AVANT LE SIGNAL
germanique d'une entreprise de guerre où s'allument tous les appétits d'une pieuse sauvagerie qui va jusqu'à prendre le Dieu de l'Evangile pour complice du plus grand crime de l'histoire contre L'Humanité. Car il recommande à ses hommes d entrer dans les églises pour obtenir du Dieu de bonté d'abondantes rapines pour le retour. Quand on a la conscience fabriquée de telle sorte qu'une telle pensée ne la puisse mettre en révolte, il faut s'attendre à tout de cette inhumanité.
Aussi bien l'état de choses, consacré par le traité de Francfort, ne pouvait-il plus durer, dès que Bismarck, et, après lui, Guillaume II, n'en ont pu faire qu'un instrument d'hégémonie par lequel ils ont condamné l'Europe, sous la menace de leurs canons, à la politique de surarmements. Le jour où l'Allemagne nous a conduits ainsi, d'une volonté préméditée, à la crise suprême, est venu plus tôt que je ne pensais, mais il est venu. Quand je l'annonçais, quand je répudiais la folle prodigalité d'hommes et de richesses en des entreprises de vanité coloniales, on m'a souvent répondu que je m'abusais sur le péril allemand. Il n'y a pas longtemps qu'on me Fa répété a propos du traité allemand pour le Maroc, contre lequel je fus à peu près seul à voter. Je n'ai garde de récrimer, mais, hier encore, quand on me rapportait que quelques-uns de nos hommes politiques les plus fameux s'obstinaient à annoncer que l'Allemagne ne nous ierait pas la guerre, je ne pouvais me défendre d'un sentiment de tristesse à penser avec quelle imprévoyance systématique nous avons été trop souvent gouvernés. Il faut l'oubliera cette heure, pour nous rassembler autour du gouvernement, et faire front avec lui contre l'envahisseur.
f|,J)ans l'énorme partie qui s'ençrage, ce n'est pas la France seulement, pas plus que la Russie elle-même, ou l'Angleterre qu'il faut considérer. Non. C'est la destinée de toute la civilisation européenne sur laquelle le sort des armes va prononcer. Le maintien d'une belle diversité d' culture, dans l'indépendance des peuples, ou l'exé-
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crable tentative d'une unité de germanisation mécanique sous un talon de fer. Ainsi notre cause est devenue celle de toutes les nations, de tous les gouvernements qui ne séparent pas le sentiment de la dignité nationale de leur conception d'une vie commune selon les lignes directrices des traditions de nationalité.
Beaucoup se tairont, essayeront de cacher leur tremblement intérieur en pensant qu'ils regardent, les bras croisés, les soldats de la France tomber sur les champs de bataille où se joue, avec la vie même de la nationalité française, la vie aussi des petits peuples assez faibles de cœur pour consentir à succomber sans avoir combattu. Et nous qui envoyons nos fils à la sanglante mêlée, nous qui sommes traîtreusement menacés dans les racines les plus profondes de notre vie, nous avons résolu de sauver tout ce qui peut être sauvé de nos glorieux apports de civilisation, auxquels notre plus haute ambition est de toujours ajouter.
En nous défendant, nous sommes les champions de la cause de tous. Si, dans le passé, nous avons eu des torts envers l'Europe, assez de malheurs nous les ont fait cruellement expier. Et nous nous présentons avec l'Angleterre qui, dans des âges de fer, avait, elle aussi, conçu l'ambition de nous dominer. Il nous fallut cent ans de guerre pour conquérir l'indépendance de notre sol, et quand les hommes furent défaits, ce fut une femme, une pauvre paysanne lorraine au cœur simple et grand qui prononça les paroles et fit les actes d'où la victoire allait sortir. L'Angleterre s'est lancée à la conquête économique du mond<\ et s'est taillé, par son labeur, par son audace, par -bstination que rien n'a pu fléchir, un immense Empire qui fait sa juste fierté et dont la civilisation ne peut que s'enorgueillir. Aujourd'hui, elle a noblement tiré l'épée, pour la dignité, dans l'indépendance, des peuples de l'Europe. Elle entre avec nous dans la noble ép ennemie de Paégémoine de Napoléon, ou de Bi
le la France ae qui oe demain! u Europe