‹ La France en alarmeChapitre 55 sur 79 · PYAT · texte numérisé non relu

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jusqu’ à sal des tournures morales, jusqu’ à la suprême à

+ ligie se. m'apparait c comme é et ; bousculé par sa propre fougue, comme son serupule de moraliste et de directeur dé. | . [l passe ainsi, sans hâte, non sans profit set pour lui, de la bibliothèque à l’ exégèse BE Are à celle-ci à la doctrine. Il nous renseigne Sur Chaque étape. Il veut que nous n ignorions rien tn parcours. Il : nous tend jusqu à ses erreurs et à ses variations, qui furent rares, à litres de renseignement. Et jamais ver PRICE de soi- même n'a abdiqué fi CORPS SU UR Ss La récompense d’un zèle si constant, d'une incom- parable ténacité, c’est que M. Brunetière grandit sans LHéLéSSE à mesure que, dans son ascension vers les pro e blèmes immaculés et éternels, il découvre des horizons nouveaux. Le sens du divin se nourrit chez lui de son. re expérience quotidienne et d'une ardeur intellectuelle qui ne se ralentit pas, qui ne risque jamais des’ossifier, dese pétrifier. Quelque sympathie que j'aie pour, Sa personne, 14 vie parisienne est ainsi faite que je n'ai. pas eu plus

d’une dizaine de fois l'occasion de m'entretenir avec lui. De ces rapides rencontres, il m'est demeuré l'impression d ‘un bouillonnement de projets et d'intentions, derrière (è De un regard dont la franchise tient à bien fixer, établi bb En délimiter la conviction présente. Ainsi, j'ai pu discerner "en lui un frénétique pondéré et un explorateur certain Fa d aboutir. Son inquiétude est grosse de sa sérénité.

| L'idée fondamentale de M. Brunetière, telle qu'elle ‘ressort de cette nouvelle série des Discours de Combat — si justement nommés, — c'est qu'il ne faut pas laisser s'accréditer la fausse légende du catholicisme Opposé au : . progrès, de la foi ennemie de la science, c’est qu'il faut Hrune pee la racine les sophismes dont se nourrit Ÿ

e se lent comme RUE se cette. liberté "à 4 iérieure qui règle tout Le transformisme ici-bas. C'esten

ellesau u contraire que cette liberté, inconnue du pagani sme

a trouvé sa direction et ses fanaux pour la dure tra

versée de toutes les tyrannies, de toutes les ténèbres, de … toutes les oppressions, de tous les schismes. Certes le.

dogme ne change pas, mais les lumineuses avenues que le dogme creuse dans l’âme humaine contractent des

rapports nouveaux. La prière demeure éternellement la

clé de la conscience. Mais la conscience enrichit sans relâche, et grâce à l'oraison, son domaine intime et

suprasensible, de sorte que la prière donne accès à des.

extases, à des contritions sans cesse plus nombreuses et fructueuses. ; Historiquement, d’ailleurs, cette théorie n’est guère discutable. La plupart des grandes « nouveautés » des temps modernes ne furent que des schismes religieux, des greffes de la raison sur cet arbre immense de la foi

qui ombragera nos petits-fils comme il ombrageait nos

ancêtres. Mais dès que la raison lève et bourgeonne ici

ou là, elle s'imagine qu'il faut combattre et elle déclare

momentanément la guerre à ce dont elle est une bou-

ture. Le chapitre intitulé l'(Æuvre de Calvin est une

éloquente démonstration de ce fait. M. Brunetière a bien

compris, et il expose, avec magnificence, que le rationalisme contemporain n'est lui-même qu'un schisme

gretté sur la Réforme, que le criticisme d'Emmanuel Kant est une chapelle dissidente creusée dans l'ouvrage

du célèbre réformateur : L'/nstitution chrétienne ; que l'Origine des espèces, de Darwin, cette histoire ‘des 44 variations organiques, est un chapitre de l'histoire des

variations religieuses, celui qui succède au monument

du cardinal Newman, à l’£'ssai sur le développement de la 5 doctrine chrétienne : Darwin ou le schisme de la Genèse. 4 Il n’est pas douteux que le Contrat social de Rousseau,

protestant de Genève, soit, lui aussi, une déviation, une

déformation, une monstruosité, $i vous voulez, de ce tempérament chrétien qui donna aux mots Liberté, Egalité, Fraternité, une valeur que devait galvauder la

Révolution. L'étude que M. Brunetière consacre à la

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geois n st pas de force. Quand, ‘dans les séances da

logique, le président se permet de rappeler à l'ordre . ue

M. Brunetière, c’est le président qui paie l'amende. Un dialecticien, même supérieur à l’apôtre radical de la solidarité, se ruinerait à ce jeu-là.

sa Je m'étais promis de vous citer, chan faisant, le ip texte même de M. Brunetière et voici que je n’en trouve pas ‘la place, tellement notre auteur est nourri, tellement .. il est cohésif. Il faut étudier et muürir lnlement dois la . solitude, non dans la précipitation d’un article de : journal, les motifs d'espérer et les raisons de croire, tels que les énumère cet esprit sagace et obstiné. Entre ceux qui essaient de nous démontrer comment les : one finissent et ceux qui nous racontent comment ils renaissent, lui établit comment ils évoluent. Ces questions ardues et complexes sont élucidées par lui de telle manière qu’elles semblent, après lecture, resee sortir presque del’évidence. Cet écrivain s'impose dans le moment même qu'il expose. IL est impétueux mais É nullement acerbe, et il commence toujours par orner *. Son contradicteur d'arguments si bien choisis que l'on se demande comment il arrivera à détruire par la suite

ce qu’il vient, si généreusement, d’édifier.

