POUR LA DÉFENSE NATIONALE
... Ce que trop de gens encore ne veulent pas comprendre chez nous, c'est que l'Allemagne, organisée d'abord pour l'exercice de la domination militaire, ne pourrait échapper, si elle le voulait — et elle ne paraît certainement pas le vouloir — à la fatalité des nouveaux développements de violence.
Toute l'Europe sait que nous sommes à son égard sur la défensive, et l'Allemagneelle-méme ne peut avoir aucun doute là-dessus. Sous prétexte de se garantir contre notre agression, elle n'en continuera pas moins ses entreprises de surarmement jusqu'au jour qu'elle croira propice pour en finir avec nous. Car il faut être volontairement aveugle pour ne pas voir que sa fureur d'hégémonie, dont l'explosion ébranlera tout le continent européen quelque jour, la voue contre la France à une politique d'extermination.
Si la catastrophe est inévitable, il faut donc que nous nous préparions à l'affronter de toute notre énergie. Voilà pourquoi je suis disposé, d'une façon générale, à ne rien refuser au gouvernement, quel qu'il soit, des moyens de défense qu'il sollicite des Chambres. Ceux qui ont vu 1870- 71 ne peuvent plus laisser échapper une chance, si minime fut-elle, de ne revoir les effroyables jours dont l'horreur no pourrait qu'être centuplée. Au moins, si la destinée m'inflige encore, en l'avivant, ce supplice sans nom, dont le souvenir me hante, ai-je bien résolu de ne jamais mettre à mon compte la plus petite part des responsabilités dans tout ce qui peut affaiblir mon pays livrant le suprême combat pour l'existence.
Je voudrais tous les députés imprégnés de cesentimen! qui faisait dire l'autre jour à un homme illustre dont le rôle fut éminent dans la guerre de 1870, ei quene je crois pas enthousiaste du service de trois ans : « Le service de cinq ans serait absurde. Cependant je le voterais si le gouvernement me le demandait, parce que je ne veux pas