CE QUE DOIT ÊTRE NOTRE PROGRAMME DANS L'AFRIQUE OCCIDENTALE
Exaiïiiaons maintenant quel est le bilan actuel de Tœuvre de la pénétration française au Soudan. Voyons ce que nous avons déjà fait et ce qui nous reste à faire. Montrons ce que doit devenir TAfrlque française.
Trois points de départ s'offraient à nous : TAlgérie, au nord; le Sénégal, à Fouest, et le Gabon-Congo, au sud.
Par l'Algérie, nous n'avons rien fait.
En revanche, nos possessions du Congo ont reçu une extension fort importante vers le nord. On sait que le moyen Congo reçoit un grand affluent, venant du nord : c'est TOubanghi, qui sert de limite entre les territoires du Congo français, situés sur la rive droite^ et ceux de TEtat libre du Congo, situés sur la rive gauche. Notre poste actuellement le plus avancé sur TOubanghi se trouve 4° IS' audessus de l'équateur, et nous arrivons là aujourd'hui aux limites mêmes du Soudan central . - -^
M. Dolisie, un des lieutenants tte M. de Brazza, ^ même remonté rOubanghi au delà; le fleuve fait en amorit un grand coude vers Test. Droit au nord du coude de rOubanghi se placent les sources du Chari, autre grand fleuve, qui se dirige en sens inverse vers le nord-ouest et aboutit au lac Tchad, dont il est le principal affluent. Du coude de TOubanghi au point où le Chari commence à être navigable, on estime qu'il y a une distance de 500 kilomètres.JLe^ pays intermédiaire n'a pas encore été exploré ; mais des considéra-
lions de géologie générale permettent d'induire que le faîte des deux bassins est à peine accusé et présente de grandes plaines uniformes, au travers desquelles il sera facile, dans Tavenir, de relier les voies navigables du Chari et de TOubanghi, soit par chemin de fer, soit même peut-être par canal.
n y a là une ligne de pénétration très remarquable du Congo français vers le lac Tchad.
Passons au Sénégal.
C'est surtout de ce côté qu'ont porté, depuis quelques années, les efforts de pénétration de la France vers le Soudan, et nous avons suivi avec une patriotique attention les progrès réalisés par notre pays dans le-SOTdari-occrdenticîTâînsi que sur les côtes de Guinée et de TAtlantique. Une série d'expéditions militaires et de reconnaissances conduites avec méthode, suivant un plan d'ensemble dû au colonel Gallieni, ont réussi à conquérir à la France de vastes territoires et à nous créer de toutes pièces une colonie nouvelle^^ormant un tout homogène entre les vallées du haut Sénégal et du haut Niger et les plateaux du Fouta-Djallon. C'est ce qu'on entend couramment appeler le Soudan français. En outre, nos canonnières ont descendu à deux reprises le haut Niger jusqu'à Tombouctou, une première fois en i887 et une seconde fois, tout récemment, à la fin de 1889.
Ce sont là déjà des résultats considérables. Cependant, il ne faut pas nous dissimuler que ces régions du haut Niger et du haut Sénégal n'ont pas, à beaucoup près, la fertilité ni la richesse des autres régions similaires du Soudan, — par rapport auxquelles il est aujourd'hui reconnu qu'elles présentent une infériorité marquée. C'est incontestablement la partie la plus pauvre et la moins productive du bassin du Niger et a fortiori du Soudan, et il est permis de dire qu'avoir donné le nom de Soudan français à un aussi maigre butin, traduit peu d'ambition de notre part.
n est vrai que, depuis 1887, une évolution des plus remarquables s'est produite dans l'extension du Soudan français. Un mouvement a été opéré avec succès pour souder nos territoires du haut Sénégal et du haut Niger à nos établissements de la côte Atlantique et du golfe de Guinée.
