‹ La France devant l'AllemagneChapitre 9 sur 133 · LA CONFÉRENCE DE BERNE · texte numérisé non relu

LA CONFÉRENCE DE BERNE

... A quoi bon tant de paroles vaines? Lorsque les parlementaires français et allemands vont se trouver réunis à Berne, il faudra, en des formes protocolairement déterminées, entamer une conversation. Quel sujet à l'ordre du jour ?

Je lis dans les journaux qu'on a d'abord écarté la question d'Alsace-Lorraine. C'est de prudence élémentaire. Pourtant, si, des deux côtés de la frontière, ceux qui n'en disent rien y pensent toujours, je me demande où est l'avantage de réunir des gens qui, ayant une conception contradictoire d'une question donnée, ne s'accordent que pour n'en pas souffler mot.

Il reste, par chance, la réduction des armements, qui peut donner lieu à des développements oratoires. Seulement, voyez le malheur, l'Allemagne, tout justement, vient d'accroître formidablement sa force militaire, au point que la France se voit contrainte d'augmenter ses effectifs, à son tour. C'est un bien mauvais point de départ pour une joute d'éloquence qui devrait conduire à une conclusion diamétralement opposée.

Je sais bien que de nos parlementaires à Berne beaucoup se proposent de voter contre le projet de loi français sur le renforcement des effectifs, mais la malchance veut que leurs collègues allemands soient, en ce qui concerne leur pays, dans des dispositions toutes contraires.

... Je ne sais si les membres du Reichstag qui feront le voyage de Berne seront de ceux qui jouissent d'une grande autorité sur leurs collègues, mais il me semble que le plus influent d'entre eux ne pourrait fournir aucun commentaire capable d'entamer à un degré quelconque la force d'un argument ainsi conçu : « Nous pourrons causer de la réduction des armements quand nous les aurons augmentés. »

V Homme Libre, 10 mai 4913,

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