Le plus beau joyau de l'ouvrage, et son fermoir à mon avis, Car il ajuste toute l’armure, c'est l'étude sur Taine.

la Littérature anglaise et de l’Intelligence qui pourraient

+ secrète sympathie d’un critique sincère pour un autre critique sincère. Si divers par tant de côtés, ces deux … hommes furent de même trempe. Ils eurent, chacun, une

individualité assez es pour assimiler toute leur

Il y a là des remarques de M. Brunetière sur l’auteur de … se

excellemment s'adapter à M. Brunetière en personne, là

ï Dans s'ebts eme , qui est na l'ignorance de ses meneurs, k \ 1 néprouvé de joie à à détruire, il : h a une élite énerg q et impavide qui ne s'occupe qu'à réédifier. Les dynamie teurs pullulent, mais de laborieux architectes bles au milieu des ruines, témoignent, par leur tranquille FU de la vitalité qui sauve ericore notre pays. Alors qu'aussortir du dix-huitième siècle impie, mécaniste et pressé de conclure, quand il n'était pas obscène et frivole, le génie sensible de Chateaubriand ralluma ol foi dans les cœurs, M. Ferdinänd Brunetière, aujourd'hui, lave des soutilurbs du matérialisme la haute raison, qui accepte le dogme et respecte le besoin dé croire. La penséé traditionnelle peut le saluer avec

© ents, et J ajouterai, avéc tendresse. Er

\ le és Abulouréns haie d'ün uué thanstorne. sur ve le tard, en sectaire, Comme son maître Renan l’apostat, ds il s'évade. du. Banquet de Platon, du repas de sérénité | philosophique, par la mauvaise porte, la porte basse, é avec un air Courroucé et une couronne de roses flétries. C'est là le châtiment habituel de ceux qui abusent du don dé sourire. L'ironie n’est pas une attitude morale qui convienne à tous les moments de la vie. Alors qu eus à restreint l'enthousiasme, elle devient pernicieuse étem- vs | pruntée. Quand.elle s attaque à la légénde, elle est aisé . ment vainCue par elle, En ce moment même, l’auteur du … Lys rouge entreprend de nous raconter Jeanne d'Arc. D. est à craindre qu’en dépit de la. critique des textes, des un melliflues, de LR si cadence id Éd .

mins avec aisance ou tn si peu fait pour Ar : À . ous remarquerez que la mémoire de N.-S. Jésus-Christ d'a pe dhA FOUSERE sn sarcasmes tte de FAPRnur

lança contre sa divinité le mauvais spélerin. de 1 prière

sur l’ Acropole.

L'ironie, chez M. AD Foanee est M Lie un tie du x

la face, une sorte de crispation, une grimace. D'ailleurs

elle n "est plus éclectique, ni sagace, ni même indépendante. Par la bouche amère de son Bergeret, il l’applique * à la tradition nationale, à l'Eglise, à l’armée, à l'héroïsme,

mais il ne l’applique pas aux révolutionnaires, à la ui

fense républicaine, à la clique soldée.

Nous avons présentement affaire à une raillerie de parc

tisan. Cet ironiste siège à l'extrême gauche. Il a les su-

perstitions maçonniques. Son vocabulaire d’humaniste

dissimule mal le genre de convictions aigries et renforcées qui animent un Brisson ou un bone Voilà qui est infiniment triste.’ |

Livrez-vous au petit travail auquel je viens de m Done

quer. Dépouillez de leurs périodes aimables, de leur nombre, de leur enjouement, les trois récents volumes qui s’intitulent l'Orme du Mail, le Mannequin d'osier, M. Bergeret à Paris. Vous verrez alors comment ont

tourné les anciennes opinions de M. Jérôme Coignard, ce

qu'est devenue la philosophie du rôtisseur de la Reine Pédauque, le bohémianisme de Choulette du Lys rouge. Tels les vociférateurs du café de Madrid, les théoriciens

de la Commune devinrent par la suite ministres, ambas-

sadeurs et fonctionnaires.

Il n'y a rien dans le langage du professeur Bergeret

qui puisse déplaire à Millerand, et si Leygues le Disert

rencontrait ce gaillard-là sur ses fiches, il lui-donnerait, n'en doutez pas, de l'avancement et une croix de la BéBiQn d'honneur.

Ce pour quoi plaide M. Anatole France, grimé en D geret, c’est l’internationale, c’est « tous es hommes sont frères », c'est la métaphysique du caboulot, la religion

du Dieu soleil. Cet esprit de haute culture est sorti de la bibliothèque où il consultait Platon et Plotin, où il reli- …

sait les contes philosophiques de Voltaire et s ses sait aux somptueuses pie de Gustave Flaubert ; a de

contact direct de la vie.

C’est ce qui donne à l’œuvre de M. Anatole France, : charmante et prenante en certains endroits, ce parfum de

renfermé qui va en s’accentuant des premiers livres vers

les derniers, cette odeur qu'ont les salles d'étude, les

galeries des antiques, à laquelle se mêle vers la fin, pour notre étonnement, le fumet des clabauderies politiques

de la gargote des frères et amis. Nous aurions pu pré-

voir, en somme, une semblable métamorphose. Quand

M: Anatole France nous contait ses voyages, il entrait

dans les villes par l’histoire, il en sortait par le musée. De même qu'il est pour les lettres françaises un ornement,

non une nécessité, la haute culture, pour son esprit, était une surcharge plus qu'une aide. Il s’en est débarrassé

violemment, quand il voulut aller à la vie, par la res- Source commode de l’anarchie. |

Joignez à cela qu'ilétait doux pour ce sceptique, pour

ce rôdeur de la pensée universelle, pour ce tâtonnant de toutes les croyances, d'entrer en courant, afin de s’y reposer, dans la geûle d'une conviction fixe, celle-ci fût-elle

aussi maussade et mal meublée que le positivisme sectaire : « Enfin, me voilà donc prisonnier! » dut s'écrier

M. Anatole France, quand il lut pour la première fois le

Bordereau dont il devait faire son Evangile. En cours de

lutte, cet amoureux de la beauté et de l'élégance intellec- . tuelle dut bien éprouver quelques désillusions. Ses com- . pagnons de bataille n'étaient pas tous de son niveau.

