du palais nommés par les leudes, cette aristocratie militaire des peuples conquérans.

sous LA SECONDE RACE.

On voit une longue suite de rois renversés, abreuvés d' humiliations, dépossédés, puis replacés sur le trône par les deux aristocraties des grands et du clergé.

Louis-le-Débonnairc est deux fois détrôné et emprisonné.

Charles~le-Gros, pauvre et abandonné, meurt de chagrin dans un village de Souabe.

Charles III, dit le Simple, battu par Hugues-le-Grand, se sauve chez le comte de Yermandois qui renferme à Péronne où il expire de faim, après sept ans de misère et de captivité.

Lothaire et Louis Y, derniers rois de la race carlovingienney meurent par le poison.

C*est sous Raoul (en 928) que furent établis les fiefs ; c'est-idire que les seigneurs, profitant des désastres de F état et de la faiblesse du monarque, rendirent héréditaires dans leur famille les titres et les places que, jusqu'à cette époque, ils avaient possédés i vie ; une espèce de hiérarchie féodale s'établit dans l'état ; les grands vassaux relevèrent de la couronne et les petits des grands vassaux, tandis que, sous les rois de la première race, tous les Français, quelle que fût leur origine, pouvaient également prétendre aux dignités civiles et militaires.

Plus Cautl, les seigneurs, devenus complétemeet ind^ndans, purent forcer, dans certains cas , leurs vassaux à les suivre à la. guerre, même contre le roi.

Urne qa'il fallait remplacerpar le dac de Goise» prince très légitime, commue chacun sait !

Voilà avec quels princiiies les ligueurs de nos Jours expliquent l^légill* Uiilé ; c'est d'après ces principes qu'ils entendent la sainteté du serment.

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