Tout Français éclairé doit approuver cette extension du Soudan français vers le sud. Tout le monde est d'accord sur les ressources
naturelles de la province des Rivières du Sud et sur Timportance commerciale de Fouta-Djallon. Tous, nous avons applaudi le capitaine Binger au retour de sa magnifique exploration du haut Niger au pays de Kong et au Grand-Bassam, et tous, nous savons aujourd'hui quel beau et vaste domaine notre vaillant compatriote a su découvrir dans la boucle du Niger et conquérir pacifiquement à son pays (4) . Tous, enfin, nous devons faire des vœux ardents pour que l'œuvre si bien commencée dans ces parages, soit soutenue avec vigueur par le Gouvernement et poursuivie avec persévérance par nos nationaux.
La seule réserve, toutefois, que nous formulerons est celle-ci : il ne faudrait pas qu'en regardant trop obstinément au sud du Soudan français, on perdît de vue l'objectif principal,, qui est à J'est*.- Autant la nouvelle orientation du Soudan français peut être féconde, en nous donnant une série de points d'appui solides et de débouchés sur la côte, autant elle deviendrait néfaste, si elle était exchisive et devait nous faire renoncer au Soudan central : — auquel cas, le programme primitif aurait complètement dévié.
Le but prmcipal4,c!£StJû.-CeAtresAfrique! Ce qu'il nous faut viser avant tout, c'est la domination du Niger moyen, depuis TBin faouctou jusquaux chutes de Bousah, et des régions intermédiaires entre le Niger moyen et le lac Tchad, entre l'Aïr et le Congo français. C'est là que sont les royaumes riches, les grandes villes, les populations ayant déjà quelques teintures de civiUsation, une industrie naissante et certaines notions d'agriculture. D'ailleurs, pourquoi, si nous pouvons conquérir un grand empire, nous contenter de quelques provinces? Cet empire vaudra bien, certes, la peine qu'on se donnera pour le fonder.
Qu'attend-on pour donner ordre à nos canonnières de dépasser Tombouctou et de faire flotter notre pavillon sur le Niger moyen et sur le Sokoto? C'est pourtant bien facile, et il y a longtemps que cela devrait être chose faite.
(!) Voir la communication faite par le capitaine Binger à la quatrième section de la Société de géographie commerciale de Paris et intitulée : Transactions, objets de ■commerce, monnaies des contrées entre le Niger et la Côte d'Or (Bulletin de la Société de Géographie commerciale^ tome XII, n« 2, 1889-1890).
.-Pourquoi, ajouterons-nous, quand les grands pays colonisateurs indiquent sur leurs cartes les régions qu'ils se proposent de faire entrer dans leur sphère d'action et d'influence, afin de parler, d'une manière tacite, mais efiicace, aux yeux de leurs compatriotes, afin de créer ainsi, peu à peu, dans toutes les classes de la nation, une politique, une tradition, une ambition coloniale, pourquoi n'en faisons-nous pas autant? pfest ceque l'un de nous, dans une conférence récente, essayait de faire, pour sa faible part et sous sa propre responsabilité, en esquissant à grands traits, sur la carte de l'Afrique occidentale, ce que nous devons entendre par Soudan français, ce que doit être et peut être un jour, si nous savons prévoir et vouloir, notre futur empire africain (I). Ne craignons pas de le dire bien haut et de le répéter.
Distinguons, d'une part, nos possessions actuelles, — colonies proprement dites, ou pays de protectorat, ou zones d'influence reconnues ou sur le point de l'être, — et, d'autre part, les territoires sur lesquels nous comptons étendre notre domination — , soit directe, soit simplement économique (Voir la carte ci-jointe de YAfnqtie française).