nt

__ Certains propos, même conformes à sa nouvelle doc-

solait avec du vocable, qui est la chose qui lui manque Je moins, et il excusait les pires insanités de ses partisans par des exemples tirés des anciens. Je crois l'entendre : : « Certainement, certainement, mon cher ami. Socrate, enfin, n'est-ce pas, tout de même, devait être quelqu'un dans le genre de M. Thévenet. Mais M. Thé-

soir e x un soir. ii n'a guère connu l'air pur ni qe |

trine, durent le choquer et le hérisser. Mais il s’en con-

Renan déjà l'avait cultivé. IL peut éb:

cœur d’uné jeune fiancée, entre le paganisme à son déclin

M. Anatole France, quand il la concut et l’exécuta, était déjà prédisposé à la prédication pour le kapitaine. Ses

et de Jupiter comme une sauvegarde de lumière et de …

‘Hélas, + oi nous connaissons de

innocentes et amuser les inhabituées, mais il ne mène pas loin. Il est le piège suprême des hésitants, de ceux

qu'a lassés leur propre vagabondage dans le lb rRine à n

des sentiments et des idées. Ils n’ont plus au fond qu'un

désir : défubler leur HASTUE ironique, je respirer à

librement. | Ces réflexions me hantaient l'autré jour comme à: écou-

tais les Voces Corinthiennes. Il y avait là, naturellement,

le ban et l’arrière-ban du dreyfusisme, convoqué pour la , circonstance, et cela formait une claque encombrante, enthousiaste, qui applaudissait à tout propos, surtout hors de propos. Ils agit en cétte mélopée - — qui voudrait bien être un drame mi-antique, mi-shakespearien et n'est |

en somme qu'un livret d'opéra — d’une lutte, dans le LS et le christianisme à son aurore. Aphrodite l’entraine | vers son amant, mais elle fut consacrée au Dieu nouveau

par sa mère, et, ne voulant être infidèle ni à l’un ni à

l'autre, elle choisit là mort comme échappatoire. Il appa-

raît, én cette œuvre sommaire et verbeuse à la fois, que :

tirades contre le christianisme sont d'un péripatéticien de la franc-maçonnerie. è

Il nous représente la foi des évangiles comme une su: perstition de ténèbres et de douleurs, le culte de Vénus

joie. Il semble qu'il ait oublié lé déluge de sang qui cou= vrait lés autels païens, le sacrifice d’Iphigénie et de autres. Sa punition est que son anticléricalisme s’exprim ici en vers de mirliton et qu’il ne retrouve un peu d’en vérgure que dans les parties purement lyriques. Ecoute en quels termes Hippias, c’est le héros de cette moros cérémonie, s'adresse au « Dieu des Galiléens » : |

dot que es né re en estimerais pas : ds Mais à . 2 Doiné. résonhaient-ils dans l'enceinte de l’Odéon que on l'arméé des énérgumènes trois points poussait des PU À sements d’admiration. Ils avaient un « penseur » avec eux! Tant pis pour M. Anatole France È il porte la FOURS d’un pareil entourage. sai

PL dernière fois que j'ai eu l'c occasion d' entendre causer librement M. Anatole France, lequel, entre nous soit dit,

abuse un peu de l'anecdote préparée, genre excellent,

mais fatigant à la longue, cétait à un petit. diner “ d'hommes de lettres qui ne dévait avoir lieu qu'une fois.

pu

Etaient présents, outre l’auteur de T'haïs, mon père, ‘ MM. Emile Zola, Paul Bourget et Maurice Barrès. LA Vi

aire venait d'éclater. Il fut curieux de voir comme déjà ss les positions étaient prises, comme déjà l'amour de la

controverse et de la comparaison d'écritures s installait

en certains convives et en révoltait d’autres. Je ne fus

4 pas alors médiocrement surpris de constater en M. Anatole France un matérialiste ardent que ie ne diet ère: Depuis j j'ai compris.

Je considère aujourd’hui M. Anatoie Frince comme le plus bel exemple d’une âme de révolté qu'a recouverte, ssouplie, engourdie pour un temps, une éducation tra itionnelle. En vain l’auteur des Opinions de Jérôme Coiard et de T'haïs chercha à apaiser dans la critique conemporaine ( et dans l'étude de l'antiquité la soif de disserion destructrice et de rationalisme anarchique qui le. ae vorait. En vain le voltairien qui était en luitenta-t-là aintes reprises de s’embarquer pour, les îles bienheu- ; eu es. Il a débarqué à l'île du Diable. Bien sûr il n’ écrira

la Pucelle. 11 a encore la main trop fine. Mais vous N}.

vez être sûr que son histoire de J eanne d'Arc sera un

bagbhène eus The, dd. déli style ne rachèteront pas une vue ve drissante, qui est en lui, quant aux miracles del’ héroïsme.. Son âme prime son éducation. Sa révolte prime son ie.

| tairement amoin- ‘

gance acquise, je veux dire son charme de lettré. :

Néophyte de la mauvaise science, celle qui combat la

religion, il fait de sa doctrine un dogme obscur; il mettra

désormais au service des plus vulgaires conceptions —

humanitarisme, abolition des armées, des patries, des frontières — une langue limpide, agile et savoureuse,

. manteau de soie et d'or qui longtemps nous dupa sur un organisme assez faible, formé de pièces et de morceaux.

Souhaitons seulement que les neuf muses ne l'entrainent pas jusqu'aux tréteaux du socialisme, que cette délicieuse vallerine ne devienne pas, comme apothéose, un sauteur.

LES ENFANTS ET LES PÈRES, à

Sous ce titre, és Amitiés Françaises, qui signifie élé- : he affinités de sang et d'esprit, M. Maurice Barrès vient de publier un livre délicieux, parfumé de sagesse et de tendresse, sur les devoirs moraux du père envers son fils. Ce manuel de l'éducation traditionnelle Lombe à son heure exacte en un moment où de malheureux égarés — par l'alcool, la secte et l'ignorance — 4 soutiennent cette monstruosité que les droits de l'Etat sur l'enfant doivent pros ‘êl SRB ceux du chef de é=Hamiles 0 ct ‘ J'ignore si les fuligineuses affirmations du Foottit ; sénatorial M. Lintilhac, si les vineuses théories du Cho-

colat de la marine M. Pelletan, prévaudront ; mais àcoup sûr l’enseignement selon ces piliers de la démagogie, c'est à-dire anarchiste et révolutionnaire, n’atteindra pas le jeune Philippe Barrès aux cheveux blonds et bouclés, au regard lucide etcandide.Son papa a eusoin, en effet, de placer devant ses regards des tableaux familiaux et patriotiques, colorés par son verbe subtil roor puissant, dessinés par l'émotion intérieure et que rien lai jamais, n ’effacera.

