DU GÉNIE SYMPATHIQUE DE. LA FRANCE
Quelle éducation précoce t Dans les bras d'une douce mère, au sein de la bonne nourrice, déjà ils respirent, ils sucent la fureur et la haine.
Comme la France est loin de cela 1 Même après des luttes sanglantes, longues, acharnées, elle n'a aucune aigreur. Elle reconnaît sans peine le mérite de ses ennemis. Chose vraiment mémorable! Vingt années de guerres atroces, couronnées par Waterloo, ne lui ont laissé nul fiel contre les Anglais. Et même en 1816, elle rafollait de Walter Scott, saluait l'aurore de Byron. Que de liens d'amitiés, d'aiïaires, de spéculations communes, de familles, de mariages, entre les Anglais et nous! La prodigieuse grandeur de l'empire anglais, né de la ruine de la France en 1763, n'a laissé à celle-ci ni regret ni jalousie.
C'est le défaut de la France, son tort: elle aime le monde. Pour chacune des grandes nations, elle trouve des raisons excellentes d'aimer, d'estimer, d'admirer. Ces engouemens successifs pour toutes (dont l'exagéralion peut être ridicule) ont pourtant des causes graves. Chacune de ces nations représente une excellence supérieure , un haut côté de l'âme humaine.
Jamais celte bienveillance universelle n'éclata plus qu'après Sadowa, dans un moment qu'on eût cru plein de trouble et de défiance, à la grande Exposition de 1867, cette fêle prodigieuse que Paris donna à l'Europe. Quel