PREMIER R1LAN
Un de mes amis qui est au front, et que j'ai des raisons de considérer comme un très bon juge, m'e'crit que tout va très bien dans V ensemble et qu'il est plus confiant que jamais. J'ai trop de joie à recevoir cette bonne nouvelle d'un personnage autorisé, pour n'en pas faire part immétement à mes lecteurs.
. . . Sur l'Yser, l'ennemi paraît avoir décidément abandonné sa tentative de passer à tout prix. C'est un échec retentissant qui clôt, heureusement pour nous, la meurtrière rencontre qu'on appelle la bataille des Flandres. Pour y préparer l'opinion allemande, les meilleurs journaux de Guillaume II entrent dans la voie des aveux, avec d'infinies précautions de langage. La Gazette de Francfort donne l'exemple en des termes qu'il est bon de retenir. L'ancien journal de Sonnemann, le protestataire de 1870 — que les temps sont changés ! — déclare « n'avoir aucune peine à reconnaître que l'armée fraçaise nest pas mauvaise^ que les Russes disposent déplus d'hommes que les Allemands, et que les Anglais disposent d'une flotte plus importante que Guillaume II ». Il a fallu trois mois de guerre pour incruster cette constatation d'évidence dans la cervelle,, obstinément fermée des informateurs germaniques, il faut compter pourune notable victoire le simple fait de les avoir amenés à ce point. D'autres découvertes leur sont encore réservées. De notre mieux, nous les aiderons à s'éclairer,
La Gazette de Francfort, ayant déjà reçu le bienfait de quelques lumières, n'hésite pas à mettre ses lecteurs dans la voie d'éclaircissements nouveaux. Elle comprend très bien maintenant qu'o;* ne peut pas, tous les jours, démolir les forts ennemis dans un tumulte de joyeux hourras. Même elle admet que les Allemands, comme toutes les autres puissances du monde, sont exposés à subir des pertes. Nous voilà bien loin de l'esprit d'infaillibilité guerrière qui se