M. Maurice Barrès, en ant qu ‘éducateur de son de tit Philippe, a fait sienne cette parole de Gœthe que la

prennent leur valeur vraie que S ils < se ns en un ë peu de rêve : « Si nous cherchons le meilleur dressage pour qu’un enfant se fasse de convenables amitiés, il faut d’abord que son imagination se forme en toute confiance auprès de ses parents. Une magnifique condition, c'est : “ensuite que le pays où il habite, au lieu d’être une chose inanimée, un milieu morose, devienne une influence. ; Toute région présente une pensée et cette pen ‘es . mande à pénétrer les cœurs. » Se C’est en vertu de ces principes que l’auteur, né Lorean : promène son fils sur les coteaux de Sion Vaudemont, | puis à Domremy pour lui enseigner l'héroïsme provincial et national. Ille met en contact, ce petit être fragile et. vibrant, avec les sources de sa race, soit qu’elles jaillissent frémissantes du rocher originel, que menaca de tout temps l'invasion allemande, soit qu’elles se mêlent au grand fleuve français dont les Anglais entravèrent le * cours, Ce père montre à son enfant due images ; mais au “4 lieu que celles-ci soient extérieures à l'élève, elles faisaient déjà obscurément, par l'hérédité, partie de son : bagage sensible, de sorte que la démonstration pater-. nelle ne fait que les réveiller, les affirmer, les ennoblir. Merveilleuse méthode, et qui prouve bien qu'il n’est d'instruction profonde que familiale ! Que l'Etat vole son \ fils à l'écrivain et essaye de persuader à ce jeune patriote par legs sentimental que l’idée de Revanche est une insanité et que le Nationalisme n'existait pas avantla Révolution, le poison sera inefficace, car Philippe Barrès aura dans le on les veines et l'esprit, de quoi: résister à tou les venins: l'ébranlement de non Rae le frisso

inétinetive des ancêtres: Son SA mille ie. “raistiu Le physiologiquement et psychologiquement, quand aie firme qu’ « un petit enfant chez qui. l'on distibgue et à

n terrain ue à toutes ae “

anse un .

‘une ‘sroÿance, c'est-à. dire une santé

‘à est une : made, même chez leg Te. lédier à

tout propos la Raison. Les primaires — auxquels s'adjoignent quelques candidats aux portefeuilles laïques, tels que M. Marcelin Berthelot — ont le goût des déesses Sym - | boliques. Ils aiment à dresser des autels abstraits sur des convoitises de carton. Dans le fait, la raison — avec un petit 7e un équilibre qu'une longue culture, une 5 longue expérience et le sens parfait de réalités, per- mettent à quelques rares personnes privilégiées d'at- +. teindre de quarante à cinquante ans. Elle est lé fruit du, + développement, de la maturité cérébrale, et elle com- portela modestie, le respect de l'opinion adverse. C'est dire qu’elle ne hante ni les sectaires, ni les orgueilleux,

ni les enfants. Elle est un état rarissime et suprème de

% de

Dot non un à outil ge de modeler des intel-

; de ire vie vivante qu’ est M. Maurice. aisée Certes, \1S souhaite que son enfant atteigne un jour à li, plus grande: somme de raison, mais, pour lui permettre d'accomplir ci ce pénible voyage, il fortifie ses instincts nobles, il l'encourage dans la voie droite, vicinale, régionale, puis nationale, qui mène à l'idée capitale, celle de patrie. Ille ri conseille aux croisements de route, lesquels sont aussi 1 les entrecroisements du doute qui retarde et du scepti- . cisme qui égare, il le renseigne sur les pièges, les sophis- “ee 4 mes ; il lui murmure en pressant sa nrioRRe main : Fe « Guide-toi, mon chéri, d'après ton cœur...» Et je ne Sr sais rien de plus émouvant que ce père. ni ‘connait Br célébrité, le mécanisme dé la joie et de la douleur, et qui : F4 rde pour lui sa science dure, ne guide son petit continuateur qu'à l'aide d' émotions douces et de songe- | dosées. nine | | UE Tr Fo

HOBG ras ‘IA FRANCE EN ALARME

MyRE BRU) al

Ainsi Philippe a chance d'être - un jour un Homme | complet et tenant à sa race, fort de sa légende, au milieu

de tous les déracinés, de tous les désarticulés, de tousles …

errants, fils de l'éducation révolutionnaire, qui rôderont

demain, entre le dégoût et la déchéance, sur les terrains …

vagues de la Raison maçonnique. Ainsi Philippe saura de bonne heure qu'il n’est qu’un grain dans un chapelet, une feuille dans un arbre... généalogique. Il s’émancipera plus tard dans sa ligne, celle qui continue sa tradi-

tion, non par le biais ni par le recul, et tous les efforts

des cuistres ou des farceurs ne le détacheront pas de ses amitiés, qui sont les liens et les étais de sa volonté. Il aura appris en S'émouvant, Sous une tutelle ingénieuse et prévoyante.

En vérité, ce livre de Barrès peut et doit être médité . par la plupart des pères de famille. Aujourd’hui, on dénie leur droit. Bientôt on le supprimera en fait. Qu’ ils s’en-! :

trainent donc à le rétablir. Il n’est pas de maison si humble qu’elle n'ait ses dieux lares et ses mânes et ses

annales en raccourci. Que le chef responsable explique

ces images à son enfant. Qu'il le mène parmi les

paysages où s’est écoulée la vie des aïeux. Qu'il lui fasse

toucherle crucifix devant lequel ont prié les grand'mères, :

le sabre qu'a conservé et transmis, des luttes d'autrefois, le grand-père. Qu'il lui inculque, par le délicat manie-

ment, le respect et la préservation des reliques. Tout ce

‘qui nous tint au cœur n'est-il pas relique, et la croyance en Dieu n'enferme-t-elle pas toutes nos petites vénérations, celles qui donnent une signification et un but de:

sauvegarde à notre bref passage ici-bas ?

