‹ La France devant l'EuropeChapitre 15 sur 21 · DU GÉNIE SYMPATHIQUE DE LA FRANGE · texte numérisé non relu

DU GÉNIE SYMPATHIQUE DE LA FRANGE

ne se grisent pas à moitié) reviennent obstinément ienuL ombres, Charlemagne, qui du Rhin gouverna l'Empire et la France, et Frédéric Barberousse, qui, disent-ils, avec TÂliemagne eut à la fois Rome et Lyon, et le royaume des Lombards et le royaume de Bourgogne. Mais pourquoi se borner ainsi? Est-ce que la patrie Allemande n'embrasse pas tous les pays de dialectes allemands , Hollande , Suède , Danemârck , Suisse ; l'anglo-saxonne Angleterre est une province d'Allemagne. C)

L'ivresse rend souvent très-mauvais. Les patriotes allemands déjà nous avaient étonnés par leur violence inouie contre un état faible, le Danemark. Là, ils commencèrent à se faire d'aveugles chevaux de combat pour traîner les canons de la Prusse, lui subordonner l'Allemagne. Si instruits, ils s'obstinaient à ne pas savoir l'originalité très-forte qui sépare d'eux les états Scandinaves (aussi bien que la Hollande, aussi bien que l'Angleterre). Un certain petit fonds commun dé langue ne fait rien, quand il s'agit de nationalité. L'Alsacien qui, avec un patois germanique, ne comprend pas l'allemand qu'on parle à une lieue de lui, n'est point du tout allemand. Et, s'il y a un pays sur la terre^

(*) Cette aliéDation mentale, véritable maladie, se voit surtout chez les lettrés, professeurs, étudians. J'ai sous les yeux un article d'un de leurs journaux de Berlin, intitulé: •A bas SchiUert » Schiller a eu le tort grave de célébrer dans Guillaume Tell un bandit qui fit révolter la Suisse contre l'Allemagne.

SA CONFIANTE HOSPITALITÉ. Il

hostile par son vif génie h loute idée, à toute habitude allemande, c'est précisément la Lorraine.

Comme on change, dès qu'on se croit fort ! Avant Sadowa, la rancune des vieilles guerres de Napoléon paraissait fort apaisée chez des gens dont les pères ont deux, fois envahi la France et sont deux fois entrés à Paris. Cela finissait tout, ce semble. Voilà qu'après Sadowa, ils oublient 1814 et 1815, ne veulent plus se souvenir que de leur revers d'Iéna. C'est-à-dire, pour parler vrai,, que les vieilles haines de race se réveillent, avec une furie, une jalousie, que l'on cache, mais qui, tant de fois, éclate dans ces disputes sans cause qu'on nomme querelles d'allemand.

M. de Bismarck , avec une franchise cynique , dans ses derniers manifestes officiels, est parti de cette idée, qu'entre les deux nations devait subsister une haine éternelle, et que loute bonne politique devait se régler là-dessus.

Ces mots atroces me frapperaient moins si je nevoyais le soin avec lequel la haine est enseignée et cultivée chez les générations nouvelles. Les manuels des gymnases contiennent tout ce qui peut irriter contre la France. On apprend aux petits enfants à haïr, à maudira ce qu'ils connaissent si peu. L'autre jour, une enfant charmante, petite allemande de cinq ans, à qui on disait devant moi que sa cousine était Française, rougissait, tapait du pied: t Française? jamais française! > disaitelle avec horreur.

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