ÇA. IRA
dats qui voyez, qui vivez la France unie pour un recommencement d'histoire, où les antiques forces, jaillies de l'ancien tronc, vont recevoir bientôt, de vos mains triomphantes, la parure des branches nouvelles. Cette Francelà, vous la faites, heureux soldats des grandes journées. Vous la révélez dans sa splendeur en lui donnant votre corps, votre cœur, tout ce que vous avez reçu d'elle : le plus pur de votre vie. Et parce qu'elle est immortellement grande, et noble, et rayonnante, et que vous êtes de sa chair, de sa volonté, de sa flamme, le sacrifice que vous lui apportez vous égale aux hommes des sommets. Vous ne réservez rien, vous donnez tout pour continuer l'histoire de France. Fasse mieux qui pourra. Vos fils sauront qu'ayant reçu la charge d'un grand passé de labeur et de sang, votre noblesse lut d'y apporter labeur et sang, à votre tour.
Au soir de Valmy, un grand esprit, perdu dans l'armée allemande, frappé d'un trait de lumière au spectacle incroyable de la victoire des Français, annonça qu'un nouvel ordre du monde allait sortir de cette décisive journée, lit ce fut ainsi. Heureux soldats, qui faites, de vos fortes mains, une journée plus belle encore, puisque de cette France, douce et fière, que vous allez sauver des outrages de la barbarie, doit s'élever par la haute vertu de votre solidarité fraternelle, une meilleure patrie des Français eï des hommes, pour le bien de l'humanité.
Le Bulletin des Armées de la République e t V Homme Libre, il août 191 4 .