L'école étatiste et matérialiste, qu’on nous prépare en ces temps absurdes, enseignera l'oubli, le mépris des

choses saintes et l'orgueil. Elle effacera du passé, quiest

plein, ce qui dérangera son absurde doctrine, et remplira l'avenir, qui est vide, avec des utopies haineuses. Elle essaiera de morceler etdiviser cette âme fragile et impres-

sionnable de l'enfance, qu'a déjà morcelée et divisée le divorce. Du père qui conseillera de faire sa prière et de

ch der du de,

maitre qui en- :. FH voirie D ie fusiller lesgené 0:

Mate à qui le malheureux nourrisson dela ïq t-il croire ? Entre ces affirmations inconci- (liables, ces thèses contraires et. irréductibles, nerisqueit pas. d’être écartelé, tiraillé? Il sera le terrain de nos su querelles politiques et. sociales, l'innocente victime de 7 nos dissensions. ; | A hs Mais si chaque chef Fe famille, dans sa mesure ételin ses moyens, imite l'exemple de Barrès, l'instruction d'Etat, le rudiment venu du dehors ne prévaudront pas. contre. l'éducation par les images héréditaires. Une antithèse qui n'émeut pas ne fera qu'assurer et rendre plus attrayante et plus belle une thèse chaque jour enrichie d'exemples. Il y aura encore lutte, mais lutte inégaleet au profit de la croyance et du patriotisme. L' CET souf= frira, mais d'une souffrance féconde, qui le ramènera. a violemment à la doctrine de ses pères, de son père, et l'arrachera à l'anarchie. ; + Jévais vous citer un exemple, chers lecteurs, parce que, si le moi est souvent haïssable, il est parfois indis- pensable. La première lecon sur le pessimisme — que . nous fit à Louis-le-Grand feu Burdeau, de républicaine mémoire — m'avait rempli de dégoût et d'amertume. Je HR rentrai chez moi la tête farcie de visions moroses et de perspectives désenchantées. Mon père, qui s'occupait de mon moral autant que M. Maurice Barrès de celui de Philippe, détruisit en quelques minutes ce travail déplo- * rable du maitre. Ilme démontra, par l'exemple, la faus- a seté de ces doctrines métaphysiques allemandes, qui __ obscurcissent, comme leurs brumes, tout le ciel, toute la terre, el prédisposent aux plaintes stériles. Il me der barbouilla de Schopenhauer, de Hartmann, de toute la clique sombre à lunettes d’or. Désormais, les arguments de Burdeau ne firent qu'accentuer ma révolte, mon amour pour la vie et la clarté francaises.

. [en sera de même chaque fois qu’à la notion, ne Lo BR par l'Etat, le chef de PUS opposera la

+ æ ue @ CAT w À 17 \ nl TEE £

. qui est Belge, désirerait qu’ on parlât de lui en France. »

été des Abhciiue, tant qu ils tient ie Dtière du soir, et que la science soit destinée à remplacer lundi matinla \ croyance ? — Mon chéri, répondra le père, Pasteur avait

beaucoup plus de génie que M. Berthelot, Pascalétaitencore plus intelligent que M. Furnemont et, cependant, l’'unet l’autre respectaient la prière du soir. — Alors, pourquoi disent-ils cela, père ? — Parce que M. Berthelot voudrait … bien être encore ministre et parce que M. M

. Tousces citoyens ennemis de Dieu tendent à Pare Dieu par l'Etat. Or l'Etat, d’après le crédo démocratique, n’est que la volonté de tous. Il est donc entendu que la volonté de tous opprimera désormais la volonté de chacun. Il n’est pas, chez lessauvages, de plus grotesque . idole que cet Etat-Moloch, auquel nos mauvais prêtres. de la maçonnerie sacrifieront tour à tour les droits du” père de famille, la liberté, puis l'épargne, puis la pro- ; priété de tous les Francais. Si ce Moloch ne s’affaisse pas dans le ridicule, il crèvera d’indigestion, Mais c'est quand toutes les richesses et tous les pouvoirs sont réunis en … un seulendroit qu'il est le plus facile à un consul, àun : dictateur, à un tyran deles emporter. Ainsi la république ia jacobine est-elle, pour notre ironie, Ia véritable école der césarisme. à de En attendant cette prochaine et fatale tevaubhé je ‘ pirez-vous de ce bel ouvrage: Les Amiliés françaises. IL vous fournira les moyens d'une résistance intime ET victorieuse : car la loi souveraine de la nature est audessus de toutes les lois. Enfreinte, elle se venge tèrries blement. La tyrannie révolutionnaire sera vaincue, je vous le prédis, par la contre-révolution de la famille. | D: dl

( m raconte que Taine, mourant, demanda qu'on x lèt ne me ou deux de l’auteur des Lundis, afin, disait-il, CO Ce suprême et.

nette, For était (HAME. La dasté et la curiosité

869 — - ne cessa. de abs et other les nr

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le sa vaste enquête. IL n’est point de moment de notre a

260 ue LA FRANCE EN ALAR

du Dictionnaire historique et critique, le principal ol borateur de l'Encyclopédie, ont en lui un descendant. direct. Chez ces quatre observateurs de la vie à tra: Jets Ah les œuvres humaines, même scepticisme foncier, même ardeur à descendre toujours plus avant dans les Tous de la pensée et le mécanisme de la sensation, même souci du détail typique, même netteté dans la fon U ; mule qui résume ou laisse en suspens. Chez ces quatre fiévreux de la connaissance — qui ne méconnurent le Divin que parce que l'inconnaissable les irritait — je. remarque une véritable parenté et comme des regards identiques. Ils sont solides, présomptueux et fins. Leur. orgueil est masqué d’une bonhomie sournoise. Les äpres plaisirs de la chasse aux raisons et aux analogies, de la découverte morale, PppIéen en eux tout idée # lisme. de Comme Montaigne et Bayle, comme Diderot “Saintes Beuve à la méfiance instinctive des théories. Cette méfiance va si loin chez lui qu’elle l’écarte des idées générales. Il borne son système à faire le tour d’un individu. Il démêle, avec une extrême sagacité, l'influence du tem pérament, des prédispositions, du milieu. Ce que Taine érigera plus tard en principe se trouve morcelé dans les” à Lundis, en une infinité de remarques judicieuses qui … S 'ébattent sur l’auteur et l'œuvre comme des fourmis sur … un corps gisant. Sainte-Beuve dépèce afin de comprendre. | Quand il s’acharne à une réputation qu'il croit usurpée, à une gloire prématurée ou excessive, aucun scrupule … ne l’arrête plus. à Il possède une cruauté toute ee faite de rapprochements et d'insinuations, dont les exemples, faciles et fameux, n'ont pas besoin d’être évoqués ici. Sa rancune, 4 qui ne pardonne pas, est fonction de son impressionnabilité, d'autant plus vive ét frémissante qu'il doit la OIcEDer constamment. Jamais on ne vit historien plus sensible à l'actualité, érudit du passé plus attiré vers ses contemporains; de sa bibliothèque il louchait vers le | monde, des grands modèles vers:ses rivaux, ses émules …

faut Le vont jusqu’ au vice. Li | RP emière Tous No rondnse Sans elle, il n'est

le joug . 2 ons ours. des préjugés d'école ou e secte. Cet incrédule sut, dans Port-Royal, parler magnifiquement des croyants. Iln’admit jamais que les relations amicales ou mondaines dussent intervenir dans les appréciationslittéraires. Givilisé hors de chez lui, brillant causeur, convive aimable, il redevenait sauvage dans son cabinet de travail et d’une sincérité intransigeante. De là pas mal de mécontentements, de déceptions, dont la postérité ne tiendra aucun compte. Elle lui saura gré bien À plutôt de n'avoir jamais pu désaffubler ses armes.

