AUX THERMOPYLES
que nous fassions au delà du nécessaire. J'avoue que ma crainte n'est pas de nous voir trop bien défendus — surtout, quand je songe que, profondément résolus à n'attaquer jamais, notre adversaire aura le très grand avantage de choisir l'heure et le lieu de l'offensive.
Lorsque je considère toutes les difficultés que nous rencontrons à faire pénétrer, dans tant de cervelles parlementaires, l'idée d'un établissement immédiat de forces suffisantes pour nous préserver de la mortelle catastrophe qui pourrait résulter d'une surprise, il m'arrive de me demander dans quelle mesure les institutions de la démocratie peu veut favoriser ou combattre les dispositions de résistance militaire qu'impose atout pays le sentiment primordial de sa conversation. L'évolution démocratique del'Allemagne, quoi qu'en ait pu dire, un jour, le vieux BeheJ à M. Jaurès, est encore assez loin de lanôtre. Mais, sans s arrêtera la critiqueducésarismeallemand,il suffît de constater que toutes les forces vives de l'Empire avancent, en un formidable bloc d'activités ordonnées, vers un but de domination — pacifique si le monde se résigneà la soumission, violente s'il se manifeste des résistances aux volontés delà Germania inscrites aux livres des destinées. Empereur et oligarchie impériale marchent d'un même pas, entraînant Je populaire, qui saisit, dans cette direction, toute chance de manifester son enthousiaste assentiment. Que servent les belles phrases du Vorwaerts, quand la Social-démocratie permet à ses députés — si elle ne l'exige pas — de voter l'impôt de guerre, alors que nos socialistes refusent leur
voix au budget?
L'Homme Libre, 25 juin 19 / 4.