‹ La France devant l'AllemagneChapitre 83 sur 133 · LA DESTINEE · texte numérisé non relu

LA DESTINEE

... Il est assez manifeste, au bout de sept terribles mois, que cette guerre est une guerre d'endurance d'où les grands coups de théâtre resteront probablement bannis. A juger objectivement, il n'est pas niable que l'Allemagne, avec des soldats dont on peut beaucoup exiger, et une accumulation de préparatifs sans précédents, fait preuve d'une remarquable obstination de résistance. Mais, quoi que puissent faire les suprêmes convulsions d'une folie d'ambition déçue, quelques dommages qu'elle puisse encore nous infliger, nous avons et nous développons, chaque jour, sur elle l'irrésistible supériorité d'une cause où tous les intérêts du droit et de l'existence même se trouvent confondus. Le revirement de la Marne, qui est surtout des soldats, c'est-à-dire du peuple armé, nous a donné, pour définitif avantage, une si complète confiance en notre force militaire et morale, que nous ne trouverions, dans tout revers passager, qu'une occasion de donner de nous-mêmes plus encore que nous n'avons donné.

Si ce n'était pas faire injure aux combattants de la première heure, je dirais que nos jeunes recrues dépassent, par l'élan d'une audace irrésistible, tout ce que nos plus grands soldats avaient, jusqu'à ce jour, conquis de renommée. Toute L'âme historique de la France est en eux. En de brefs moments d'héroïsme incessamment renouvelés, ils résument toute la légendaire noblesse d'un peuple, dont l'empreinte sur la -civilisation ne pourrait être effacée que par un universel retour de l'espèce humaine à la sauvagerie. Gloire à cette jeunesse en qui nous avons mis le meilleur de nous-mêmes, et qui donne, sans compter, le plus de sa vie, avant même d'avoir vécu! Ceux-là savent ils veulent, ce qu'ils font, ce qu'ils laisseront d'imjsable. Il leur tant la France, toute la France vivante

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