Deuxième vertu : l’art de faire revivre ce qui est enseveli dans les archives, de reconstituer, avec une habileté et, un entrain inégalés, des époques, des pans de société,

d évoquer des atmosphères et des groupes. La peinture qu'il nous a laissée de Chateaubriand et de son entourage ne s'effacera pois ne perdra jamais ses couleurs. Les - diverses générations de Port-Royal, des écrivains, des solitaires, des penseurs qui s'inspirèrent de la célèbre abbaye ont halluciné son imagination si exacte jusqu'à faire de lui un visionnaire. Relisez, pour vous en convaincre, les pages sur le grand Arnauld, Racine, Pascal et Nicole. Elles sont lourdes de sens, chargées de tous les sucs del histoire et d’une admirable lucidité. Le fort et lé faible de l'âme. humaine M sont inscrits en signes sin-

On lit, on devine en ces it Derpiate les phrases ubtiles et pressées qui moutonnent comme les flots de la mer sur une tombe, une connaissance désenchantée de la ue de l'héroïsme et de leurs Cotes iCi-

de dilettante. 1 pénètre ma 3 €

écrire, par un me de a 2 De nos jours # même, en ce temps très peu fertile, ce semble, en mi-. racles, j'ai entendu parler à plus d'un chrétien clair- 4e voyant de quelqu'un de sa connaissance qui s'était modifié soudainement par un coup intérieur... En un mot, bien que sans écho retentissant, n’y a-t-il pas toujours lieu au tonnerre et à la voix, sur le chemin de Damas ? » En cette œuvre austère et sereine il est poète, bien plus que dans Joseph Delorme, les Consolations et les Pensées d'août, qui donnent une impression d'infanterie . montée et non de chevauchée lyrique. Sa mélancolie, pour être noble et hautaine, a besoin de s'appuyer sur 1e mélancolie des autres. Ce cœur de sceptique palpite sur-. tout quand il s'approche du cœur des croyants, quand Al modèle son rythme sur le leur, selon ce mimétisme eritique, qui atteint, chez lui, au génie. Dans son roman de Volupté, il y a presque une tendance mystique. Ne Une autre fois, il fut vibrant et comme transporté hors +10 de lui-même. Je parle de l'étude sur Lamennais et la colonie idéologique, que l'auteur de l'Indifférence en malière de religion essaya de fonder à la Chesnaye, à J'imitation de Port-Royal. Mais la plupart du temps, dans à ses monographies et ses portraits, il se défend de tout … enthousiasme, de toute sympathie, de tout penchant. Il : vise à n'être, en toute circonstance, qu’un naturaliste qui échantillonne, qui établit des catégories : « Tel contemporain notable, qu'on a bien vu et bien compris, vous explique et vous pose toute une série de morts... Un individu bien observé se rapporte vite à l'est a on n'a vue que de loin, et l’éclaire. » HR Le vice d'une telle méthode, quand un dial ne là. tient pas, c'est qu'à collectionner des tournures d’e et à chercher éperdument la petite bête, on devient une sorte de maniaque, un curieux x OM défaut, de a ai

RTE

& bas potin, Aus fait état de la ti ; en eeon de Sainte- Beuve le :

6 Fr à où atdau L après leur décès les bons écri- . ji vains, dans une immortalité suracadémique, les ombres de Balzac, Musset, de Vigny, Hugo lui-même doivent bouder l'ombre de Sainte- Beuve qui prend sans cesse des 1 : notes à l'écart sur ses mystérieux carnets. Chaque fois qu'un cher camarade disparut, il lui servit un plat de sa / ss facon, “une sauce économe de laurier. Il fut ee envers ces riches, à la manière d’un parent pauvre. Il: accueillit, sur leur compte, les pires commérages. On vit. transparaitre, sous la critique, une sorte de concierge empoisonnée. ee à Jetons un voile. Ce vilain côté fut le” châtiment d'un matérialisme qui, chez un esprit de cette envergure, attestait un défaut de vision et de | perspective. Cette œuvre touffue manque de cielet d'air, de prise sur l'infini. Elle agrandit et scrute la face humaine au point de ne nous faire grâce d'aucune verrue. Il y a un joli mot . de Senac de Meilhan sur Duclos, qui venait de publier " son histoire de Louis XI : « Duclos ne connaissait bien pe que les personnes chez qui il avait soupé. Il n'avait pas | soupé. chez Louis XI ». Sainte-Beuve, lui, au con- traire, ne connaissait bien que les personnes chez quiil. n'avait pas soupé. Le contact et le voisinage soulevaient ; en lui un tourbillon d’antipathies irréductibles... Il ne de ï regardait pas assez souvent les étoiles. J’ entends par là que, même à un faiseur de portraits, un peu de contem- en

plation est nécessaire. ue Tel sais il fut le père de la critique contemporaine, us

lignes de démarcation que ie 6 d'être AFP pete je dirais

ms RS encore les visiteurs et sont judicieuseine nl ni STOUPÉS, se et QUELS Nov ne Fe

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É M Emile Zola TA un ootonn ouh et un nue der # mon père. I a parlé sur Sa tombe avec une éloquence Ke

noiadre aujourd’ Hu dans mon cœur. À qui la faute? Les ni actes des hommes déteignent sur leur œuvre, dont ils .. sont, par ailleurs, une prolongation et une dépendance. ‘Plongés dans notre temps, participant à ses erreurs et à ses. défaillances, il nous est bien difficile de porter un jugement sincère. C’est pourtant ce que je vais essayer de faire, au sortir de cette représentation de la Zerre, quia soulévé en moi tant de sentiments opposites.

