ÉLÉMENTS NOUVEAUX D'APPRÉCIATION DEPUIS DIX ANS
Les trois tracés français de Transsaharien ont été discutés avec impartialité, en 1879 et i880, par la Commission supérieure nommée à cette fin par M. de Freycinet, auquel restera l'honneur d'avoir pris cette patriotique initiative. Tous trois ont été déclarés possibles, — sinon équivalents comme facilité et comme intérêt, — par les missions chargées de les étudier sur le terrain.
Mais depuis les délibérations de la commission du Transsaharien et les explorations des missions transsahariennes, la situation dans le Sud algérien s'est modifiée et de nouveaux éléments d'appréciation sont intervenus.
La ligne de pénétration de la province d'Oran a été prolongée jusqu'à Aïn Sefra, à la suite de l'insurrection de Bou Amena. C'est une ligne à voie étroite, d'un mètre d'écartement entre les rails.
D'autre part, la ligne de pénétration de la province de Constantine a été prolongée jusqu'à Biskra. Cette ligne est tout entière à voie normale. A notre avis, la voie étroite eût largement suffi à partir de Batna. Si l'on considère que la ligne de Batna à Biskra, avec les lacets et les travaux d'art nécessités par la descente du versant saharien de l'Aurès, compte 121 kilomètres et a coûté près de 240,000 francs par kilomètre, on calculera facilement qu'avec la même dépense on aurait pu, en adoptant un système de petit chemin de fer économique, amener la voie ferrée jusqu'à Tougourt, capitale de l'Oued Rir', et même peut-être jusqu'à Ouargla: c'eût été là un résultat d'une bien autre