Premièrement, résultats acquis ou devant être considérés comme acquis. Au nord, nous avons l'Algérie et la Tunisie, avec leurs dépendances méridionales, le Sahara français; mais gardons-nous d'admettre que notre Sahara soit étranglé vers le sud, ainsi que l'indiquent les cartes étrangères ;• n'hésitons pas, au contraire, à le représenter largement ouvert jusqu'au Touat et In Salah et à le prolonger jusqu'au pays des Touareg; nous verrons plus loin, d'ailleurs, que c'est rigoureusement notre droit, A l'ouest, nous avons ensuite le Sénégal, avec ses dépendances actuelles du Soudan occidental ; cellesci doivent être figurées comme s'étendant vers lest, par les régions du Haut-fleuve et du haut Niger, par le Massina et le pays de Tombouctou et par l'intérieur de la boucle du Niger, jusqu'à la rive droite du Niger moyen; vers le sud et vers le sud-ouest, on sait com-
' (1) A la suite de cette conférence et comme confirmation, M. le comte de Biz€^mont, président de la Commission centi*ale de la Société, annonçait que « la Société de géographie de Paris fait en ce moment préparer une carte qui, sans aucun caractère officiel, donnera le champ de la sphère d'influence à laquelle la France, sans ambitionner le domaine des autres États, peut raisonnablement prétendre ». (Compte rendu de la séance du 7 mars 189').)
ment elles se relient au Grand-Bassam par le pays de Kong et aux Rivières du Sud par le Fouta-Djallon, qui est à englober également ; vers le nord, nos possessions vont, sans conteste, jusqu'à la baie et à rUe d'Arguin. Enfin, au sud de l'Afrique occidentale, nous avons le Gabon-Congo, qui se prolonge, avons-nous dit, vers le nord jusqu'aux limites du Soudan central (1).
y/Sopondement, territoires considérés comme devant rentrer da ns Siotre sphère d'influence. Marquons d'abord avec assurance la plus grande partie du Soudan central, le Bornou, le Baghirmi, à l'ouest et au sud du Tchad, — empires qui sont encore libres de toute attache et où il ne tient qu'à nous d'arriver les premiers — ; ajoutons même, à l'est du Tchad, le Ouaday, bien que de ce côté l'intérêt soit moins évident pour nous. Au sud et au sud-est du Baghirmi, relions laidement, et en tout cas, le bassin du Chari au bassin de l'Oubanghi, et traçons au sud-ouest, entre le Baghirmi et l'Adamaoua, une ligne provisoire de démarcation, — à préciser ultérieurement, — entre la zone d'influence française et la zone dépendant de la colonie allemande du Cameroun ; réservons-nous aussi vers Test, par le bassin de l'Oubanghi supérieur (et le long de la limite nord de l'État libre du Congo), une zone française de pénétration vers la région des grands Lacs. Au nord du Bornou, il va de soi que nous englobons le Damergou, qui confine au pays des Touareg. A l'ouest, nous tracerons au travers du Sokoto une ligne est-ouest de démarcation, — provisoire et à débattre, — entre l'influence anglaise, établie sur les rives du bas Niger et du Bénoué, et l'influence française, à établir d'une manière quelconque, mais continue (au besoin à l'aide de compensations), entre le Soudan central et le Soudan occidental. A partir du Niger moyen, prévoyons aussi une zone d'influence française se dirigeant du nord au sud, au travers du Dahomey, vers nos possessions littorales de Porto-Novo, de Kotonou et de Grand-Popo, et s'interposant ainsi entre les territoires anglais du bas Niger et les territoires allemands de Togo. Assurément le Dahomey ne semble avoir que peu de valeur en
(1) La limite entre le Congo français et la colonie allemande du Cameroun part de rembouchure de la rivière Campo sur la côte, suit cette rivière jusqu'à l'intersection du parallèle 2*10' nord, continue droit à Test le long de ce parallèle jusqu'au méridien 12*'40' de longitude est de Paris, puis monte droit au nord le long de ce méridien jusqu'à une latitude encore indéterminée.
lui-même; maiçnous pouvons, — considération à ne pas négliger pour Tavenir, —^Tious ménager par là une ligne directe de communication, par voie déterre, entre le Soudan central et le golfe de Guinée. Ce serait la ligne de sortie la plus courte vers la mer pour les pays limitrophes du Niger moyen et pour le nord de Fempire de Sokoto : il est facile de s'en convaincre en regardant la carte. Ce serait une ligne exclusivement française!) en nous la réservant, nous pourjions réparer en partie les conséqu^ces de nos fautes sur le bas Niger. Mais qui se doute de ces choses en France, quand on parle du Dahomey ? Si nous n'y faisons pas Je nécessaire, les Allemands de Togo nous y supplanteront; ils Tannoncent sans mystère.
