‹ La France en Afrique et le transsaharienChapitre 15 sur 28 · ÉLÉMENTS NOUVEAUX D'APPRÉCIATION DEPUIS DIX ANS · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS NOUVEAUX D'APPRÉCIATION DEPUIS DIX ANS

portée que d'avoir la satisfaction d'aller à Biskra avec la même voie et le même matériel que de Paris à Marseille!

D'une manière générale, les chemins de fer algériens ont coûté beaucoup trop cher et sont devenus très onéreux pour PÉtat, qui a dû garantir leurs insuffisances d'exploitation et l'intérêt de leurs capitaux de premier établissement. Les charges croissantes du service de ces garanties interdisent aux pouvoirs publics de persévérer dans cette voie, et c'est ainsi que les lignes les plus utiles sont écartées ou retardées. Aujourd'hui, en l'état des finances publiques, une nouvelle ligne algérienne, — si urgente fût-elle, — n'a chance d'être votée par le Parlement qu'autant qu'une solution nouvelle, franchement économique, sera présentée et qu'il ne devra pas en résulter un accroissement de charges pour l'État.

Un autre fait intéressant s'est produit dans le Sud algérien dépuis une dizaine d'années, c'est la naissance d'un nouveau mode de colo- •nisation en plein Sahara, dans les Zibans et dans TOued Rir'. On connaît mieux aujourd'hui la force de production et les ressources agricoles des parties du Sahara qui sont susceptibles d'irrigation; on voit que ce serait une grosse erreur que de ne pas tenir compte, dans le choix du meilleur tracé de Transsaharien, des grandes régions d'oasis que ce chemin de fer peut desservir, chemin faisant; on a la preuve enfin que le trafic saharien est loin d'être une quantité négligeable, du moins, suivant certaines zones à préférer évidemment pour le tracé de la ligne.

Enfin, l'expérience des entreprises de colonisation de POued Rir' a fait tomber complètement la principale objection qui était formulée contre le tracé par Ouargla et qui se basait sur l'insalubrité des régions traversées. On avait fait de l'Oued Rir* et même de Ouargla, au point de vue sanitaire, des tableaux démesurément noircis. La vérité est qu'au Sahara, il n'y a d'oasis et de palmiers, de végétation et de populations sédentaires, d'éléments de production et de trafic, que là où il y a de l'eau, et que trop souvent, en effet, il arrive, dans les oasis sahariennes, — quand elles sont mal aménagées ou mal situées, — qu'une trop grande surabondance d'eau engendre le tchem, ou fièvre des marais. H en est ainsi dans tous les pays d'oasis, non pas seulement dans l'Oued Rir' et à Ouargla, mais également à l'ouest, au Touat ou à In Salah, sur le tracé occidental, ou, à l'est, au Djérid et au Nefzaoua,

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