‹ La France devant l'AllemagneChapitre 99 sur 133 · POUR VAINCRE · texte numérisé non relu

POUR VAINCRE

... Notre merveilleux soldat fait son œuvre, et, de l'aveu du monde entier, l'accomplit à la stupéfaction de ceux qui, pour ne pas le craindre, avaient besoin d'oublier son histoire. Cela ne suffit pas. Il faut que le peuple, dont il est l'âme et le bras, le soutienne de sa puissance morale et le ravitaille de moyens d'offensive. Suprême énergie de cœur et de corps : voilà ce que la patrie nous demande à l'heure où se joue, sur notre territoire envahi,

le sort du nom français. Irrémédiable déchéance ou jaillissement d'une nouvelle grandeur, le destin n'a voulu, pour nous, que cette alternative, qui nous fait sommation d'avoir, après une trop longue vie de rêves, à nous montrer des hommes d'obstinée endurance et de volonté résolue. Nous avons, nous aurons, tout ce qu'il faudra de vaillance, si, au lieu de nous leurrer des appâts trompeurs d'une victoire aisée, on nous laisse étudier l'obstacle en ses divers aspects de réalité, afin que nous puissions, tout au fond de nous-mêmes, nous poser la question de savoir si nous sommes assez grands pour le surmonter.

. . . Malgré l'armature de fer qui raidit en constance la constitutionnelle veulerie de l'âme germanique, nous lui avons porté le coup de mort. La faillite de l'agression éclate à tous les yeux, et comme l'Allemand n'atrouvé, pour luimême, d'autre raison d'être qu'une fonction d'écrasement à l'égard de l'humanité, si cet écrasement est dès maintenant impossible, c'estquelecoup manqué ne laisse d'autre choix au Kaiser et à son peuple que des formes de l'affaiblissement.

Ce qui tient lieu, là-bas, d'esprit public, c'est-à-dire de velléités de pensées personnelles, qui ne vont jamais jusqu'à l'indépendance du jugement, a déjà donné tant de signes de défaillance qu'il serait superflu d'y revenir. Les hommes combattent parce qu'ils ne peuvent faire autrement et s'élancent sur nous avec la rage humiliée du dogue à la chaîne. « Quand ils nous attaquent, me disait hier un blessé, ils s'avancent en rampant jusqu'à nos tranchées. Nous, nous sommes debout, et nous courons sur eux la tête levée. » Qu'est-ce qui marque mieux la différence du combat? Les chefs, complètement renouvelés, comme chez nous, réussissent encore à faire fonctionner La puissante machinerie; parce qu'ils sont, eux-mêmes, machinés. Chez nous, le cœur fait des héros, et L'élan de volonté, des capitaines. Les autres sont poussés, officiers en arrière. Nous allons de l'ayant, <it tonte la crainte de «eux <jui commandent est de se voir devancés.

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