Passons et achevons notre ébauche de la future Afrique française. Pour terminer, il nous reste à opérer la jonction de TAlgérie avec le Soudan occidental et central, en étendant la teinte française sur \e Sahara central, c'est-à-dire sur le pays des Touareg, — peuplades actuellement encore indépendantes, — dont le concours nous est indispensable, ainsi que nous le démontrerons, pour tirer parti du Soudan* Les régions touareg rentrent dans la zone naturelle d'influence de l'Algérie vers l'intérieur africain; enjes englob§uit-sau3. notre protectorat, nous ne ferons rien que de[ logique et (l'inattaquable.^ ")
Nos ambitions, d'ailleurs, ne sont pas indeflniesjT l'est comme à l'ouest de nos possessions actuelles de la côte méditerranéenne, nous ne rêvons aucune extension territoriale. Laissons, encourageons même loyalement l'Italie à prendre pied en Tripolitaine, l'Espagne au Maroc ; que nos sœurs latines viennent à nos côtés planter le drapeau de la civilisation chrétienne sur les foyers les plus ardents du fanatisme musulman, et nous ne pourrons que leur en être reconnaissants; comprenons leurs désirs légitimes d'expansion coloniale, de môme que nous tenons à ce qu'on respecte les nôtres. Ne soyons pas exclusifs, ce qui serait d'une mauvaise politique; veillons seulement, du côtétripolitain, à ce que l'on n'empiète pas davantage sur les régions touareg, et du côté marocain, réclamons, le moment venu, une rectification de frontière et la reconnaissance de notre extension vers le TouaC^Le Sahara central, du Sud algérien jusqu'à l'Aïr, de l'Adrar jusqu'au pays des Tebou, doit être français. y
Voilà, dans ses grandes lignes, comment nous concevons notre programme dans l'Afrique occidentale, et nous le résumerons dans
ces quelques mots : faire un tout de l'Algérie, du Sénégal \\ et du Congo, par le Sahara touareg et par le Soudan \ \ central et occidental. Autrement dit, réaliser l'unité, la cohésion II J de nos possessions d'Afrique, par la conquête économique de l'intérieur.
Notre pays comprendra-t-il toute la portée de ce programme?
L'œuvre à laquelle nous les convions, bien qu'éminemment pacifique, ne sera pas sans nécessiter quelques efforts; mais elle n'est pas au-dessus de nos forces, et elle peut être tellement féconde dans ses conséquences que nos descendants ne sauront être trop sévères pour la génération actuelle, si celle-ci déserte quand l'h^nrfi dft ]« résolution a sonné. Serions-nous donc vraiment /^ez en décadence^^ \ / pour n'avoir même plus le courage d'étudier ces qBStîons^ ni d'en Q
saisir l'importance pour l'avenir?
