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LA QUESTION DE LA TUIPOLITAINE

gio, Messine, Catane, Syracuse, Malte, Tripoli, Misrata, Benghasi, Derna et la Canée: cette compagnie, grâce à des arrangements habiles, a pu supplanter les bâtiments des armateurs anglais de Malte et n'a plus guère comme concurrente que la ligne française de la Compagnie de navigation mixte Touache, dont les paquebots partent de Marseille, également tous les huit jours, et s'arrêtent dans tous les ports tunisiens avant de toucher en Tripolitaine.

Les Turcs, qui craignent que cette invasion de bateaux et de bureaux de poste ne serve de prélude à l'invasion militaire, ont pensé à lutter, d'abord sur le premier point, en prolongeant jusqu'en Tripolitaine et en Cyrénaïque les services maritimes « qu'ils ont établis et qui fonctionnent, assure-t-on, très convenablement, entre Constantinople, l'Archipel, File de Rhodes et la Crète ^ ».

Leur situation ainsi accrue sur la cote barbaresque et leurs relations avec la France devenues d'autre part plus amicales, les Itahens ont jugé le moment venu de reprendre la déclaration Canevaro et de faire connaître à l'Europe leurs intentions. Le 14 décembre 1901, le ministre des affaires étrangères, M. Prinetti, examinant la situation créée en Tripolitaine par la résistance que faisaient les populations à l'application des réformes du sultan, prononçait devant la

' Bulletin du Comité de l'Afrique française, septembre 1900, p. 317.

Chambre italienne les paroles suivantes : « Le gouvernement de la République a eu soin de nous informer que la convention franco-anglaise du 21 mars 1899 fixait pour la France, en ce qui concerne la région contiguë à la frontière orientale de ses possessions africaines, et précisément le vilayet de Tripoli, province de lEinpire tiirc^ une limite qu'elle n'avait aucune intention de franchir, ajoutant qu'il n'était pas non plus dans ses projets à^ intercepter la voie des caravanes, qui conduisent de la Tripolitaine au centre de l'Afrique» » Cette déclaration n'est, disions-nous, qu'une reprise de celle faite en avril 1899, donc bien avant les fêtes de Toulon, par l'amiral Canevaro ; elle est tout aussi vague en ce qui concerne les routes commerciales du Centre africain, mais plus nette, en sa première partie, puisque, en admettant que la convention du 21 mars 1899 a fixé les limites du vilayet de Tripoli, elle reconnaît implicitement que ce vilayet ne peut pas s'étendre au sud, au delà du tropique du Cancer.

La question se trouve ainsi décomposée en ses différentes parties. En ce qui concerne, en effet, la Ti'ipohtaine proprement dite, c'est affaire entre l'Itahe et la Turquie et, sous certains rapports, l'Europe. Pour notre part, la présence des Italiens entre Tri- })oli et Ghadamès ne saurait nous porter préjudice

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