‹ La France devant l'AllemagneChapitre 44 sur 133 · MULHOUSE. LIÈGE ET LE BON DROIT · texte numérisé non relu

MULHOUSE. LIÈGE ET LE BON DROIT

ses bombes, en cynique violation des traités. Elle mentait, quand elle arguait qu'elle venait défendre la Belgique contre nous. Elle mentait, et elle avait donné l'ordre à ses soldats de mentir lorsque, pénétrant dans le Luxembourg, ils criaient aux habitants : « Nous venons vous défendre. Où sont les Français? »

Elle nient, parce qu'elle voit dans le mensonge une force d'action, et parce qu'aucune conscience ne l'avertit d'une infamie de déloyauté. Elle ment, comme elle assassine, parce que cela lui paraît avantageux. Et l'idée ne peut pas lui venir qu'un haut-le-cœur, des hommes et des peuples, prépare contre elle une insurrection générale de toutes les consciences indignées. Elle le pressent peut-être parce que cela est dans les données scientifiques des mouvements humains, mais elle se dit, travestissant le mot de Mazarin : « On criera, je tuerai. » Là encore, e!le se trompe. Elle ne pourra pas tuer assez, car il faudrait détruire, jusque dans ses enfants, le dernier vestige de conscience d'où Faffre des remords, dans la victoire même,

finirait par surgir.

L'Homme Libre 8 août 1914,

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