RANC OÙ L'INSPIRATEUR
Tandis que certains farceurs et bouffons dti |
comme Jean Jaurès tapagent au premier plan du guignol parlementaire, font semblant dé rosser le gendarme ot. de caresser l'homme de la campagne, d’injurier le grand Turc (ca n’est pas dangereux, et ça pose toujours un orateur), de s'endormir confortablement sur le matelas rembourré de l'utopie collectiviste, dé bondir à la vue d’un prêtre ou d'un moine, tandis qué ces fantoches :
accomplissent leur destinée qui est de duper le peuple, Ê
d’autres, dans la coulisse, insoucieux d’une vaine renommée, meuvent MÉRROHAUEMÈNE les ficelles des | pantins.
Au premier rang de ces inspirateurs chaise et actifs
figure, sans aucun doute, M. Arthur Rance, sénateur de
la Corse. U Quand le résultat du scrutin fut connu, M. Arthur bete
dans un élan de gratitude bien compréhensible, écrivit mi M. EmmanuelArène, grand électeur en cette île fortunée : “
« Exprimez enfin à cet admirab.e Corps électoral, à cette
noble el belle Corse républicaine, ma vive et profonde re-
connaissance pour cet inoubliable témoignage qué je veux …
reporter tout entier à la mémoire de notre grande! el cher
Gambetta. »
Fa
sans titer ke pas sonore.
dirigea vers l'influent Arthur Ranc la sollicitude de ces : émouvantes populations.
Po de a dut lhiaare ur: du papa ne ee
avait l'avantage immédiat et certain d’être ministre de
de à à Napoléon.
AE ve caleul : n ee tu si mauvais ; M. Er ae considéré,
toire) de toute la politique présente. Il recueille actuelle-
de complots, d'ententes et dé: conciliabules.
mique, traduit en police correctionnelle comme affilié
e société secrète, condamné à un an de prison, im-
“aq Lt Re qu on ait alléché cet admi- ir :
Ses . Aie nrebite et hi. “ché vicinaux
4 intérieur, l'ile modèle a choisi sans hésitation celui qui, de se l'homme en 2e vi d'être le un fruc-
Le dhatdeose ex ihiné » (dé son lantiiicntistue moe |
ment les fruits savoureux d’une longue et habile persé- | | vérance. Derrière” l'apparent conseil des ministres, qui | sans cesse s’éboule, se modifie et passe, siège en pérma- nence un autre conseil moins transitoire, moins aven- : turé, plus constient. Quand on écrira l'histoire vraie de notre démocratie parlementaire, on s’apercevra qu'elle … ne fut, depuis trente années, qu'une suite pp her fe
M. Arthur Rancale style du complot. Il a, comme on .
t, été pris tout jeune, et sa biographie offre ceci de Fée ss très mouvementée dans la Se vo |
angé. no es en 1853, Pr le dise de tie
ES
pliqué dans î affaire de Bellemare, transporté à nÉ mn
en 1856, évadé de Lambessa, professeur en Suisse, dé- ;
tenu à Sainte- Pélagie pour un article jugé séditieux, à
maire à Paris en 1870, directeur de Ja Sûreté générale, membre de la Commune au 26 mars, démissionnaire,
condamné à mort par un conseil de guerreen1873, fugitif |
en Belgique, amnistié en 1879, député en 1881, sénateur
de la Seine en 1891, il a gagné vaillamment ses galons. dans cette équipe de révolutionnaires assagis, quimettent
aujourd'hui leur expérience au service de la Franc- Maconnerie.
De l'avis de tous ceux qui l’approchent et qui ont al us
son influence, ila l’art de concilier les convoitises, de calmer les mécontents, de faire prendre patience aux
avides. Il est un des rares qui y voient clair dans cette
mêlée si confuse des ambitions de parti et des haines de
secte. Il a duré, comme Talleyrand, c'est-à-dire que, der-
rière les grands mots, il a appris, par la fréquentation, re
àjuger nettement les caractères ou plutôt les manques de
caractère, et, en matière de vilenie d’assemblée, il est
probable que rien ne l’étonne plus. Au milieu de tous ces « m'as-tu entendu », de ces paillasses de tribune et de
couloirs, il tranche par cette redoutable vertu: la mo-
destie. Il ne tient pas à la vedette. Il laisse à d’autres les! - dignités, les charges, les rubans. Il est vraisemblable qu'il considère avec mépris ces profiteurs de la chose publique, si apres à la curée, puis si Aépues dès qu on. les prend la main dansle sac.
