‹ La France en AfriqueChapitre 7 sur 19 · I.A OUESÏIOX DF. LA TRTPOIJTAINF. 16o · texte numérisé non relu

I.A OUESÏIOX DF. LA TRTPOIJTAINF. 16o

poursuivis » : enfin l'annonce beaucoup plus grave et plus significative cpi" « une troupe turque allait être détachée pour occuper Bilma, la capitale du Kaouar, sur la route directe du Tchad ».

Les tendances turques ne sont pas douteuses et il V a toujours tout à redouter, quand on est en pays musulman et que le Commandeur des Croyants y fomente des intrigues: mais, jamais situation ne fut plus nette et plus solidement établie que la nôtre, tant au point de vue de la Tripolitaine proprement dite qu'en ce qui concerne son hinterland.

Xous sommes, depuis de longues années, en relations avec Tripoli même, relations tant^^t tendues, lorsque d'Estrées, en lG8o, et de Grandpré, en 1798, bombardaient cette ville, tantôt amicales, lorsque le bey faisait transmettre par voie de terre les correspondances entre le Directoire et Bonaparte, bloqué en Egypte par les croisières anglaises, et concluait en 1801 avec l'envoyé du Premier Consul un traité secret assurant aux Français la plus entière liberté entre la Régence et le Caire.

Aujourd'hui, sur 9 millions de marchandises importées dans le port de Tripoli en 1901, nous comptons pour 1.600.000 francs, dont la moitié environ de farines venant de Marseille ; sur 8 miUions de marchandises exportées, la part de la France a été, cette même année, de 1.850.00U francs, celle de la

Tanisie de 330.000, et celle de l'Algérie de 235. 000^ Quant à la frontière entre la Tripolitaine et lu Tunisie, elle a été réglée par les accords francoturcs de 1886 et de 1892, suivant une ligne conventionnelle tracée jusqu'à Ghadamès, seulement ; plus au sud, elle reste complètement indéterminée, sauf en ce qui concerne Foasis de Ghat, où, comme nous Favons dit, les Turcs sont installés depuis 1874.

Bien avant cette date, en 1836-1857, — alors que nous ne pouvions prévoir notre future installation en Tunisie, — les nécessités de l'expansion saharienne de l'Algérie nous avaient amenés à nous occuper de Ghat et de Gliadamès. Le capitaine de Bonnemain, parti d'el-Oued le 2^^ novembre 1836, arrivait à Ghadamès le 29 décembre de la même année et obtenait du gouverneur et des notables « la promesse de favoriser le courant commercial entre cette ville et TAlgérie ». En 1838, Tinterprète militaire Ismayl Bou Derba se rendait à Ghat par el-Biodh et Temassinin. En 1860, Henri Duveyrier recevait, à Biskra, la mission « de nouer des relations commerciales avec les Azdjer » ; il arrivait le 1 1 août à Ghadamès, en décembre à Ghat, y voyait les chefs touareg dont il s'efforçait de se concilier Tamilié, et rentrait à Tripoli par Mourzouk, Le 21 octobre 1862, le chef

^ Rapports de M. L. Rais, déjà cités.

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