Je vous dirai tout de suite que la pièce tirée de ce livre | autel ne donne aucune impression de beauté. La bes- . tialité même y demeure obscure, l'ordonnance en est plate. Cela voudrait être une tragédie, etce n'est qu'une contrefacon belge du Roi Lear, mise à la portée des cinématographes. En revanche, les défauts et verrues de ce” qu'on à appelé le naturalisme éclatent ici sous une lu- : mière crue, blessante, qui vaut tous Sie soleils d' Antoine.

L forcené de la nafute: IL y avait à ‘une Éércille Horn usée naiveté. Le naturalismefuten quelque

nourri de manuels. de résumés, de travaux de seconde

généalogie, ainsi qu'un ANA étonné qui toucherait tout, inventerait à mesure un ordre inexistant et de:

sociale du moment. Avant tout assimilateur, il appel

ab ED I d’ An one le de. | - Positivisme, naturalisme, ces mots laids, mal tenue dApa dde inculte et ténébreuse, correspondent bia aux choses qu'ils représentent, aux œuvres et doctrines dont un certain bouillonnement intérieur n° arrive pos masquer l’indigence. a Le défaut capital, le vice tOndomeniel de M. dr Zola en tant qu'écrivain et que penseur, c’est le manque de culture, d'humanisme et, par conséquent, de tradition. Même si l’on ignorait sa méthode de travail, on le devi nerait, lui, rien qu’à ses entassements, àses compilations, i main, inhabile à ce choix que détermine un goût inné, à cette élimination du secondaire qui est, en grande partie, la maîtrise. Il entre dans des connaissances neuves pour lui, chimie, sociologie, physiologie, arboriculture

analogies incertaines et prendrait ses plus humbles re marques pour des découvertes de première importance

Il est indiscutable qu’il y a, dans le constructeur d Rougon-Macquart, un don d'architecte et une intuition Il ne crée pas des sujets neufs, mais il va à ceux qui son dans l'air. Gomme tous ceux que nulle culture ne garan contrée l'immédiat frisson du dehors, il est impression nable à l'actualité. Sa curiosité ne vient pas de Jui, elle

travailler, organiser hâtivement au cordeau une route où. lancer des tirades pathétiques, où faire courir la foule’ haillonneuse et hagarde qui se bouscule par quaran ( volumes ; mais il croit que quand on n’écrit ni not nise, on ne travaille pas. Tout le domaine de la fin

— je prends le mot au sens pascalien de la sensib té er

développement — lui est fermé. Il ignore aussi

x - as tre * : A x® 03 À CRE SUR v ‘ , 1 ñ

Route une RARE a des pièces à a inées, presque achevées, des gargouilles bisdes Russes fenêtres ue la re Au E

de «PR AS pue mais ‘déserts, de ae do à

bousculant, éparpillant des bibliothèques en

| & L'UÉTÉES encyclopédie de déchet. La gesticulation de .

“ons Y est pit -être en A et clameurs de

su en. oo de nous n° y. Anparatte que ce. goit la AR

: lutte sourde et matoise entre la légende et l'analyse, que ie soit le reflux momentané de la foi laissant la séche-

resse à découvert, que ce soit la restriction de la vio=

4 “Iéna et la naissance d'une cruauté mineure.

: ‘ai le divinise, la soif, la faim, toutes les rudes convoitises del animal à peine redressé. Il semble ignorer absolument qu ‘il est dans l'être des parties hautes, des zones

ignorante place provisoirement des boussoles et. des ns, à la manière des vieux géographes.

rier, Car il a la paresse d'achever, sont : l'énumération, L contraste, l'effet oratoire et la ré étition. L' énuméra-

More

UN ‘au A AI LE ie Co

M. Emile Zola sait rendre le désir qui naît du te |

réservées, des terres encore inconnues où la science :

Ses procédés littéraires, qu'il cherche rarement à va. di

ANR

avec cette ton qu ‘elle porte souvent : sur de: geable. Il ne sait pas le charme d’ à ni le pre | de laisser entendre. : PC De même, le contraste est, ‘ehez ce Dernier de son | propre style, le premier venu. Il arrive au premier appel, ainsi qu'un esclave humble et docile. Jamais M. Emile «. . Zola ne cherche des métaphores dans des zones distantes . ni même distinctes. L'ellipse lui est étrangère, l'ellipse, don suprême des poètes, éclair dans la nuée des images. . Il vous affirmera que c'est par goût de la clarté qu 41° “4 reste ainsi dans le « ça ira comme ca », dans le « ce sera. à 4 toujours assez bon pour eux ». N’en croyez rien. Cest $ par obstination, presque par superstition. Il a le scru- à pule du bâclé. Vu son grand usage de la plume, il peut … bousculer avec adresse une ruée desilhouettes ébauchées, donner l'illusion du tremblement de terre pa un trem-. blotement du terre-à-terre. | Her L'effet oratoire, amené à tout propos, nous one chez ae M. Emile Zola un tribun qui s'est ignoré jusqu'à ces toutes dernières années. Il laissait dialoguer son goût de la bagarre et donnait des noms différents à une série de : Rougon-Macquart qui représentaient en bloc son amour de la controverse ‘politico-sociale. Il était ‘fatal que cet écrivain aboutit au socialisme presque doctrinaire. L'idée d'un évangile quasi- -collectiviste, d’une prédication aux bords du marxisme hante depuis longtemps son esprit. Cela a commencé chez ui par un cliquetis de vocables abstraits qui se sont peu à peu revêtus de ce mélange de chair et de papier, ont senti couler dans leurs veines récentes ce mélange de sang, d'encre et de lymphe doctri-. nale qui caractérise les héros naturalistes. La redingote, la blouse ou le haillon ne ici l’armure des Burgraves. , | .

où do de la de se montre plus pe que la grandeur, et où les horions qu’échangent des instincts remplacent volontiers les joutes d'idées. Aa

Par son manque de culture, M. raie, Zola était. pré

ut « dicton. n btinstre un? | empire trouble ui va de: la convoitise à | l'utopié; ‘empire qu'il parcourt nas Li dans ni province un RG" en

Ses une eux-mêmes le lisent peu; ils le parcourent, préférant croire que c’est démontré plutôt que des suivre une démonstration absente d’ailleurs ou fuli- | gineuse. Entraïiné par son poids mort. il est descendu

un ratichon, le militaire un ramollot et le matérialiste un ami du peuple, qui tient aussi la justice et la vérité dans sa ferblanterie maçonnique. Il est jadis parti de Claude Bernard, tel du moins que le concevait Paul Bert, mais il aboutit à Millerand.

