‹ La France devant l'EuropeChapitre 14 sur 21 · SA CONFIANTE HOSPITALITÉ · texte numérisé non relu

SA CONFIANTE HOSPITALITÉ

liaient les enfans de M. de Bismarck, leurs camarades, avec la brutalité de cet âge, les accablaient de mots amers qu'ils enteudaient dans leurs familles.

' Les Allemands nous disent légers. Mais comme après Sadowa ils changèrent légèrement! Quel contraste I Quel bruyant réveil! Dans les hôtels, leurs clameurs, leur loquacité, leurs bravades, étaient telles que les Anglais et les Français exigeaient des tables à part où 'venaient s'asseoir aussi des Hanovriens, des gens de Francfort, des villes libres, qui dans la victoire prussienne voyaient la défaite éternelle des libertés de TAllemagne.

La grande majorité avait oublié tout cela. Elle était aveugle, et ivre d^une passion, il est vrai, bien légitime ^naturelle: l'amour, la joie, le triomphe de l'unité nationale. — Chaque peuple a de tels momens. Et alors il ne voit rien. L'Italie en eut de pareils; cette folie, celte furie de l'unité la dominèrent jusqu'au crime. Pour l'unir, le gibelin Dante faisait appel à l'étranger; et, dans la guelfe Florence, le violent Machiavel aurait été, pour ce but, jusqu'à accepter des monstres, l'horrible César Borgia !

A ces momens, on voudrait dans l'unité de la patrie embrasser l'unité du monde. Ainsi, l'Italie, l'Allemagne, par Rome ou le Saint-Empire ,*dans leurs rêves, absorbent tout. Chez ç^§ songeurs allemands C^^^

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