PAR OUARGLA 8S
» Or, rhistoire de l'Algérie est là pour nous prouver le rôle prédominant que l'élément nomade, — élément redoutable par son exoesdive mobilité, — a toujours joué danslesinsuiTeclions,etpour nous démontrer que, tant que nous n'aurons pas maîtrisé entièrement nos nomades sahariens, nous ne pourrons dire que nous sommes certains de maintenir les tribus intermédiaires entre le Sahara et le Tell, ni même les indigènes du Tell. Pour dominer les nomades, le vrai moyen, c'est de les prendre à revers, de se porter en arrière de leurs parcours et de mettre la main sur leurs centres de ravitaillement. Pour cela, il faut non seulement établir des postes d'occupation sufiQsamment avancés, en des points convenablement choisis, mais encore il faut relier ces postes au littoral par des voies ferrées, permettant de transporter, rapidement et sans fatigue, nos troi^pes à l'endroit voulu, et leur donnant, pour ainsi dire, le. don d'ubiquité. Cela est aussi bien vrai dans l'Est que dans l'Ouest. —
» En deux ans, on peut prolonger la voie ferrée jusqu'à Ouargla, et Ouargla est notre objectif clairement indiqué de ce côté, tant à cause de sa position stratégique, sans rivale dans le Sud, que comme centre de production de beaucoup le plus important des Chaamba nomades.
» Dût-elle n'avoir pas de trafic, que cette ligne de Biskra-Tougourt-Ouargla devrait être faite. Mais, loin de là, elle aura la bonne fortune de traverser précisément les principales régions d'oasis du Sahara algérien, — les Zibans, l'Oued Rir' et Ouargla, — les plus importantes conmie production actuelle ou future, les seules qui soient colonisées ou colonisables ; elle desservira, en outre, dans une certaine mesure, les oasis du Souf, à Test, et une partie de la région du Mzab, à l'ouest. D existe, dès maintenant, un mouvement considérable d'échanges entre Biskra, Tougourt et Ouargla, ainsi que dans les régions avoisinant cette ligne, et tout ce mouvement commercial, — qui se fait actuellement par chameau, — ira infailliblement au chemin de fer. La locomotive supplantera le chameau ; cela est forcé.
» Peut-on douter ensuite que le trafie de cette ligne ne soit appelé à augmenter, et n'en est-il pas toujours ainsi quand le chemin de fer arrive dans un pays neuf et susceptible de développement, coBMne c'est le cas pour TOued Rir' et aussi pour la région de Ouafgla? Dans rOued Rir', le chemin de fer viendra décupler nos moyen»
d'aclion. Le bassin d'eaux artésiennes, qui fait la richesse de cette belle région, est loin d'avoir donné tout le débit dont il est capable, ni, comme le dit éloquemment M. Elisée. Reclus, « la mesure de sa force
T'! j.-em-Wouïdi 15
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L'Oued Rir* et ses nouvelles oasis de création française, en 1888.
» productive en végétation et, par conséquent, çn vies humaines » . Qu'on soumette les sondages à une surveillance devenue nécessaire d^s l'intérêt de tous, qu'on dirige de préférence les recherches vers