Ce qui dominail cette représentation Si abautscistique à la Terre, c'était la joie évidente du naturalisme à nous surprendre et à nous révolter, puis sa hâte à dresser une tribune entre deux romans et à nous prècher ette religion vague qu'on appellel’humanitarisme. Il y a ici une erreur première. Le laid ne moralise pas. La basà sesse n’est pas une école. Je comprends bien que

dans ces régions du poncif démocratique où le prétre.est "2

M. Emile Zola etses disciples ou adaptateurs s'imaginent Ra :

ob fer rouge dans les plaies. Mais ils n’y Dontent, la plupart du temps, qu’un fer tiède qu'ils y laissent sé- ; journer trop longtemps, et cela exaspère les plaies. J'ai connu un temps où l’on s’irritait du coin de rO- mance qui subsiste chez les vagabonds et les vaga- bondes, où l'on traquait « la petite fleur bleue x comme ce disait ironiquement, qui pousse même sur "les dé-

romance criarde est encore idranles que cette note fleur bleue doit être NHAUnens et tee |

ont charge d'âme, « éel 0 5 vent Fos ii avec précaution. Unec Ce

Le projet de canoniser d'une manière laïque (si l'on AE eut Go ie Ron par le transfert de ses restes au

germe par les jours de pou ee les chrélles molles. e la défense républicaine. Cette facon de décorer les : sans les consulter, est quelque chose de a

s “ le nom de l’auteur d'Ahasoérus tiré de

; Si ere à die. ans: Edgar iunnet je de. a jt Le il fut le penseur le plus qualifié de la Vieille ue

; sie cours des siobles, les lux Voie de ie : phes du vague, les architectes de chimères et

de Le on ivre Comme tel il convenait à à cette érudition primaire, à

te es hui es Jaurès, les Millerand, ee lemenceau, les Ferdinand Buisson. Comme tel il méritait, endanttoute unelégislature, d’êtrele Roi de l'école du soir. . Il y a bien un point sombre dans son affaire : il aima ionnément sa mère, dont il admirait la rigidité caliniste, et sa patrie qu'il vit, dans sa jeunesse, tantôt mée et tantôt glorieuse. Le bruit des tambours, le fréssement des armées en nou étaient demeurés dans

de tout | son has et qu’ ils in. encore : à no:

l'orateur officiel ou officieux, qui fera son does da ‘fond eo des cryptes froides et sonores, devra se taire soigneuse-

ment là-dessus, s’il veut obtenir sa récompense, pêcher, F

comme tant d’autres, en tombe trouble. … % Il eut le malheur de vivre dans le même temps qu’ un écrivain aussi fameux que lui quant aux idées, mais

incomparable quant au langage, à l'élan lyrique, lequel suivit aussi la doctrine M dénonca également les progrès du cléricalisme (!) et les entreprises de

la réaction, chanta la Marseillaise et le Ca ira d'une voix

beaucoup plus souple et nuancée. J'ai nommé Michelet,

visionnaire de la démocratie, héritier de Rousseau pour = la secte et de Chateaubriand pour l’ éloquence, chez qui la

fièvre romantique se hissa parfois jusqu’à l’ hallucination

de l’histoire. De sorte que le pauvre Quinet obtint cette

destinée néfaste de demeurer ce qu’au lycée on appelle

un bon second. Il n’est que cela et il ne restera que cela.

Comparez, pour vous en convaincre, cette œuvre char-

mante, claire et vivace comme une aube, qu'est Ma Jeu-

nesse, de Michelet, et ce navrant recueil de poncifs GE

d'anecdotes insignifiantes prétentieusement intitulé His-

Loire de mes idées, par Quinet. Voilà cette dernière résumée,

dans une étude à la suite, par la dévouée compagne der. l'historien : « Le premier nom qu'il apprend à à aimer, c'est

Voltaire. Le premier morceau de musique, la Marseillaise.

Sa première notion du droit d'autrui, la guerre de l'indé-

pendance hu Sa première peine, l'exil de madame

de Staël. a

Aigues à ces renseignements que le peu d'originalité qu'on remarque dans les Révolulions d'Italie, par exemple, vient en droite ligne de la méthode allemande, de Herder

notamment, dont Quinet traduisit, avec un zèle de dis- …

ciple, la célèbre Philosophie de l'histoire de l'humanité. I écrivit même, à cette occasion, à l’âge de vingt et un ans, une sorte de préface hyperbolique et sibylline où se trouvent en germe tous les défauts et toutes les bizarreries de l'avenir. N'oublions pas Sependant (Je re le

DL les a de la manière suivante :

fin, pendant que le reste de l'Europe ne vivait que de | th guerre, l'Italie, comme on dit aujourd’hui, désarme. “ Cette opinion, que quelques esprits ont cherché à faire f prévaloir de nos jours, que la guerre est un legs de la barbarie, que le temps en est fini, que la pensée toute … seule doit désormais combattre, ce éeutimentest embrassé prématurément par les ltaliens.. où Renvoyé, pour plus mür examen, à M. Ferdinand Do et à la commission panthéonesque. Il est bon de connaître avant de célébrer.

prédicateur et de tribun très conforme à cette période

bottes polonaises au libéralisme, qui appuyait l'émeute

cette gloire courte d'inventer le mysticisme révolutionnaire : « Pour moi, j'estime que toute la France à com- . munié Je jour du serment du Jeu de Paume. L’enthou- : siasme désintéressé pour la cause de l'univers, n'est-ce

= extravagantes vous donnent le ton des lecons tumul- tueuses du Collège de France sur le Christianisme et la

comme une réminiscence, une recrudescence de la Foi,

Robespierre, Saint-Just, saint Guillotin. La Terreur est

faire pousser, comme les doute pois.

Gette vieille doctrine du couperet idyllique et de l'étoile qui guide: les mages jacobins vers l'émancipation du divin

RFA

Se enfant, LOS 0e ot ae parodie à son ori-

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