‹ La France devant l'EuropeChapitre 11 sur 21 · XXII FORMONS LA LIGUE ARMÉE · texte numérisé non relu

XXII FORMONS LA LIGUE ARMÉE

Nos départemens de froaliëre étaient, il est vrai, irrités par les piqûres des Prussiens, qui, depuis Sadowa, Yenaieut à chaque instant faire des bravades, des défis. Je ne vis jamais des hommes plus gonflés. La terre ne les portait pas. Je les entendais ep Suisse (en juin 1867) dire, redire: < De Sadowa, nous devions aller à Paris. Nous le prendrons Tannée prochaine. > Après la grande Exposition, où nous les reçûmes si bien, ils rapportèrent les dessins de nos fortifications et imprimèrent un Manuel militaire et topographique pour le siège de Paris.

L'Empereur avait lâchement enduré Tengloutissement du Hanovre, de la Hesse, de Nassau, Francfort, dans la Prusse , avait été sourd à leurs cris^ La Prusse cependant avec lui ne garda aucune mesure. Il avait essayé au moins de couvrir la Bavière, le Wurtemberg, pour qu'ils ne roulassent ensemble dans* le gouffre sanglant où Ton jetait TAIlemagne. Qu'en dit maintenant la Bavière? qu'en disent trente mille familles (29,000 veuves en trois mois I)

Pour nous, nous avions toujours désiré l'unité de l'Allemagne, l'unité vraie, consentie, non cette unité sauvage, violente, indignement forcée. Nous aurions trouvé très-juste une guerre pour ses libertés, qui ne lui eût rien demandé que de la sauver. Si la guerre nous indigna, c'est que notre gouvernement, par un vil escamotage, fort d'un vote fait pour la paix, s'en servit perfidement pour nous jeter dans la guerre. Nous sa-

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