Mais quoi? nous répondra-t-on, encore des ave ntures colonialesl notre situation en Europe ne nous interdit-elle donc pas, jusqu'à nouvel ordre, de si hautes visées? notre premier devoir n'est-il pas de songer à la défense du sol national, au lieu d'aller disperser notre action à la surface du globe? regardons du côté du Rhin, du côté des Alpes, plutôt que d'aller au Soudan I A ceux qu'un patriotisme assurément sincère et respectable, mais mal entendu, croyons-nous, fait parler de la sorte, nous répondrons, à notre, tour, en reproduisant ici cette éloquente apostrophe d^J. Masqueray (iP:
« Qu'est-ce à dire et que ferons-nous maintenant? Il y a des hommessages qui nous conseillent de renoncer et qui haussent lès* êpatites-'^ devant ce qu'ils appellent notre folie. Nous les connaissons depuis , longtemps; ils sont très vieux. Ce sont eux qui ont arraché Dupleix de l'Inde, bâillonné Lally-ToUendal et soufflé à Louis XV qui signait gaiement l'abandon du Canada : « Après tout, ce n'est qu'un champ de neige. » Ils ont livré aux Anglais tout l'outillage administratif et militaire dont ils se sont servis pour dominer de l'Himalaya à Ceylan et du Sindh à l'Iraouaddy, aux Anglais encore le Québec et le Mont- Royal (Montréal) de Champlain, les grands lacs dont la surface égale le quart des eaux douces répandues sur le globe, les territoires immenses du Far-West canadien, et, ce qui est un crime, des milliers de Français devenus des millions séparés de nous pour jamais. Nous
(1) Journal des Débats du 11 novembre 1889.
les avons vus, ces sages, disputer TAlgérie à notre armée et à nos colons pendant seize ans. Les fièvres, les dysenteries, les insuccès, les défaillances, les tâtonnements de la première heure, la résistance très naturelle des indigènes, la religion musulmane, tout leur était bon pour tenter de nous réduire, en plein dix-neuvième siècle, au rôle de la Suisse ou de la Serbie. Ils ont dit, en 1763, que nous avons bien assez d'occupations au dedans ou sur nos frontières pour nous dispenser de courir les aventures; ils Tout répété en 1830, en 1 846, en 1880, hier encore ; comme si la France n'avait pas eu "des ennemtS' âïïîôur d'elle quand Louis XIII envoyait Jacques Cartier dans le Saint-Laurent, comme si la première charte octroyée à la Compagnie concessionnaire de la Nouvelle-France n'avait pas été datée par Richelieu du siège de La Rochelle, comme si l'on ne s'était pas battu sur le Rhin, sur les Alpes et dans les Flandres, quand Colbert mettait la main sur les Antilles, sur les Indes et sur Madagascar. La vérité est que la grandeur coloniale de la France ne se sépare pas de sa grandeur européenne. La France transmarine et la France d'en deçà du Rhin ne sont qu'une France. Elles tombent ensemble.. Qui combat l'une est ennemi de l'autre. »
PÉNÉTRATION DU SOUDAN PAR L'ALGÉRIE - NÉCESSITÉ D'UN CHEMIN DE FER TRANSSAHARIEN
Le but étant défini, voyons comment Tatteindre.
Nos trois points de départ sont donc l'Algérie, au nord; le Sénégal, à l'ouest, et le Gabon-Congo, au sud.
De ces trois colonies, si l'on considère le Soudan central, c'est le Gabon-Congo qui en est le plus proche, et si l'on considère le Soudan occidental, c'est le Sénégal. Et cependant, pour toutes les raisons que nous allons exposer, c'est l'Algérie seule qui nous offre une base solide ^ de pénétration/f le seul moyen de réaliser vraiment et pratiquement la ^' \/^ conquête économique du Soudan, c'est le chemin de fer transsa- < harien. ) ~~ - —
~~"toin de nous la pensée de vouloir mettre en antagonisme nos trois grandes colonies africaines, qui toutes trois, au contraire, doivent concourir au but commun : le Soudan central. Loin de nous l'intention de méconnaître que, si l'Algérie seule peut consolider l'œuvre, c'est au Congo et au Sénégal qu'il appartient de la préparer, et si peu que nous en ayons dit à cet égard, nous avons fait comprendre que c'est du Congo, par l'Oubanghi et le Chari, et du Sénégal, par le Niger moyen et le Sokoto, que doit être donné le signal d'une action rapide, afin d'assurer à notre pays la possession des territoires du Soudan central auquel il peut encore prétendre. Mais supposons nominalement créé notre futur empire du Soudan, du Sénégal au lac Tchad et du Tchad au ')
Congo : le Congo et le Sénégal seront-ils à la hauteur de la tâche pour'T'^ / en tirer parti ? ^ i o