‹ La France devant l'AllemagneChapitre 46 sur 133 · LE BLOC FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LE BLOC FRANÇAIS

font qu'un. Ah ! ce n'est plus le temps de 1870, où l'on nous surprenait, stupides d'indolence, désintéressés de nous-mêmes, inorganisés, sans force et sans vertu.

Je commence à me demander, même, si ce n'est pas l'heure, pour l'Allemagne, d'expier de trop faciles victoires. Les grossières erreurs du début me font douter d'elle au delà de ce que j'avais espéré. Tout de morgue etd'infatuation, les Allemands n'ont pas compris que leur succès d'il y a quarante ans étaient principalement dus à ce que cette génération française n'avait pas mérité la victoire. Congestionnés dune ivresse de sang, n'ayant pas de scrupules, toujours prêts aux mensonges, aux pièges de traîtrise, à la violation des traités, au lâche assassinat des faibles — que, dans la nuit de leur conscience, ils croient justifier par « l'utilité » — ils se sont crus maîtres parce qu'ils ne voyaient pas de recours contre le débordement de leur fureur. Ils se trompaient. L'homme puise une iorce irrésistible dans le sentiment de son droit, une force qui l'élève au-dessus de lui-même, tandis que s'anéantit, sous son regard, toute cette crasse d'humanité.

Forte ou faible, nos soldats attendent la poussée allemande, dans cette redoutable tranquillité qui dit la résolution invincible, et, derrière ceux qui tomberont, d autres déjà s'avancent, et d'autres, et d'autres toujours, et il en viendra tant que ces massacreurs de blessés et d'enfants seront fatigués de mourir avant que nous ayons cessé d'appeler au combat leurs compagnons qui n'entendront

pas.

V Homme Libre 13 août /9/4.

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