‹ La France en alarmeChapitre 49 sur 79 · JÉ · texte numérisé non relu

JÉ

à .. à * Düe ue n es en “effet, qu'une sorte daube. biographie idéalisée du personnage qu ‘il eût voulu die fe 06 ne réalisa, en dépit de la gloire, qu imparfaitement. , a est moins un poète prédestiné qu’un tempérament | excessif qui trouva son issue dar la poésie. Elle lui fut uncri plutôt qu'un chant : « Me fuir moi-même, dit-il, | c'aété toujours là mon vrai, mon unique, mon seul motif pour barbouiller du papier et pour publier. » [1 diffère

parlà de son ami Shelley et de son contemporain Keats.

. ane d'embrun, 6 nuées et Torre avec de

que. briser son miroir et | sympaiiser avec la vie

autres.

Son ultime effort en ce sens lui fit ke la on ne Missolonghi. Dans la guerre pour l'indépendance grecque, … il poursuivait sa propre indépendance, l'oubli de lord.

Byron, des attitudes, des masques divers et des avatars de lord Byron, l'oubli des déclarations, des lettres d'amour, de rupture et de haine, l'oubli des femmes du monde, dés orgueilleuses ladies, des comtesses italiennes,

des bas- bleus, des actrices et des quarts d’actrice de la

Fenice et d’ailleurs, des bourgeoises comme Mariana, des filles du peuple comme Margarita, l'oubli des chuchote-

ments, des racontars, des blâmes et des “ose des se applaudissements et des sifflets. à C’est une extraordinaire histoire, digne de ue un.

vrai. critique, que celle de cet homme de génie qui eut la préoccupation constante d'étonner et l'ennui d'avoir étonné, qui rechercha si avidement l'excentricité et s'irrita d’avoir ameuté tant de badauds sur les parapets de son existence torrentueuse ; il disait de Gœthe, avec.

émotion : «Je l’aime parce que c’est un excentrique... » et, certes, il se trompait, car le maître de Weimar avait horreur des monstres et des phénomènes ; l'attirail de Byron, avec ses maîtresses, ses serviteurs, ses perroquets, dans cette visite projetée et qui n'eut jamais lieu, l'aurait profondément gêné et révolté. Gœthe inventa à

son usage une composition de soi-même, une armure de

haute hypocrisie et de sincérité qui le tint à l'abri des fâcheuses aventures où aimait à s cheats son imprudent rival en romantisme. Le

Ce mélange de cabotinage et de lyrisme, qui est le fond de lord Byron, suscita autour de lui une curiosité prodigieuse, dont les remous ne sont pas éteints. Ia positivement inventé un genre. L’agitateur allemand Fer- ni dinand Lassalle, dont je citais le nom en tête de ces.

lignes, fut une silhouette byronienne. A force de chercher

le tragique, il finit 1 le rencontrer et mourut en duel

à copier le

Livourne, victime de son émulation. Giacomo Leopardi

en mélancolie vénitienne.

| Sur les races slave et polonaise, chez qui la frénésie ne

re périt dans un duel stupide. Il en fut de même de Ler-

Le

Las grand seigneur et chasseur, fut heureux que ses - goûts coïncidassent avec ceux du héros de Missolonghi.

; de Léon Tolstoï, et le costume de paysan l'eùt tenté er . justement Philaete Chasles. de fred de Musset, qui poussa le dévouement pour son mo-

dèle jusqu’à s’enfiévrer d'amour et de trahison à Venise; 6 celles de Baudelaire, qui, dans le magasin aux accessoires

botté et fascinant, lequel écrivait comme on rame et

| geait lui-même dans ses moments d’âcre désespoir.

plus remarquables Pr du siècle, Un des plus

| S provoque le Dar

Ju Lu es ou âme pure et inquiète, u adapté aux tours de force de natation qu'affec-.

tionnait son illustre camarade, 8e noya dans le golfe de

à nn sa bosse en de bot et son pessimisme d'infirme

gâte rien, l'influence de Byron fut immense. Pouchkine, le plus important de tous, dans le sang duquel la Russie et l’Abyssinie s’associaient, par l'hérédité, si bizarrement, s'appliqua à copier Lara, le Giaour, Manfred ét

montof. J'ajoute que le génie de Pouchkine et le talent de Lermontof s 'allumèrent au foyer byronien. Tourgueoi Byron avait vécu de notre temps, ilest probable qu'il

n’eût pas négligé l'apostolat rustique et chevaleresque

comme les autres costumes : « Produire de l'effet et faire parler de lui, c'était là son plus grand plaisir », a écrit

| Je né rappellerai que pour mémoire les attitudes d' Al- f 2 a

byroniens, choisit la défroque du ‘dads chère, puis D. odieuse à lady Holland ; celles, enfin, de Barbey d'Aurevilly, bien touchant Mare la parodie enthousiaste du lord

| menaçait ses amoureuses d’une cravache dont il se fusti- ù

Revue forcément. incomplète. On n’en finirait pas d'énumérer les déformations du byronisme à travers les

somptueux et lourds. Les mêmes obseurs remords, la même confusion de races entre les demi- dieux et des

Diet “ag pare d'é stofes gs 5 de | fums, de châteaux, de séduetions physiques, de pèle

nages, se drapant — sans un goût inné — dans une me. lancoke que déchirait tout à coup son humour germa-

nique, évocateur d'images sacrilèges, poussant la fan-

jusqu’à celle de lamétamorphose morale. J'étais surpris,

l’autre soir, en écoutant Manfred, de lPempreinte profonde laissée par son auteur dans la genèse de la Fétra-.

taisie jusqu à la frasque, et la curiosité du déguisement ji

logie : les tragiques fileuses qui invoquent Astarté rap-

pellent les Nornes du Crépuscule des Dieux. Astarté:ellemême apparaît à Manfred comme la Walkyrie à mund, et lui présage sa mort dans les mêmes termes

humains s’agitent dans les deux œuvres.

En Angleterre, enfin, Tennyson, à ses débuts, et Heu

Sie ;,

bert Browning, toute sa vie — lui aussi habita les rives

du Grand Canal — eurent un faible et un penchant pour … le bohème aristocrate et sublime qui brülait les cendres

de ses amis à la manière des guerriers antiques, buvait, le vin du Rhin dans une tête de mort, après avoir pris la

précaution d'ouvrir les fenêtres de son palais, histoire de

ne priver personne du spectacle, et effarait la société on donienne tout en la remplissant d'admiration. N’avons-

nous pas vu, ces dernières années, le pastiche tourner au

scandale et l'élégance dédaigneuse des conventions virer

à la débauche dans la personne du malheureux qui se vantait d'être en coquetterie « avec Apollon et la couleur

orange » et chanta la geôle de Reading pour mourir dé-

crié dans une mansarde ?

La liste des excentricités de lord Byroë dressée d'après ses fanatiques, ses ennemis ou les. spectateurs indifférents, emplirait un long volume. Elles tenaient toutes, si on les examine de près, à cette cause étrange

qué Bus auteur voulait toujours aller plus loin que la franchise, renchérir sur la a Il obtenait ainsi |

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