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D’ autre part si le schisme est Ja modification d'un dog par un tempérament national, il tend à ne subdiviser comme ce tempérament lui-même, en une multitude. d'éléments, de chapelles distinctes. C'est. une de ces chapelles, assez peu orthodoxe, mais chrétienne encore. d'aspect et d'intention, qui se dresse en ce moment à lasnaïa-Poliana. ‘3 Plus j'approfondis l œuvre considérable et disparate de Léon Tolstoï, plus je me convaines qu'il y à en cet. illustre auteur la combinaison instable d’un romancier … de génie et d’un de ces illuminés vulgaires, comme il en Goumnille à à toutes les époques, de la mer Noire à la Baltique, qui prétendaient adapter le christianisme à leur bourgade, à leur humeur propre, à l'actualité. S'il ne s'agissait pas de l’auteur de Guerre et Paix, d'Anna-Karenine et de la Puissance des ténèbres, personne ne ie \ rait de sa doctrine si vague, si contradictoire et si rudi-. mentaire. La gloire du lettré prête quelques-uns de ses . feux à la gloriole plus contestable du prophète. ILest fâcheux néanmoins que, sur le tard, les nébuleuses diva- … gations du prophète aient pris une importance exagérée, arrêté dans sa ligne de fougue une œuvre magnifique où brillent encore ces paraboles : La Sonate à Kreulzer et Maître et Serviteur. | Elle est schismatique, cette pitié russe qu analysait Si finement M. Jean Lorrain et qui s'attache exclusivement … aux déscendants du mauvais larron, aux descendants de 1 Marie-Madeleine. Elle départage sans discernement, sans : équité, la pitié chrétienne, globale mais lucide, qui va … d’abord aux détresses sans impureté ni souillure et ne | consacre pas aux seules angoisses troubles l'amertume « auguste des larmes. Il est schismatique, cet amour russe pour les délinquants et les détraqués qui $e complait ; dans la livrée du bagne, les souvenirs de boue et dE. sang. Sans doute il y a la nuit de Pâques, de la résurrec- « tion et du rachat. Mais il y eut aussi la nuit de Noël, de … la Nativité, de l'innocence où tressaillirent et s 'éclairèrent les âmes obscures du bœuf et de l’âne, ces humiliés ques
son lance 1 humilité, à sa ae critique des mensonges et des hypocrisies inévitables et il a dédaigné. . le reste. Avec les débris du sermon sur la montagne il instaure te) sermon sur la steppe. Comme tousses pareils, comme ses prédécesseurs historiques, il dédaigne l’œuvre des conciles et prétend remonter aux sources du Verbes ‘111 4 Tandis que se déroulaient devant moi, sur la scène de l’Odéon, les tableaux âpres et colorés de Résurrection, je & | songeais qu’en dépit de l'auteur, il circule au milieu de ie ’ nous, portées par des corps qui continuent de fonctionner LS en automates, des âmes terrestrement et définitivement mortes. Cette mort inapparente leur vint par la débauche, . le doute ou la sécheresse. En quel temps plus que dans ue le nôtre vit-on passer de ces cadavres, fiers et rigides, ennemis du Dieu qui les a quittés, et que toute la bonté, toute la patience, tout le renoncement des héros les plus russes ou les plus Ron tue n’arriveraient pas à Ta- pimer?
