‹ La France devant l'Europe Jules MicheletChapitre 12 sur 19 · SYSTÈME RUSSE DÇS PRUSSIENS · texte numérisé non relu

SYSTÈME RUSSE DÇS PRUSSIENS

rieures, est inférieure peut-être à toutes dans la vulgarité basse de certaines classes, encore plus dans les branches bâtardes que l'Allemagne projetle hors d'ellemême, dans ses émigrations lointaines, où tout le meilleur s'efface, encore plus chez les peuples mixtes qu'elle exploite par un marchandage avide , ou qu'elle tyrannise par ses employés, scribes, intendans. Je parle de la Russie.

Nos paysans du Midi, les Italiens, ete., ont, dans les plus basses classes mômes, quelque chose de policé, semblent parfois des gentlemen déguisés. Dans la parole, les manières, ils ont certaine élégance. Des reporters peu amis en faisaient naguère la remarque, en visitant nos prisonniers, tout ce peuple de soldats qu'un événement si fortuit a jelé en Allemagne. Il n'en est nullement ainsi des Allemands en France. Une fois éloignés du foyer qui est excellent chez eux, sortis de leurs habitudes, de cette idylle domestique qui faisait illusion, ils • sont tout-à-coup très-rudes. Quel coup on leur a porté dans l'opinion de l'Europe, en les jetant dans celte situation où la barbarie de race, qui dormait, a éclaté. Le dessous est devenu, avec grande laideur, le dessus. Chose étrange ! Ce ne sont pas les soldats proprement dits, qui se sont le plus mal conduits. Ce sont ces pères de famille, ces gens établis, cette landwehr, arrachée de son poêle, de son tiède intérieur, à l'entrée de l'hiver, et par « ces coquins de Français, acharnés à se défendre, » tandis que de bons Allemands eussent apparemment composé de suite.

FUREURS BARBARES

Un journal anglais a marqué avec esprit et justesse le plus choquant de ce tableau, l'avidité du pillage plus grande en proportion des sentimens de famille. • Que cette montre ira bien à mon fils qui est au gymnase ! cette chaine d'or dans Jes blonds cheveux nattés de ma fille î La dame de cette maison a une jolie robe de soie qui siérait bien à ma femme. Si je la lui arrachais? •

Tout cela se dit au matin, quand on est lucide encore. Mais qu'est-ce donc vers le soir, quand, ayant bu tout le jour, on noye le peu qui reste de l'homme dans un copieux banquet, a Jamais, me disaient ceux qui ont suivi ces armées, jamais nous ne pouvions parler aux officiers passé cinq heures. Ils étaient hors d'état d'entendre. » De là ces réquisitions ridicules de vins de Champagne (et par des gens déjà ivres) dans des pays où personne n'en a que par grand hasard. Que répondre? On n'en a pas , on ne peut s'en procurer. Ils s'emportent, ils menacent des dernières extrémités. C'est l'heure» de la bète sauvage.

Cela déjà s'était vu en 1815 dans l'invasion Prussienne, aussi cruel, moins odieux. C'était la grande vengeance de l'Europe sur Napoléon, la revanche de tant de sang versé. Mais ici pourquoi cette fureur , ces actes sauvages? Il n'y a nulle cause à cela, nul motif. Depuis cinquante ans les deux peuples étaient en paix.

Autre différence. En 1815 , vraie invasion populaire,

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