LA OUFSÏTON MUSULMANE DANS LE CENTRE AFRICAIN
haras et les Malinkès du Bafing, du Baoulé et du Bakoy, aussi bien qu'au Gabon et dans le Bas-Congo, notre installation a pu se faire d'une façon pour ainsi dire pacifique, sans grandes expéditions, et elle sV maintient, malo-ré Fimmensité des territoires occupés, avec des moyens et des effectifs absolument rudimentaires.
Aujourd'hui, nous sommes arrivés sur les bords du Tchad, dont les trois grandes missions Afrique centrale, Foureau-Lamy et Gentil nous ont ouvert la voie en 1899-1900, et à peine y avons-nous pris pied que les difficultés recommencent.
Le 22 avril 1900, le sultan Rabah est battu et tué à Koussri. Son fils Faled Allah perd lui-même la vie dans les combats qu'il nous livre en février 1901 .Nos troupes jalonnent le Chari, la rive orientale du lac et poussent des reconnaissances dans le Kanem et le Ouadaï que nous a concédés la convention anglo-française du 21 mars 1899. Le 9 novembre 1901, à la zaouïa senoussiste de Bir Alali, au nord de Mao, les 200 tirailleurs du capitaine Millot sont assaillis par 2.500 Senoussisles. Le capitaine est tué au cours de l'action. Le V décembre suivant, nouveau combat à X'Gouri (près Mondo" ; le 20 janvier 1902, le colonel Destenave enlève les retranchements de la zaouïa de Bir-Alali, que les Senoussiâ essaient en vain de nous reprendre le 4 décembre suivant. Des postes
sont inslallés sur la lisière du Ouadaï et du Kanem, en bordure du Tchad, à Dagana, N'Gouri (Fort-Millot), Mao, Bir-Alali (Fort-Pradié).
Nous sommes, en effet, en pénétrant dans le Centre africain, entrés en pays de pleine activité musulmane et notre expansion de Fouest vers Fest vient s'y heurter à Fexpansion en sens inverse de la puissante confrérie des Senoussid. Que sont ces Senoussiâ, avec lesquels les circonstances nous ont amenés à prendre un peu brusquement contact ? Quelle ligne de conduite paraît-il opportun d'adopter vis-à-vis d'eux ? La question musulmane qui se pose actuellement sur les bords du Tchad semble être de celles qui exigent, par la complexité et l'étendue possible de leurs conséquences, toute notre réflexion et toute notre sagacité.
Se?ioussi est un nom bien connu dans le sud d(> FAlgérie-Tunisie ; car, à tort ou à raison, — et bien que nous n'ayons eu jusqu'alors que des rapports fort éloignés avec les Senoussiâ, — il a jusqu'ici presque universellement signifié l'opposition irréductible, Fennemi intransigeant, celui qui conseille « aux fidèles d'émigrer plutôt que de subir le joug du Chrétien. »
Fondé par le cheik Si Mohammed ben~Ali\s Senoussi vers 1830, le Senoussisme, malgré Fopposition des représentants oiïïciels de FIslam, ne cessa de voir croître son influence. A Bon Saada, Ouargla, Tunis,