Le plaisir de ce partisan aux manières courtoises, de
ce fanatique masqué de sérénité, doit être de voir éclater sur la place publique les bombes retentissantes qu'ilforge
au fond de lacave. Dans son laboratoire, c’est-à-dire dans
les loges et dans les réunions discrètes, il a combiné les
explosifs. Il apprécie ensuite leurs dégâts avec un déta- 4 chement philanthropique. Joignez à cela qu'il possède sur le bout du doigt son personnel républicain, comme un bon préfet de police les états de service de ses agents. : Il sait quelle besogne convient à celui-ci, à quel moment
FA
Lu
legrand jour.
En pleine lumière ils clignotent et se troublent. Le moment venu de sortir, de se montrer, ils délèguent un camarade à leur place. C'est à Ranc que nous devons
hommes etles remplace.
ns Le: «grandet cher » Gambetta aval deux lieutenants, ci Spulier et lui. Spuller représentait le main droite, ce F qu’ il appelait, le pauvre, l'esprit nouveau, personne n'a jamais su pourquoi. Il marchait lentement vers les naïfs
et le sucre.
meilleur écrivain et chiite que ne le fut jamais - Spuller. Je préfère, et de beaucoup, le Roman d’une
D ddaines bistournées du coran Jaurès.
1 Les deux passions dominantes d'Arthur Ranc ‘l'anti-
éclairage ; jusqu'où noce inCOM-
| pe 0 de hé pénombre n ne > sont pas faits pour … '
Combes. Si Combes mourait ou désertait son poste, tenez pour assuré qu'un autre Combes altend son tour dansla coulisse. Celui-là gouverne vraiment qui choisit les
ralliés en leur faisant autant de saluts que le lui permettait sa corpulence. Cependant, à gauche, Rance grognait de et boudaïit au fond de sa niche intransigeante et, quand un conservateur un peu jobard (il en reste) s ’approchait - avec une tartine de conciliation, l’ex-proscrit montrait les crocs. Ainsi, le matois tonitruant, le subtil Italien de Cahors pouvait manœuvrer les plateaux de la balance j : dans le sens convenable à à son aineus, alternant le fouet |
Rendons sat justice à à Au Ranc, qu'il est pen ca
conspiration au Lamennais, si terne et si veule, par lequel Ve. l'autre enfant de chœur acheva son humble carrière. Littéon Arthur Ranc est de l'école de Volte ire et Le Ca
sinistre FU On ai que, ns lé vers épisodes l l'affaire Dreyfus, dans la préparation de la revision et de la Haute Cour; notamment, il remplit sa fonction hâbi-
tuelle, qui est de souder, d’ amalgamer toutes les forces
an ifraditionsellés. les Juifs qu'il a appris à respecter à l’école de Gambetta, les protestants qui lui sont chers et. les Franes-Maçons dont il est. Il échoua au Sénat en 1900,
sans doute, mais son influence en ce milieu n’en demeurait pas moins prépondérante. Ses doctrines et seshaines planaient sur l'Assemblée. S'il n'avait été élu en Corse, il n'eût eu qu'à s'asseoir tranquillement au pied. de la tribune aux harangues, rectifiant le texte des vieux Ora-. teurs. Cette attitude symbolique eût convenu à sa face
lourde, attentive, toute feutrée d’une fausse bonhomie.
Le premier, peut-être, il entrevit tout le parti que la
Révolution pourrait tirer de cette banale affaire d’espionnage juif, Le premier il eut l’idée de scinder la trahison
en deux branches : la juridique, qui décomposait l’action
militaire par l’intrusion de la justice civile ; la politique,
qui livrait le pays aux menées ténébreuses de la haute.
bauque momentanément tee des loges et du collectivisme.
Nos ue ont fout de même dela chance, Tandis
DU
s + ë vw 0 À
que des chefs tels que Ranc s’emploient pour eux avec
talent et abnégation, ceux qui furent élus contre eux, ‘pour servir la cause de la résistance, vont parader sur des
estrades, au son del’/nternationale, avecdes Jaurès et des
Pressensé. Ils poussent la. candeur jusqu'à s'inquiéter des Macédoniens, quand chez eux l’on persécute les sœurs
de charité et l’on bannit les patriotes, tantest-vif, chez
. certains tempéraments, le désir d'amadouer droite d'obtenir de lui un sourire ou quelque banal compli- ; ment... Qu les quémandeurs de courtoisie 1... :
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