Renan l’apostat fut, sur le tard, de ces bla tes de ces mauvais et sinistres exemples. Son fantôme hante encorel époque. Ilconduitet dirige, de sa main décharnée, la persistante haine des francs- -macons, des Homais de gouvernement, des défroqués dans le style de Combes. IL est le drapeau de ceux qui renient, qui ricanent et qui ve | persécutent. “ie __ L’apostat est toujours un traître. Comme il tint les clefs du sanctuaire, il s'en commanda, une fois chassé, : de fausses à son usage et les confia à ceux qui désirent tou souiller et blasphémer de près. En ce sens, la statue de . Tréguier serait d’un parfait symbolisme. IL ne faut pas nous raconter que c’est le zèle pour la littérature qui groupe ce lot de manifestants. La plupart d’entre eux . n’ont lu que très superficiellement l’auteur des Origines
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comprendre assez vite l'ironie fatale et prévue qui pliss
- siste pas à s’abstenir de conclure? » Puis les mêmes fré
| du même lot, dé la même pacotille démocratique, collec- -
toutes les doctrines. Cette année, on portera beaucoup, dans les-parlottes, conférences et soupes-conférences des |
tous ses ignares et ses métis, prépose à l'instruction de 144
Aulérienie. Autour de ce Sontifen reboëte | j'ai vu a ainsi jadis, tant ses caudataires avaient peur de ne pas
les lèvres rusées et bridait les paupières d’éléphant:
Quelle belle chose tout de même que le snobisme intel lectuel! Nous entendons répéter partout et même par des traditionnels que Renan fut un grand philosoph
parce qu’il essaya de mettre en pratique ce préceptée u
énoncé par lui dans la préface de son étude sur Averroës el l’Averroïsme : « Qui sait si la finesse d'esprit ne con-
nétiques se tournent vers Tolstoï et applaudissent à tout. rompre les tirades de l'écrivain le plus pressé de con clure qu'ait produit le dix-neuvième siècle. Tous le amateurs de prétendues nouveautés passent, avec un aisance incroyable, de l’apostat au schismatique et in= versement. Ils s’imaginent sans doute que cela Rips
tiviste ou anarchiste, car ces tapageurs de la. société | future confondent toutes les notions, toutes les révoltes,
dupeurs du peuple, la toge à la Renan avec le bonnet carré à la Tolstoï. Ainsi va la mode,
On ne réagit pas contre ces grotesques confusions À Elles sont normales dans une société qui met à sa tête
jeunesse non seulement ses primaires, mais encore ses, primates. Les criminels de la rue et des champs étant, qualifiés pat les juristes modern-style de « dégénérés su= périeurs »;, je qualifierai volontiers de « dégénérés infé=\ rieurs » les malandrins de portefeuille et d'assemblée qui persécutent les congréganistes au cri idee «A pe la calotte ! l»
OI compte Fe Fe sombre de iles nes st in même temps qu’il énoncait une proposition, rs de celle-ci se dressait devant lui. La thèse,
… son esprit scénique, faisait surgir aussitôt anti re
\ se. Le su LCI à laisser as librement le penple
es Ja An inemployée de son personnage. CR | ait she qu'il eut dé. ceci l'instinct Me et ses.
lourde hui de on dé signe de Fiomente \tous “la délirants et profiteurs du matérialisme. C’est un châti-
abs
ment que. le Hans a oublié dans son Enfer : ces mé-.
honnages !
Vous comprenez que pas un instant, au ont . vue de l'action néfaste, je ne compare Renan à Tolstoï. Tolstof . a écrit, dans ces derniers temps, bien des pages fuligieuses, extravagantes, ‘plates ou comiques, selon qu'il découvrait la vraie doctrine où Lillustrait d'exemples
st pas un rire d'outrages, d'impiétés, de dé à
au rudimentaire et, en même temps, bannir la rre et la violence. Il fait de là fee de PIGRte l'à âge d'or et e le glaive à à l'instinct. AR NPA 1.
antements. Cestun DOS ivre d’une HARAS liberté
nee se Aécalléres < s Sun Ron d'a Il est le flétrisseur d’enthousiasmes, l'évocateur de morts. qui marchent, celui devant qui l'on se signe quand on le rencontre au crépuscule sur un chemin de traverse de la pensée. Autour de sa ténébreuse statue s'assembleront les sorcières modernes, la concupiscence, la. fatalité, l'analyse, l'infidélité, et elles poursuivront en glapissan
la querelle que leur maître menait en souriant. Le J'ai voulu seulement montrer que la religion était tou-
jours le grand fanal, que c’est elle qui crée ces schismes
et ces apostasies dont $ ’émerveillent les contemporains, que la croyance devenue crédulité, illusion ou blasphème n’a cependant pas changé d’autel. Renan prétendait cri- tiquer les Evangiles. Tolstoï prétend les interpréter. D'autres prétendent les interdire ou organiser des contreévangiles, des antiparaboles, arrêter, ce qui peut se faire, la multiplication des pains, s'opposer par le fer et le feu à la résurrection de Lazare, réaveugler les pèlerins d'Emmaüs. Mais ce qu'aucun homme ne peut faire, Si sublime ou si niais qu'il soit, C est oublier les M